Et in arcadia ego Pour commencer, je vous propose quelques hypothèses sur l'historique de ce message. Voici, pour ma part, comment il a servi de base à plusieurs codages repris et adaptés au cours du temps.
Comme je l'ai déjà expliqué dans une étude, la double flèche qui associe PS et prae-cum indique la direction Sud-Ouest par rapport à Arques, car c'est en effet exactement sur cette direction que le lieu se trouve. Elle explique où et comment placer le centre d'un échiquier (voir étude sur la dalle) sur lequel sont disposées les quatorze lettres et deux croix. Lire les résumés des diverses études ! Ainsi il était possible de dire en parlant de la pierre levée des Pontils, qu'elle regarde aux greniers et aux caves du roi, car cette dernière penche vers la direction Sud/Sud-Ouest. Etant donné que ce mégalithe était présent bien avant que cette énigme fut créée, il est évident que la direction qu'il donnait n'avait rien de précis et ne proposait qu'une image, une indication.. Le tableau Il est probable que nous devons à la famille « Joyeuse » la fuite de l'énigme en Italie. Ainsi le message fut interprété à la demande des « nouveaux initiés » (Pozzo, Barberini) par différents peintres, l'un (Guerchin) ne connaissant probablement pas le but du travail demandé, l'autre (N. Poussin) sachant très bien, du moins à la création du deuxième tableau, de quoi il en retournait. C'est ainsi que sur le deuxième tableau de Poussin, le berger versant de l'eau du tableau précédent disparaît au profit d'un autre berger dont les membres (bras et jambes) reprennent la direction des deux cours d'eau (Le Valdieu et les Boudous) qui arrosent la vallée de Lavaldieu.
Cette direction Sud-Ouest y sera aussi évoquée. Comme vous le constaterez sur une carte actuelle (faites-en le tracé), la direction Sud-Ouest partant du donjon du château d'Arques passe par le col d'Al Pastre ( puis par l'église de Rennes-les-Bains), et termine sa course à l'Ouest du Pas de la Roque. De la même façon, le bâton du berger passe par son col, et touche le sol à gauche du pied posé sur le rocher. Le changement de lieu C'est probablement à l'occasion des guerres de religions (période pendant laquelle le Codex Bezae fut pour quelques temps remis en circulation) que ce message codé se déplaça à Rennes-le-château.
Quand l'abbé Bigou mit en place la tombe de la marquise de Blanchefort, il fut obligé « d' expliquer » à sa façon ce que signifiait cette énigme et comment situer de différentes façons le lieu. Il y eut les alignements de lettres M et T sur la stèle, indiquant respectivement la direction Sud-Ouest issue d'Arques (associés au code M que vous retrouverez à la fin de l'étude) et la direction Sud-Est issue de RLC. Mais je pense aussi qu'il rajouta sur la dalle les quatre mots latins. Deux pour indiquer le lieu (le grenier et les caves du roi), CELLIS et REGIS, et les deux autres indiquant l'origine des deux axes : REDDIS (RLC) et ARCIS (Arques) tout en utilisant des mots qui évoqueraient pour certains le jeu d'échec. 22 et 60 Ces mots furent simplifiés, pour que la somme des lettres soit de 22 car, pour l'abbé Bigou, un nouvel axe de référence plus simple devenait évident, je veux parler de l'axe RLC/RLB. Alors ne soyez pas étonnés de retrouver sur RLC les mêmes références au 22, car c'est l'angle sous lequel vous arriverez au lieu.
Faisons un peu d'histoire et d'étymologie pour rappeler l'origine du nom de ce lieu. C'est dans le dictionnaire de Sabarthès que l'on retrouve l'évolution de ce toponyme. Voici ce que l'auteur nous propose pour cette Arcadie, cette vallée des Dieux. Lavaldieu, un mot que j'aime particulièrement et, vous le comprenez bien, mais pour lequel j'ai eu beaucoup de difficultés à trouver quelques renseignements sur le « net ». En effet, très peu de lieux semblent posséder ce nom. Par contre, j'ai eu beaucoup plus de chance avec « le Valdieu » , mais aussi « du Valdieu » . A croire qu'il y a quelques siècles, « l'appellation masculine » était plus prisée que « l'appellation féminine ». C'est en tout cas ce que vous aurez l'occasion de vérifier en effectuant une recherche sur le mot « Valdieu ».
En fait, il semblerait même qu'étant issus de la même appellation (Vallis Dei), les deux seraient synonymes, c'est en tout cas ce que semble dire l'abbé Migne dans le tome 9 de « L'Encyclopédie Théologique » de 1851. Pour conclure, « Le Valdieu », « La Valdieu », un débat que nos amis anglais auraient bien du mal à comprendre, eux pour qui l'article « le » ou « la » ne se différencie pas dans leur langue. DM Sriptures C'est à Shugborough que nous retrouvons ce tableau associé à une suite de dix lettres. Ce tableau est inversé et déformé par rapport à l'original. Mais, pour l'instant, intéressons-nous à la signification de « DM ». Une histoire de symétrie Commençons l'analyse de cette énigme. Une première observation nous permet de constater qu'elle se compose de dix lettres et de neuf points. L'association des deux me fait donc penser que cette énigme a probablement pour but de nous faire découvrir un mot de neuf lettres (comme le nombre de points évidemment).
Ne remarquez-vous pas cette symétrie qui apparaît désormais ? Deux « O » qui encadrent un « U », deux « V » qui encadrent un « A », et, pour ma part, deux « L » qui encadrent un « V » pour former le « M » que je viens d'enlever. Est-ce le simple fait du hasard ? Il est donc très probable que les lettres du mot à rechercher ne seront pas dans l'ordre si l'on découvre le code, car il est peu probable qu'après l'application d'un code quelconque, le résultat présente cette étrange symétrie. Deuxième constatation Les dix lettres du départ étaient séparées en deux groupes : 8 et 2 lettres. Cela me fit penser immanquablement à la dalle et ses 16 lettres et croix, mais aussi à l'échiquier, composé de 2 cotés de 8 cases chacun. J'émets donc l'hypothèse que « 16 » interviendra probablement dans la résolution de l'énigme. En supposant que chaque lettre possède une valeur (comme dans beaucoup d'énigmes utilisant des lettres), j'ajouterai donc à ces lettres, la valeur d'autres lettres. Essai avec des lettres J'ai commencé par combiner ces lettres avec celles du message « ET IN ARCADIA EGO ». En utilisant le logiciel du « sotpecheur4 », j'ai pu rapidement constater que rien de probant n'apparaissait. En effet, dans la plupart des résultats, des combinaisons de lettres rares (Z, Y, etc.) étaient présentes en solution. Essai avec des « chiffres » L'incrémentation de chaque lettre de l'énigme ne donna pas plus de résultat ; toujours quelques lettres peu courantes dans beaucoup de résultats. Cependant une incrémentation de 16 me fit apparaître des lettres dont la plupart m'étaient familières, mais c'était déjà le cas pour les lettres offertes par le codeur. Je me suis alors demandé si une lettre sur deux ne devait pas être décodée, et non la totalité : une transformée, l'autre pas ; une sorte de symétrie comme celle du tableau original à l'endroit, et le tableau proposé ici à l'envers. Sur mes dix lettres, il y aurait donc cinq lettres codées et cinq lettres non codées si l'on raisonne en ces termes. Le « M » étant écarté, il me restait à en trouver cinq à décoder, cinq comme les cinq points que l'on relie pour former la lettre « M », ou pour le groupe de lettres « VAV » formant la lettre « W », combinaison d'un « N » à l'envers et d'un « N » à l'endroit, mais aussi image renversée de la lettre « M »... Toujours de façon symétrique J'ai ainsi réalisé mon choix avec le souci de rechercher une figure symétrique, comme semblaient l'indiquer mes neuf lettres du départ. Puis j'ai ajouté 16 aux lettres choisies. Enfin j'ai enlevé 26 (car il a 26 lettres dans l'alphabet anglais à cette époque) quand la somme dépassait cette valeur, et j'ai obtenu le résultat suivant :
Ne trouvez-vous pas que j'ai vraiment de la chance ? Mes neuf lettres permettent de former le mot « Levaldieu » ! Bien que satisfait de cette trouvaille, j'ai voulu approfondir mon raisonnement : pourquoi ne pas les avoir mises dans l'ordre de façon à ce que la première lettre soit un L, puis ensuite un E, un V, un A, etc. ? La réponse est dans la première ligne de neuf lettres : la symétrie disparaîtrait et ne ferait plus deviner le code : M = LeVaL.dieu.
Le codeur est bien anglais, il y a bien synonymie des deux termes. La référence pourrait être LE ruisseau de Valdieu mais n'y aurait-il pas autre chose ? C'est alors que j'ai constaté l'enchaînement des quatre premières lettres décodées. Ce « TEKE » me disait quelque chose. Je l'avais lu dans l'ouvrage de F. Marie, c'est la prononciation en français du mot « théké » qui veut dire « coffre » comme dans le petit parchemin. C'est un mot grec, comme l'est aussi le sujet du tableau des bergers d'Arcadie. Alors il est vrai que le « Thêta » est remplacé ici par « Tau » (au niveau symbole c'est même très intéressant), il est vrai que « êta » semble remplacé par « epsilon », mais le codeur pouvait-il faire autrement ? Non, absolument pas, il n'y a pas de « h » disponible dans le code, ni d'accent.
Alors deux lettres « e » deviennent intéressantes dans ce cas pour former le mot « TEKE ». Mais tout cela n'est peut être qu'un simple hasard... Signification de TEKE « thèkè » veut donc dire coffre en grec, et se dit « arca » en latin. C'est aussi l'arche de Noé et l'arche de l'alliance, c'est le début du mot « arcadie » que l'on trouve dans le titre de ce tableau de Poussin, mais dans notre cas, quelle pourrait être sa signification ? Peut-être que le petit parchemin nous en apprendra plus... Sur ce dernier, le mot grec se trouve écrit sur l'avant-dernière ligne, il est à l'envers et encadré de deux points. Alors pourquoi l'avoir inscrit à cet endroit particulier du parchemin ? Je pense que son but était de donner un indice qui permettrait avec d'autres, de comprendre que ce petit parchemin représente bien une carte. En effet, ce mot est situé dans l'alignement de deux signes, l'un représentant la Pique de Lavaldieu (voir positions relatives expliquées par F. Marie), l'autre, une croix représentant l'église de Rennes-les-Bains. C'est donc probablement ici la signification des deux points encadrant le mot : une direction. Le fait de l'avoir retourné avait peut-être pour but de nous conduire à nous intéresser à l'autre sens de cette direction, c'est-à-dire vers le Nord-Est. Une carte actuelle vous montrera que dans cette direction se trouve la commune d'Arques, commune dont est issue notre direction « PS-prae-cum ». Arques, Archis, Arcis, Arca, voici donc les deux lieux proposés par le codeur : Arques (TEKE) d'où part notre direction Sud-Ouest, et Levaldieu l'endroit où elle prend fin.
Si l'on reprend le message « ET IN ARCADIA EGO » de la dalle, il est possible de lui donner une explication autre que celle que j'ai donnée jusqu'à présent (bien que les deux explications peuvent coexister). On y remarque que les deux étoiles sont sur une diagonale descendante qui pourrait symboliser une direction, la direction Sud-Ouest issue d'Arques et allant vers Lavaldieu. Il est surprenant de voir sur la version anglaise deux points situés entre les mains des bergers qui reprennent cette même direction. Alors le groupe de lettres APX pourrait représenter le mot latin « arx » (voir RLC de Jean Markale, page 87) qui signifie « citadelle », lieu fortifié, comme l'était Arques à une époque. D'autant plus que comme le souligne un des auteurs de « l'ABC de RLC » (page 426), un khi (X) remplace un kappa (K) qui pourtant serait plus adapté pour ce mot, mais qui dans cette interprétation prend tout son sens. L'autre étoile se retrouve associée aux lettres « AADIE » qui avec la clé « M » (L+V+ L) formerait « LAVALDIEV ».
Beaucoup de chercheurs s'intéressent à l'époque où le fameux tableau des "Bergers d'Arcadie" (le deuxième) fut créé. Ce serait en effet le moyen de savoir à quelle époque le peintre eut connaissance du secret et de parfaire ainsi l'historique de cette énigme. Selon certains chercheurs, des personnalités françaises ayant rencontré le peintre pourraient être des « vecteurs » de l'énigme (pour exemple Rivalz via Frédeau pour M. Daffos, la duchesse Henriette Catherine de Joyeuse pour Mr Ferté, Barberini via Cassiani Del Pozzo, Stella de mon coté). Toutes ces pistes sont en effet intéressantes à étudier. J'en ai choisi une autre : celle de savoir à quelle époque Nicolas Poussin choisit sa devise et son sceau. La devise « Tenet confidentiaM » : il tient ce qui est caché, il détient le « secret » est pour ma part directement en relation avec cette énigme. Il n'a pu la prendre qu'à partir du moment où il détenait le secret ! Je pense qu'un élément de réponse se trouve dans une des lettres datée du 22 Mai 1642 adressée par N. Poussin au commandeur Del Pozzo (Collection de lettres de Nicolas Poussin, 1824) : il y indique bien la présence de son sceau. Le sceau de Poussin
La devise Mais reprenons dans un premier temps la devise. Poussin ne dit pas « JE détiens le secret », mais bien « IL » ou « ELLE » détient le secret. « Tenere », verbe latin de deuxième conjugaison, se conjugue à la troisième personne de l'indicatif par « Tenet » ; la première personne (Je tiens) serait « teneo ». Mais alors pourquoi faire référence à cette Dame, car souvent une personne choisit une devise pour exprimer un trait de son caractère ou de sa personnalité ? Ne serait-ce pas ici le moyen détourné de nous présenter cette conjugaison bien particulière du verbe Tenere ? Comme moi, un palindrome intéresse Nicolas Poussin et particulièrement une de cinq lettres. De mon coté, j'apprécie « LaVaL », vous le savez, car il représente la clé de l'énigme. Dans cette étude, je vous ai montré l'importance de l'échiquier dans l'énigme, ainsi que de la valeur 8 qui m'a permis de retrouver le mot « LEVALDIEU » dans les quelques lettres (8 et 2) de l'énigme anglaise. Pour le « codeur anglais », Nicolas Poussin semble aussi intéressé par mon palindrome. Il l'a en effet dessiné sur sa représentation (idem pour Chateaubriand plus tard quand il participa à l'édification du tombeau de Poussin). Ceci dit, opérons quelques calculs sur les consonnes. Retranchons par exemple 8 à la lettre T du mot TENET. Voici donc le résultat : L---L. Je trouve le résultat encourageant, pas vous ? Et, si sur la deuxième consonne (la lettre N), nous ajoutons cette fois-ci la même valeur 8, à partir de TENET, cela donne L-V-L ! Ne serait-ce pas la clé de l'énigme, la lettre M composée du L du V et du L ?
Le deuxième mot est le mot « confidentiam ». Il peut se traduire par confidence ou confiance (Définition du mot Confidence : Etymologie : Provenç. et espagn. confidencia ; ital. confidenza ; du latin confidentia, de confidens, confiant). C'est très probablement à partir de l'ouvrage de Cesare Ripa (selon Bellori) que l'image du sceau fut choisie. En effet, nous y trouvons (Iconologie de Cesare Ripa) une image proche de celle de Poussin. Les deux mots confiance (texte) et confidence (image) y sont associés. L'image Comparaison avec le sceau Il existe deux différences évidentes. La première est que l'image du sceau de Poussin est inversée par rapport à celle de C Ripa (le texte du sceau ne l'est pas). La deuxième est que le navire représenté par Poussin est bien une Arche qui par définition représente « tout objet » de forme circulaire : la coque du bateau possède bien cette forme particulière. Nous retrouvons donc l'inversion, puis la référence à l'Arche. Mais à vous d'estimer si ce « L-V-L confidentiaM » ainsi reconstitué, associé à l'Arche du sceau, est oui ou non en relation avec Arques et Laval comme je l'ai expliqué dans cette étude. Alors "TENET"... simple hasard ou choix délibéré de Nicolas Poussin ?
Le texte Et Saint Sulpice ? Je m'y intéresse depuis peu. Franck Daffos a mis en évidence les liens très particuliers qui unissent cette énigme avec différentes personnalités dont Nicolas Pavillon et Jean-Jacques Olier comme Franck Marie l'avait aussi fait à son époque dans son livre « étude critique ». Cette église est très caractéristique : elle présente un instrument particulier, le gnomon, ainsi qu'une direction Nord-Sud qui lui est associée : une méridienne. Pour ma part, toute cette énigme repose sur une idée de direction : la direction Sud-Ouest. Ce fut donc sans surprise que je fis mes premières constatations sur cet édifice. En effet, la chapelle des Saints Anges se trouve exactement au Sud-Ouest du gnomon, point de départ de la méridienne Nord-Sud. On y trouve entre autre la VII station : VII chiffre romain représentant si bien la lettre M (IVI). Une sentence y est associée : RETIRE-MOI DE LA BOVE QUE JE N'Y RESTE PAS ENFONCE P-S LXVIII. Le hasard fait que les initiales de psaume P-S) sont identiques à celles de la dalle (PS-Prae-Cum) et se trouvent donc sur cette direction Sud-Ouest. Comme le fait remarquer Franck Marie, BOVE ainsi écrit représente un ancien mot français qui veut dire grotte, caverne. Enfin cette direction Sud-Ouest passe par le bénitier sur lequel est représenté un poulpe (OctoPuS). En conclusion Que ce soit pour le petit parchemin, la dalle, le tableau de Poussin et sa représentation anglaise, nous constatons la même logique : une direction est indiquée, et l'on précise les lieux à chaque extrémité de cette direction. D'un coté Lavaldieu symbolisé entre autres par la lettre M, de l'autre coté Arques présenté sous différentes formes (TEKE , ARX , ARCIS). Tout semble plutôt cohérent ! A vous d'estimer quelle est la part du hasard dans l'ensemble de ce travail. © Jauclin, 5 août 2008 |
L'échiquier 

Lavaldieu , la vallée de Dieu
Lavaldieu ou Levaldieu

Mais au fait pourquoi Levaldieu et non Lavaldieu ? 
Des similitudes
Eléments de datation
Le sceau représente, quant à lui, une femme tenant une arche. Nous devons cette image à Madame Catherine Pierdat qu'elle en soit ici remerciée !
L'ouvrage de Cesare Ripa

