Aetius continue ses recherches sur Roland. Après les articles consacrés à "Roland et le vrai Roncevaux" et "L'expédition en Espagne de Roland", il nous livre son étude sur son tombeau proche du Pas de la Roque à Lavaldieu !
L'histoire officielle nous raconte que le valeureux comte Roland tué au combat à Roncevaux est enterré à Blayes (Girondes), en l'église Saint Romain de Blayes pour être plus précis. Cette église se situe non loin de la voie romaine qui va à Roncevaux. C'est donc « le chemin » de pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Comme c'est pratique !
« Passent Nerbone par force et par vigur; Vivement et en vainqueurs ils passent par Narbonne. Seulement il y a un hic ! Le comte Olivier n'a jamais existé, il n'a été créé de toutes pièces que comme caractère antinomique. Roland est preux, Olivier est sage.
Des documents probants : - Dans la Karlamagnus Saga ou Saga de Charlemagne (recopiée et remaniée en Islande au XIIIème siècle), Charlemagne fait enterrer Roland et les douze pairs à Arles aux Alyscamps. « Le roi Charlemagne fit ensuite aménager de nombreuses et vastes tombes à l'endroit même où ils avaient trouvé la mort, et il fit ensuite enterrer les corps de ses hommes. Il y fit mener chacun d'eux, au plus près, en fonction de l'endroit où ils se trouvaient, hormis Roland et les douze pairs. La nuit suivante, les anges de DIEU dirent à Charlemagne en rêve que tous les hommes de sa troupe étaient sauvés.
La Karlamagnus Saga puise ses sources dans des récits plus anciens que la « Chanson de Roland », sources sans doute perdues pour nous, hélas ! Nous disions donc que, dans cette Saga, Charlemagne fait enterrer Roland aux Alyscamps d'Arles. Une légende fait en effet état du tombeau de Roland et de ses compagnons d'armes à cet endroit. Il y a bien un Roland enterré aux Alyscamps d'Arles; oui, mais. ce n'est pas le nôtre ! - Jacques Chocheyras « Roland du Saint au Héros historique » (1993) :
« Nous connaissons un Rotlandus historique, champion de la lutte contre les Sarrasins de surcroît. Il s'agit de l'Archevêque d'Arles qui, apprenant le débarquement de pirates païens dans un port de Camargue qui leur était familier, alla inconsidérément s'enfermer dans un fortin de terre hâtivement construit pour défendre sa riche abbaye de Saint Césaire. Plus de trois cents de ses hommes y périrent, et lui-même, capturé et emmené sur leurs bateaux pour être échangé contre une rançon, y mourut le 19 septembre 869. Son corps reposait au Moyen-Age dans la crypte de Saint Honorat aux Alyscamps. » Il y a même une Tour de Roland. On crut enfin que la Tour de Roland rappelait le neveu de Charlemagne. En réalité, c'est à l'archevêque Rotland qu'elle doit son nom, à tort du reste, puisqu'elle est l'unique vestige des fortifications établies pendant l'occupation arabe par Abd al-Rhaman. L'archevêque Rotland restaura le monastère fondé par Saint Césaire autour de l'ancienne cathédrale puis ruiné lors de la guerre de 735, et défendit Arles et la Camargue contre les pillards arabes. Il fut fait prisonnier au cours d'un raid sarrasin sur Arles, et l'ennemi réclama, pour le rendre, une énorme rançon que les Arlésiens réussirent non sans mal à réunir. Quand leurs ambassadeurs atteignirent l'endroit convenu, l'archevêque les attendait, assis face au Rhône, hiératique, crossé, mitré, revêtu de tous ses ornements épiscopaux et raidi dans les plis somptueux de sa chape. Les Sarrasins encaissèrent l'argent et se retirèrent aussitôt. Les Arlésiens s'approchèrent alors respectueusement du captif qui les attendait toujours, droit, immobile et silencieux. Surpris, ils se hasardèrent à le toucher. Il s'affaissa entre leurs bras. On ne leur avait rendu que son cadavre. Revenons à Blayes. Le sarcophage de Roland à Blaye devenait un passage obligé par lequel devait passer le pèlerin de Saint Jacques venu du nord ou de l'ouest de la France et de l'Europe. Ce tombeau légitimait l'itinéraire principal pour qui voulait se rendre à Compostelle via Roncevaux. A Blaye, les pèlerins s'embarquaient pour l'Espagne, le tombeau de Roland les invitait à se rendre à Roncevaux pour voir de leurs yeux l'endroit où était tombé le preux paladin et ses douze compagnons. Comme je le soulignais dans le deuxième volet de mon étude, en matière de marketing, nous n'avons rien inventé.
- Lisons P. Jarnac : « Des historiens hollandais et anglais sont persuadés que Roland, défunt, fut transporté dans une abbaye située à LAVALDIEU, au sud de Rennes-le-Château, ancien lieu où se pratiquait le culte du dieu Baal. » - Au sujet de ce lieu, voyons ce que le Dr Gourdon nous en dit : « Sur ce même plateau, vers l'ouest, est le hameau de Coume-Sourde et plus au sud celui de Laval-Dieu, à 1 kilomètre de distance et sur lequel il y a une légende. Je dois ajouter qu'il y avait il y a encore deux ans les ruines (murs) d'une ancienne abbaye, ruines depuis détruites au lieu-dit Lavaldieu. « Les vieux de Rennes se rappellent très bien qu'il existait aux alentours de cet endroit un monticule que l'on nommait « La butte de Roland ». - Un carto-guide Shell des années 80 fait mention du tombeau de Roland à Lavaldieu :« Aux environs - Rennes-les-Bains (13 km à l'est) petite station tapie au creux du canyon de la Salz. Château de Blanchefort (10 km à l'Est); La Valdieu (6 km Sud-Est) lieu présumé du tombeau de Roland »
La butte de Roland, le vrai Roncevaux au Pas de la Roque, le tombeau de Roland à Lavaldieu serait une légende transmise de génération en génération par les anciens. Et comme le dit un vieil adage, « il n'y a pas de fumée sans feu ». Et si la phrase laconique inscrite par B. Saunière : « 21-9-1891- Lettre de Granès - découverte d'un tombeau - le soir pluie », était la découverte du tombeau de Roland ? Il n'est pas interdit de rêver ! Cordialement, Aetius © Aetius, 23 décembre 2006 |

La Pique de la Valdieu



