Portail Saint Dagobert de Stenay (© Al Sufi) Comme on l'a vu, un habitant de Stenay, propriétaire du terrain sur lequel se situait l'ex-église Saint Rémy, puis Saint Dagobert, voulut construire une villa. En creusant, en 1965, il mit à jour les restes du portail principal de l'église, enfoui ici depuis le début du XVIIe siècle lors de la construction du portail de la Citadelle. Premier miracle, plutôt que de tout balancer à la décharge, ou en faire des meubles de jardin ou des murs, cet habitant, M. Laplante, consulte un professeur du Lycée de Stenay, M. Renault, qui dégage (en 1972, d'après les écrits du Cercle, pas d'explication sur le hiatus temporel) délicatement les éléments du portail en les numérotant et en les mettant à l'abri dans la chapelle du Sacré-Cour, à côté du cimetière (on en reparlera).
Troisième miracle (mais ce coup-ci bien aidé par le dynamisme des membres du Cercle, on ne dira jamais assez l'importance du travail effectué par les associations, bénévolement, dans ce pays !), le Cercle a à sa disposition des locaux bien placés en centre-ville de Stenay avec une belle cave profonde, des bénévoles s'y connaissant en bâtiment et qui seront également aidés par un apprenti maçon compagnon effectuant son Tour de France. Tous ces ingrédients vont aboutir à la mise en place du portail du Roi dans cette cave où tout un chacun peut maintenant l'admirer. Le portail lui-même est constitué de deux éléments d'époques distinctes : Le tympan qui daterait de l'époque carolingienne : construction de l'église Saint Dagobert après l'invention de ses reliques et la canonisation du Roi le 10 septembre 872 ;
Le tympan représenterait Saint Dagobert Roi avec deux orants.
Voilà pour le portail ! Cette « caverne » ne renferme pas que ce seul trésor ! Deux pierres viennent s'ajouter à cette parure. La Pierre curieuse de Stenay que l'on dit SATOR
Reproduction de la pierre SATOR (© Al Sufi) L'abbé Vigneron, curé de Stenay dans les années 1960, indique que M. Rivart aurait fait porter la stèle vers 1910 dans la cure de Stenay, chez Mgr Mangin, curé de Stenay à l'époque. En 1917, le Kronprinz, prit d'un accès de colère, l'aurait fait briser en déclarant (dixit l'abbé Vigneron) « je suis le Maître de la Croix ». Quoi qu'il en soit cette stèle n'existe plus.
L'hypothèse retenue par l'abbé Vigneron et reprise par la Présidente actuelle du Cercle, pour expliquer cette stèle est qu'il s'agit en fait d'une stèle chrétienne devant dater d'une période de persécution. On peut retenir l'époque de Dioclétien au début du IVe siècle, par exemple. Quatre indices soutiennent cette hypothèse : L'église Saint Rémy, puis Saint Dagobert, a été construite sur l'ancienne nécropole de la ville romaine de Stenay, en dehors de la Ville, le long de la voie romaine se dirigeant vers le sud. Il semble donc probable que d'anciennes stèles ont été remployées dans la construction de cette église. Les chrétiens se faisaient également enterrer dans les mêmes nécropoles, les exemples abondent partout en France ; http://www.jesuiscultive.com/spip.php?article316 Cette inscription sibylline de Stenay ferait ainsi référence à l'appartenance chrétienne via le fameux carré. Notons que si l'on prend le déchiffrement effectué récemment par Nicolas Vinel ("Le judaïsme caché du carré SATOR de Pompéi", Revue de l'histoire des religions, tome 223, volume 2, 2006, pp. 173-194, l'auteur y développe une thèse où les mots du SATOR font référence à des mots hébraïques), où les lettres de Stenay (SRNPR) apparaissent alors sur la croix du carré nouveau obtenu, et que l'on applique le chevron sur ce carré, on obtient TENET. Le doute vient cependant à la lecture de ce qu'écrivait Louis Vazart, en 1983, à propos de sa découverte progressive des mystère de Stenay : « C'est alors que nous fîmes la rencontre d'un chercheur, comme nous passionné par la vieille cité lorraine ; au terme d'une longue conversation, celui-ci nous conta que son grand-père s'était intéressé depuis longtemps à l'histoire du pays lorrain et particulièrement à Stenay. Il avait connu Mgr Mangin à la fin du siècle dernier. Il avait amassé un certain nombre de notes concernant ce sujet. Quelques jours plus tard, notre érudit mit à notre disposition les dossiers qu'avait constitués son aïeul. C'est ainsi que nous découvrîmes qu'en 1890, sur l'emplacement du Prieuré Saint Dagobert, alors propriété de la fille de M. Rivart - la Générale Matton -, eurent lieu des fouilles archéologiques. Ces fouilles avaient permis la découverte d'un certain nombre de pierres. Les recherches furent dirigées par Monsieur Rivart, industriel à Stenay. » Aïe ! Cela ne vous rappelle-t-il rien ? L'érudit chercheur n'est autre que Pierre Plantard ! D'où la nécessité de bien vérifier ces faits ayant trait à la fameuse pierre de Stenay, ce que je n'ai pu encore faire.
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Tombe de Monseigneur Mangin à Stenay (© Al Sufi) |
Détails (© Al Sufi) |
Le texte de l'inscription est le suivant :
A la pieuse mémoire de
Mgr Pierre Elzire Mangin
Protonotaire apostolique
Doyen de Stenay
1841-1914
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Seigneur, j'ai aimé la beauté
De votre maison et le lieu où
Habite votre Gloire Ps. 25.
Requiem aeternam
Dona ei domine
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Au pasteur dévoué
La paroisse reconnaissante
Une autre dédicace au Curé Mangin, mentionné dans les documents du Cercle, mais que je n'ai pas retrouvée indiquait :
A la Mémoire
de
Pierre Elzire Mangin
Protonotaire apostolique,
Chanoine d'honneur de la primatiale de Bourges,
Chanoine honoraire de la Cathédrale de Verdun,
Directeur diocésain des Congrès Eucharistiques,
Né à Souilly le 1er septembre 1841,
Ordonné Prêtre le 24 septembre 1864,
Ancien Vicaire de la Cathédrale de Verdun,
Ancien Curé de Dombasle-en-Argonne et de Longeville,
Ancien Supérieur du Petit Séminaire de Verdun,
Curé-Doyen de Stenay, le 1er novembre 1890,
Prélat de sa Sainteté le 10 décembre 1906,
Protonotaire Apostolique, le 17 décembre 1908,
Endormi dans la paix du Seigneur,
Le 9 septembre 1914
Enfin une troisième dédicace existe à l'intérieur de l'Eglise Saint Grégoire de Stenay.
Dédicace dans l'église Saint Grégoire de Stenay (© Al Sufi)
Hommage
de reconnaissance et de piété filiale
au regretté pasteur
Monseigneur Mangin
Protonotaire apostolique
Pieusement décédé à Stenay, victime de la guerre
Le 9 Septembre 1914
En offrant sa vie pour sa chère paroisse
A laquelle il s'était entièrement consacré
Pendant 25 années
D'un laborieux et fécond ministère
19 avril 1925
Nous n'en avons pas fini avec Mgr Mangin ! Ce dernier est en effet à l'origine de la construction de deux édifices à Stenay réalisés grâce aux dons des fidèles dans le contexte des lois de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Dimanche, je suis donc allé visiter ces deux édifices, malheureusement inaccessibles à l'intérieur.
Eglise de Cervisy
La première, se situe à Cervisy, bourg rattaché à Stenay, situé au nord de la Ville. Dédiée à Saint Joseph (fêté le 19 mars), je n'y rien noté de remarquable, si ce n'est, comme en d'autres endroits de Stenay et de Mouzay, la forte présence des croix celtiques.
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Portail de l'église de Cervisy (© Al Sufi) |
Clocher de l'église de Cervisy (© Al Sufi) |
Elle date de 1890 et a été édifiée grâce à des généreux donateurs : le comte de Lapisse, son gendre M. Duba et Ernerst Bourgeois (dont on retrouve le nom sur la deuxième chapelle, voir plus loin).
Chapelle du Sacré-Coeur de Stenay
La deuxième, plus intéressante, se situe face au cimetière et est dédiée au Sacré-Coeur de Jésus.
Trois inscriptions peuvent encore s'y lire.
La première au-dessus de la porte d'entrée (située sur le côté gauche du clocher qui s'avance au-devant de la façade) indique :
CORDI. IESV. SACRATISSIMO. VRBS,
STENACENSIS. POENITENS,
ET. DEVOTA
(Au très Saint Coeur de Jésus, La Ville de Stenay repentante et dévote), qui constitue donc la dédicace de la chapelle. Cette inscription surmonte le blason et la devise du protonotaire apostolique (les trois rangées de « pompons »).
Inscription et armes de Mgr Mangin (© Al Sufi)
Le blason est tout à fait parlant puisqu'il combine le Lion de Stenay, les clés de Saint Pierre (prénom de Mgr Mangin) et l'ancre de l'Espoir que confirme la devise : « In spe erit fortitudo » (C'est dans la confiance - ou l'Espoir - que résidera votre force). Cette sentence est un extrait d'un passage d'Isaie (30, 15)
"Quia haec dixit Dominus Deus, Sanctus Israel : In conversione et quiete salvi eritis ; in silentio et in spe erit fortitudo vestra", extrait du chapitre suivant : "Châtiment contre les coupables" :
(8) Va maintenant, grave cela sur une tablette en leur présence, et écris-le dans un livre, afin que ce soit, pour les jours à venir, un témoignage à perpétuité. (9) Car c'est un peuple de rébellion, ce sont des enfants infidèles, des enfants qui refusent d'écouter la loi de Yahweh. (10) Ils disent aux voyants: "Ne voyez point" ; et aux prophètes : "Ne nous prophétisez pas la vérité ; dites-nous des choses agréables, prophétisez des illusions ! (11) Écartez-vous de la voie, détournez-vous du chemin ; ôtez de devant nos yeux le Saint d'Israël !" -- (12) C'est pourquoi ainsi parle le Saint d'Israël puisque vous méprisez cette parole et que vous vous confiez dans la violence et l'artifice, et que vous en faites votre appui, (13) à cause de cela, cette iniquité sera pour vous comme une lézarde qui menace ruine et fait saillie sur un mur élevé, dont soudain, en un instant, l'écroulement se produit. (14) Il se brise comme se brise un vase d'argile, que l'on fracasse sans pitié, sans que l'on trouve dans ses débris un morceau, pour prendre du feu au brasier, ou puiser de l'eau à la citerne. (15) Car ainsi a parlé le Seigneur Yahweh, le Saint d'Israël : Par la conversion et une paisible attente vous seriez sauvés ; dans le repos et la confiance serait votre force. (16) Mais vous ne l'avez pas voulu et vous avez dit : "Non ! Mais nous fuirons sur des chevaux !" -- eh bien, vous fuirez -- "Nous volerons sur des coursiers !" - eh bien, ceux qui vous poursuivront seront plus rapides ! (17) Mille à la menace d'un seul, et à la menace de cinq, vous fuirez, jusqu'à ce que vous ne soyez plus qu'un reste, semblable à un mât sur le sommet de la montagne, à un signal sur la colline.
La deuxième se lit à droite du clocher, sur la façade :
ANNO. IVBILAEI
PII. X. SVM. PONT
NECNON
APPARITIONIS. B.M.V. LAPVRDENSIS
E. BOURGEOIS. CRATVS. VOVIT
Traduction dont je ne suis pas sûr ! :
En l'année jubilaire (1903+5 = 1908)
Du souverain pontife Pie X
Et de plus
Pour célébrer le jubilé des apparitions de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes (1858)
E. Bourgeois a fait ce voeu ( ?, Cratus = ?)
La chapelle du Sacré-Coeur de Jésus (© Al Sufi)
Enfin, la dernière qui se lit à gauche du clocher, sur la façade, à proximité de celle du porche :
CorDI IesV sacCratIssIMo
bonItatIs-fontI
rebVs In-angVstIs
CIVItas praesVLqVe
pII VoVerVnt
Traduction qui doit être à peu près celle-ci :
Au Très Saint Coeur de Jésus
Source de bonté
Dans cette situation critique (?),
La Cité et son premier guide
Forment un voeu pieu
Tout l'intérêt de cette inscription réside dans le fait qu'il s'agit d'un chronogramme, technique scripturaire rare pour cacher une date dans un texte ! Les chronogrammes se rencontrent surtout au XVIIe et XVIIIe siècles et plutôt dans la sphère germanique. Je ne m'attendais donc pas à en trouver un à Stenay datant du début du XXe siècle. Je vous explique le processus. Les lettres mises en valeur (majuscules plus grandes) que les autres représentent des chiffres romains. Notons-les dans l'ordre d'apparition sur cette inscription :
CDIIVCIIMIIIVIVICIVIVLVIIVVV, soit, si on les range par ordre de valeur :
MDCCCLVVVVVVVVVIIIIIIIIIIIII, maintenant, il n'y a plus qu'à compter :
M = 1 000
D = 500
CCC = 300
L = 50
VVVVVVVVV = 45
IIIIIIIIIIIII = 13
Total : 1908

Chronogramme de la chapelle du Sacré-Coeur
(© Al Sufi)
Date confirmée par le Jubilé des apparitions mariales de Lourdes (1858 + 50 = 1908 ; en 2008, on fêtera le troisième jubilé de Lourdes). Y a-t-il d'autres codes cachés dans ces inscriptions ? A vous de chercher ! Moi, pour le moment, je n'ai rien trouvé d'autre.
On notera l'insistance de la mention du pape Pie X. Une remarque amusante peut être faite sur le nom même de ce pape : Joseph Melchior SARTO, (Sarto = anagramme de Sator) ! Etonnant non ?
Le passage du Kronprinz à Stenay
Je reprends ici un passage de « Monseigneur Mangin et Dagobert II » de Louis Vazart en « Etudes mérovingiennes » éditées en octobre 2004 par le Cercle Saint Dagobert :
« C'est le 25 août 1914 que le grand pont sur la Meuse sauta. Deux jours plus tard, des patrouilles de Uhlans, avant-garde de la Ve armée allemande, caracolent dans la Vielle cité. Tandis que le gros des troupes de la Ve armée poursuit sa marche vers Montmédy et Longwy en contournant la ville, un bataillon du 157e régiment d'infanterie s'installe à Stenay et visite méthodiquement les maisons.
Les autorités occupantes réquisitionnent une grande propriété située à la sortie nord de la ville, le long de la route de Cervisy. Les quelques stenaisiens présents voient arriver dans un nuage de poussière une grosse automobile escortée d'une garde d'honneur importante ; le lourd véhicule pénètre dans l'allée du parc puis s'immobilise devant le majestueux perron du château. Cet illustre visiteur n'est autre que le commandant en chef de la Ve armée : son Altesse impériale Frédéric-Guillaume, Kronprinz de Prusse.
Très rapidement, le pillage s'organise et le fils du Kaiser lui-même montre l'exemple en enlevant avec avidité des objets d'art. »
Pour illustration de ces interrogations, la couverture d'un livre d'époque (1915) de Germain Martin : lire un extrait !
Le Kronprinz resta à Stenay du 28 août 1914 à février 1918 au château des Tilleuls (il faudra cependant une démarche personnelle de Ludendorff pour décider Frédéric-Guillaume à quitter Stenay et rejoindre son quartier général). Friedrich Wilhelm de Hohenzollern est né en 1882 et décédé en 1951 à Hechinge. Il se maria en 1905 à la Duchesse Cécile von MECKLENBURG-SCHWERIN (1886-1954) et eut 6 enfants.
La question centrale ici est de savoir pourquoi le Kaiser (parce que, forcément, le Kaiser, celui qui négocie avec Arsène dans 813 et qui apparaît également avec son fils, le Kronprinz, dans « L'éclat d'obus », est dans le coup !) choisit d'envoyer son fils à Stenay en 1914. Stenay ne constituait plus à cette époque la place stratégique qui était la sienne auparavant. D'ailleurs aucune action d'éclat n'eut vraiment lieu à Stenay, ni en 1914-18, ni en 1939-45, au contraire de ce qui s'est passé à Verdun, Montmédy, Montfaucon ou bien d'autres places qui constituaient des positions stratégiques. Aujourd'hui, Stenay ne représente qu'une petite ville de 3 ou 4000 habitants et il ne devait guère y en avoir plus en 1914.
Ce qui est certain, c'est que, dès leur installation en 1914, les Allemands procèdent dans la région à des fouilles archéologiques supervisées par des archéologues. Il ne s'agissait pas d'activités militaires et le fait est avéré notamment par des photos d'époque. Ces fouilles ont-elles concerné Stenay ? Aucune preuve, semble-t-il, n'a pu être retenue jusqu'à présent.
Signalons, par ailleurs, les activités de taupes du Kronprinz et de ses troupes qui ont, semble-t-il, passé leur temps à construire des abris souterrains : certains existent encore sous le nom d'abris du Kronprinz, notamment en Argonne.
La villa actuelle sur l'emplacement de la Villa des Tilleuls (© Al Sufi)
Le château des Tilleuls a été détruit depuis mais, à son emplacement, une villa récente a été construite.
Etoiles à 5 branches
En plusieurs endroits de Stenay, mais aussi à Mouzay, j'ai pu voir des décorations en forme d'étoiles à cinq branches ; c'était également une étoile à cinq branches qui surmontait les armoiries de la ville de Stenay avant que la municipalité n'y fasse mettre la fameuse tête diabolique. S'il s'agit d'un motif relativement courant, il me paraît particulièrement présent dans cette région. Est-ce parce que le département de la Meuse a pour numéro le 55 ? Ou bien est-ce pour rappeler l'empreinte de Satan sur ce pays ?
On notera également que c'est la Ve armée allemande qui s'est installée à Stenay en 1914.
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Saint Grégoire
L'église centrale de Stenay, dans la ville haute, a été construite en 1830 et, contrairement à ce qui peut être dit ici ou là, n'a jamais remplacé l'église Saint Dagobert qui fut détruite d'abord par les Huguenots au XVIe siècle, puis transformée en porte de la citadelle au XVIIe siècle, pour être détruite vers 1829. Le travail de destruction fut terminé en 1944 par les Allemands qui firent sauter ce qui restait de la porte de la citadelle. Saint Dagobert se trouvait, rappelons-le, dans la ville basse, la Citadelle, sur l'ancienne nécropole de la ville romaine.
Sur la façade ouest, on peut remarquer les médaillons des évangélistes, Mathieu, Marc, Luc et Jean, sur la frise qui domine la façade, ainsi que les statues de Saint Pierre et de Saint Paul, sculptées par Schmidlin en 1854 (semble-t-il Adolf, sculpteur local ayant réalisé un bas-relief à Etain, entre Verdun et Stenay, et une statue de Sainte Libaire de Toul à Grand dans les Vosges).
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Saint Grégoire de Stenay (© Al Sufi) |
"Les rois mages" (© Al Sufi) |
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Saint Pierre (© Al Sufi) |
Globe crucifère (© Al Sufi) |
On remarquera également :
Le beau globe surmonté de la croix au-dessus du portail nord : cela fait immanquablement penser à l'insigne des Chartreux ;
La graphie particulière des clefs de Saint Pierre qui renvoie de nouveau à la croix celtique ;
Les étoiles à 5 branches à la base des clochers ;
A l'intérieur, j'ai relevé ce tableau des rois mages que je vous laisse admirer.
Illustration 28 : diverses vues de Saint Grégoire de Stenay
Illustration 29 : Saint Grégoire, les Rois Mages
Dernière image en forme de Clin d'oeil !

Les écureuils (© Al Sufi)
Fouquet est-il venu à Stenay ? Nicolas, en tous cas, connaissait bien Mme de Longueville qui, elle, était à Stenay.
Lire la première partie et la réponse de Mme Bonnefoy, présidente du "Cercle Saint Dagobert II, ainsi que l'étude sur la Fontaine Arphays !

Tout tourne finalement dans l'apparition de Stenay dans les « mythes » récents, comme diraient les débunkers, autour de la résurrection de ce portail et de la création du Cercle Saint Dagobert. Cette histoire, après toutes les destructions locales et la culture de l'acculturation de notre société, cette histoire donc est un quasi-miracle de notre époque. Prenons donc un peu de temps pour en exposer les principaux épisodes.
Deuxième miracle, en 1993, la veuve de M. Laplante, encore légalement propriétaire des restes du portail, en fait don au Cercle pour les mettre en valeur, alors qu'ils auraient pu continuer à croupir dans l'église que personne ne visite et ne peut visiter, me semble-t-il. 

En 1873, un propriétaire d'une partie du terrain sur lequel s'élevait l'église Saint Dagobert, M. Rivart, mit à jour une pierre, stèle énigmatique portant gravées les lettres SRNPR écrites verticalement, un chevron et une croix au-dessus de la pointe du chevron. Sur la tranche droite de cette sorte de dalle rectangulaire, on pouvait voir un flacon, une fiole ou une cruche et trois petits pains ou trois navettes disposées 1 et 2. Cette pierre était, semble-t-il, réemployée dans les fondations de l'église Saint Dagobert.
M. Gino Frua, compagnon sculpteur, membre de l'association Cercle Saint Dagobert de Stenay en a réalisé une reconstitution d'après un relevé fait à l'époque de Mgr Mangin. C'est cette reconstitution que l'on peut voir aujourd'hui dans la crypte du Cercle, avec la signature de M. Frua, dans le coin en bas à droite. Cependant, les images situées sur la tranche n'ont pas été reprises. Pour l'anecdote, le dit Frua est aussi l'auteur des signes que l'on voit souvent associés à cette pierre mais qui n'ont rien à voir : hexagone, triangle (sûrement RLC/Gisors/Stenay) et abeille mérovingienne (on était encore sous l'ère Plantard qui avait « envoûté » le Président du Cercle, Louis Vazart, qui a reconnu à la fin de sa vie s'être fait « berner » par Plantard).
Le fameux ensemble lettres + chevron, décrypté par Pierre Plantard, ne l'oublions pas, mais les faits sont bien là ! donc SRNPR qui correspond exactement au placement en chevron des lettres correspondantes du Carré Sator. On sait que si ce carré est, très vraisemblablement, antérieur à l'ère chrétienne (on a retrouvé deux exemplaires dans les ruines de Pompéi, détruite le 24 août 79 et redécouverte au XVIIe siècle), les premiers chrétiens l'ont utilisé en remarquant que toutes les lettres du carré formaient « Pater Noster » + AO (Alpha et Oméga). 
Comme tout bon lieu mythique Stenay se devait d'avoir des souterrains ! Mme Bonnefoy nous a confirmé que son mari, originaire de Stenay, s'était aventuré dans ces galeries. Stenay étant une place forte de guerre, il n'y a aucun doute sur la réalité de ce réseau souterrain qui a été ici facilité par la pierre - un calcaire gréseux assez facile à travailler - et par des réseaux de failles. La cave de l'association ou Crypte Saint Dagobert permet de toucher du doigt cette réalité géologique ! 











