Je voudrais approfondir ici ce que j’ai déjà dit sur Sarek et sa localisation géographique en revenant sur ou en développant les points suivants :
Une des identifications du Prieuré de Sarek fait bien référence à l’Ecosse :
Tout d’abord, je veux mieux montrer ici que le plan de Sarek, dessiné par M. Leblanc, renvoie bien à la carte de la Grande-Bretagne. Un dessin valant mieux qu’un long discours, je vous propose de comparer ces trois cartes :
Examinons particulièrement les endroits mis en exergue de carte à carte. Ainsi que je l’avais déjà montré, mais sans ces schémas, la carte dessinée par Leblanc présente de nombreux points communs avec la Grande-Bretagne et finalement peu avec Sark, hormis le secteur de « La Coupée », cette profonde déchirure qui sépare Grande Sark de Petite Sark et qui, sur Sarek, isole le Prieuré.
Sur ce, continuant ma lecture de Ferté, je suis tombé sur le passage où il rappelle que Maurice Leblanc aurait été mis à l’abri par son père en 1870 et 1871, justement en Ecosse ! Ce fait est signalé dans les biographies de M. Leblanc que j’ai pu consulter sur le net et Johan m’indique que Jacques Derouard, connu notamment pour sa biographie de Leblanc, reste cependant plus prudent et ne tranche pas en hésitant entre l’Angleterre et l’Ecosse (p.30-31). Mais la lecture attentive de Leblanc, sous la houlette de Ferté, montre que l’Ecosse, sous son ancien nom d’Albanie, est une référence récurrente dans ses romans : cela va du dossier ALB, pour Albanie (« Victor de la Brigade Mondaine »), en passant par Balthazar, Roi d’Albanie (« La Vie extravagante de Balthazar ») pour rejoindre la vie de la Fée Mélusine, dont le père Hélinas était roi d’Albanie, tel que le conte Jehan d’Arras cité par M. Leblanc dans « Les Confidences d’Arsène Lupin » : « un… tisserand d’ARRAS, JEHAN Gosset… ». L’Ecosse, vous dis-je, l’Ecosse ! Cette préoccupation albanaise, donc écossaise, trouve son intérêt, chez Leblanc, dans son intérêt marqué, c’est un euphémisme, pour tout ce qui touche à la Fée Serpent, Mélusine, que l’on retrouve elle (Sarzeau, lieu de son tombeau et d’un de ses souterrains, Tiffauges, un de ses châteaux, notamment), et sa famille (Geoffroy à la grand’dent dans « La Dent d’Hercule Petit-Gris ») dans bon nombre de romans de Leblanc et que j’ai encore débusquée, via son fils Fromont, dans le roman de « Dorothée, danseuse de cordes » (cfr. Forum Maurice Leblanc : les éléments cryptés dans ses œuvres : http://www.i-services.net/membres/forum/messages.php?user=28736&idsalon=70476&idsujet=1055330&page_index=0 ) Précisons, avec Ferté, en restant dans ce registre mélusinien, que Geoffroy Grand’Dent, fils de Mélusine et de Raymondin ne vainc le géant qui garde l’accès à la grotte contenant le tombeau royal, située en NORTHUMBERLAND, qu’après avoir affronté et vaincu les 3 Frères de SYON ! (cfr. Ferté pages 442 à 444). De là à extrapoler que le Prieuré de Sarek est en fait un Prieuré des frères de Sion … L’intérêt de l’Ecosse qui se dégage de la lecture des romans de Leblanc tient également et sans doute, à l’histoire secrète de la Franc-maçonnerie, et notamment ses aspects écossais ! (voir Ferté qui développe savamment ses aspects, pages 459 à 490). Les liens Sarek-Gisors : Je voudrais ici vous présenter une hypothèse développée par P. Ferté.
Et Sarek dans tout ça, Ferté y vient et je lui laisse la parole : « Ce décodage de L’ISLE de Gisors et du mystérieux rendez-vous sous l’Orme est à mettre en correspondance avec un autre roman de M. Leblanc, aussi savamment crypté et déjà entr’ouvert : « L’île aux Trente Cercueils » (1919). … Si l’île correspond à Gisors, toute mon exégèse s’éclaire alors magnifiquement. M. Leblanc précise qu’une « COUPURE ENORME séparait l’île en deux parties, dont la seconde se voyait à l’opposé, un peu moins haute et de dimensions bien plus restreintes. C’est LE PRIEURE, cette partie-là, prononça la Bretonne. ». Le PRIEURE étant le chef-lieu de l’île, « la coupure énorme » ne serait-elle pas un à-peu-près pour signifier « la coupure de l’Orme » qui aurait marqué à Gisors le retrait du Prieuré, selon le scénario de « SION » ? Tout le suggère… Dès lors comment s’étonner que le « truffier » nocturne des mystères de Gisors, Roger Lhomoy, ait prétendu avoir trouvé TRENTE COFFRES dans « sa » chapelle souterraine dite de Sainte Catherine ? Si « l’ILE » renvoie à GISORS, que dire des « TRENTE CERCUEILS » imaginé par M. Leblanc ? » Je vous laisse prendre connaissance de la suite, pages 356 et 357, en rappelant que Sarek, d’après le père de Véronique d’Hergemont, vient bien de cercueil, sarcophage, qui se dit également coffre… Je ne résiste pas à vous montrer une autre vue de cet extraordinaire endroit qu’est la Coupée de Sark, « l’énorme coupure » !
Véronique d’Hergemont est l’héroïne de « L’île aux trente cercueils », celle qui embarque pour Sarek en partant de la station 17 située à Beg-Meil… Voyons où elle nous mène ?! Véronique, recouvre en fait deux personnages légendaires qui ont plus ou moins été confondus. L’une, Véronique l’Hémorroïsse, souffrant de saignement depuis douze ans est subitement guérie en touchant le manteau du Christ. Cette Véronique est plutôt fêtée par les orthodoxes, le 12 juillet !, date clef du roman « Dorothée, danseuse de cordes » !
Sainte Véronique par Hans Memling, vers 1483. http://korkos.club.fr/che-09.jpg Revenons à la Sainte et examinons sa légende qui va nous entraîner vertigineusement vers les arcanes cachées dans les romans de Maurice Leblanc. La légende de Véronique en fait la femme de Zachée; lequel Zachée ne serait autre que Saint Amadour vénéré à Rocamadour le 26 août selon une tradition ancienne et tenace. Rocamadour, rappelons-le (cfr. forum Rouen-Carcassonne), est situé EXACTEMENT sur le Méridien de Crozant qui recèle le Château de l’Aiguille, dans le département de la Creuse. Rocamadour qui regarde au midi vrai (toujours EXACTEMENT sur le Méridien de Crozant) un « creux de l’Aiguille », la grotte du moulin de l’Aguille, sur le versant Sud de l’Alzon, renvoyant ainsi au roman de L’Aiguille creuse ! Il est en outre étonnant de constater que Crozant (Creuse) et Crozon (Finistère) sont liés par un Rocamadour : en presqu'île de Crozon, à Camaret, une chapelle de Roch'Amadour (dont l'étymologie n'a rien à voir avec le Saint...) se détache sur la mer au bout d'un mince cordon de terre. C'est ensuite, dans « Arsène Lupin contre Herlock Sholmès », que Leblanc mentionne la Comtesse de Crozon, possédant un diamant bleu (faisant pendant aux diamants rouges trouvés par Dorothée dans le Chêne du château de Périac – In Robore Fortuna - ?!) et qui, bien sûr, se le fait voler par Lupin (en août 1904, un 26 ?). Jacques Derouard, dans son « Dictionnaire d'Arsène Lupin » pense que Leblanc s'est inspiré d'un fait divers réel : le vol d'un diamant bleu appartenant à la Comtesse de Trobriand (c'est réellement son nom, il ne s'agit pas d'un pseudonyme !) qui habitait le Castel Hoël, à Plounéour-Trez, dans le Finistère, ce qui semble accréditer l'hypothèse bretonne... Revenons à Zachée dont la légende (« ce qui doit être lu », voir déchiffré ?) nous assure qu’il débarqua en Gaule avec Marthe, Lazare et les Saintes Marie. Lazare, entre nous soit dit, symbolise l’ancêtre de Dorothée qui cacha les fameux diamants rouges dans le Chêne : il devait ressusciter lors d’une cérémonie complexe mise en œuvre par ses descendants héritiers (Leblanc en fait d’ailleurs le titre de son chapitre XIII). Cfr. également : http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2006/04/01/le-feu-de-saint-silvain.html et http://www.france-secret.com/rocamadour_art.htm, Zachée (est-ce celui-là ?) se fête le 20 avril. Le site de Wikipédia indique également que Véronique aurait obtenu de Tibère l’exil de Ponce-Pilate qui, comme chacun le sait ? !, se serait réfugié à Vienne, au pied du Mont Pilat ! (cfr. le site de M. Douzet http://www.societe-perillos.com/) Encore une fois, M. Leblanc nous dévoile avec ce prénom sa maestria dans le foisonnement des pistes ainsi révélées et l’interconnexion de ses romans ! Enfin, une dernière confirmation géographique : Véronique nous a conduits à Zachée, Zachée nous a conduits à Rocamadour. Rocamadour nous conduit alors en ligne droite, tracée sur une carte de France, à SCAER ! en passant par Sarzeau ! la boucle de la piste mélusinienne, donc écossaise, est alors bouclée ! Scaer qui nous a permis de nous interroger sur le trajet étrange suivi par Véronique, qui, c’est une fois de plus confirmé, devait ainsi impérativement se rendre à SCAER ! (anagrammes : Sarec et Sacre !). Al Sufi, Strasbourg, le 13 mars 2007 |
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Notons que Véronique, en tant qu’héroïne dans les romans de Lupin n’apparaît que dans « L’île aux trente cercueils »; La Véronique, la plante, apparaît également dans le même roman, cultivée par Maguenoc ; et l’opérette Véronique, d’après Jacques Derouard, est vue par Lupin à Toulouse : Aurélie d’Astieux y joue (« La demoiselle aux yeux verts »). Soulignons enfin, que le terme « linge », propre à l’image de la sainte, n’apparaît qu’une seule et unique fois dans « Dorothée danseuse de cordes » et que ce « linge », imbibé de chloroforme, est appliqué sur le VISAGE de d’Estreicher…
Charles Cottet, 1911 : « Lamentation des femmes de Camaret autour de la chapelle brûlée de Roch'-Amadour »