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La Gazette de Rennes-le-Château ©

Issac Ben Jacob et son équipe ont recherché les liens entre l'abbé Bérenger Saunière et certaines sociétés secrètes. Ils en ont trouvé dans la proche région de Rennes-le-Château. Ses sociétés ne sont pas à confondre avec la franc-maçonnerie et sont contituées partiellement de prêtres.  (La rédaction)

 

Issac Ben Jacob, Sarah Fishberg, Jean de Niort, Grégoire de Retz,

Elisabeth Fermat

Interdictions et avertissements : "Il est formellement interdit de plagier, de modifier, de détourner des informations de ce texte et de prêter des intentions, ou des pensées aux auteurs sans leur avoir demandé leur avis préalablement. Ce texte est à caractère historique et n’a pas de but politique, ni idéologique.  On ne peut sur cette base conclure abusivement que les Manichéens sont des hérétiques, ou que ces derniers présentent un danger quelconque. On ne peut de même détourner le texte de son but, qui est celui d’informer, plutôt que de juger… Les courtes citations sont permises avec mentions des auteurs, et de l’étique que se sont fixés ces derniers. Le lecteur et le chercheur devront donc prendre en compte l’ensemble des éléments contenus dans l’article, sans sortir les éléments de leur contexte.   Tout abus sera dénoncé publiquement."

EROCRAS 

Premier Jour : Et l’ange du Seigneur vint devant nous et déclara : « Sonnez de la trompette autour de Rennes, parce que le jour du Seigneur est proche. Les chemins tortueux seront redressés et les raboteux seront aplanis. »

Il nous a été donné de voir s’animer par des images, des livres ou encore des allégories, la vie de cet abbé Saunière, sans toutefois pouvoir y jouer le moindre rôle ; comme projetée sur l’écran de l’Histoire, ou plus simplement sur celui de la vie humaine, cette œuvre cinématographique d’un nouveau genre nous a relégués au rang de spectateurs, de simples témoins d’une machination à laquelle nous sommes étrangers, et dont nous ne pouvons qu’ouïr l’écho subtil et percevoir le relief affaibli de ces visions. Depuis presque 50 ans, nous errons dans les méandres de ce labyrinthe d’hypothèses, prisonniers malgré nous de la fascination qu’exerce sur notre esprit ce « curé aux milliards ». Mais c’est par notre seule volonté que nous nous sommes plongés dans ce scénario machiavélique qu’on a laissé à notre vue. Car celui-ci cristallise nos angoisses les plus folles tout en satisfaisant notre besoin de rêve et notre volonté inconsciente d’ignorer la vérité. Mais quittons un instant le siège du spectateur fasciné et emparons-nous de la trame du film. Devenons tous ensemble les réalisateurs de cette fable terrible qui forge notre destinée ; comme si nous devions réécrire la vie de l’abbé Saunière, et la nôtre, effaçons image par image, heure par heure, seconde par seconde la projection à laquelle nous étions conviés. Que le diamant posé sur le disque quitte son sillon, que le son et l’image se désynchronisent, que la pellicule cinématographique trahisse le projecteur et défile à l’envers, que l’abbé Saunière, incrusté dans le faisceau de lumière qui couvre l’écran, rebrousse chemin, et revienne sur ses pas… Revenons en arrière, échappons-nous de cet enfer du virtuel, et que de notre esprit ne subsiste nulle trace du spectacle auquel nous venons d’assister…

Peinture représentant le tombeau d’Arles-sur-Tech. Remarquez la curieuse ressemblance entre cette représentation, et le tombeau d’Arques qu’aurait voulu figurer Poussin dans "Les Bergers d’Arcadie"… Ce qu’il faut savoir, c’est que le tableau de Poussin n’est qu’une représentation parmi d’autres d’une figuration d’un tombeau d’où jaillit de l’eau. En effet, qui n’a jamais vu sur des Bibles de la région de Stenay et de Lille, un ex- libris sur la page de garde montrant le tableau de Poussin, avec cette fois un tombeau d’où coule l’eau guérisseuse, et avec la mention : "sapientibus"…. Il ne s’agit pas d’un cas rare, car Guercino en 1618, et dans le livre du « Cueur d’amours espris » de René d’Anjou (1457), le tombeau est déjà associé à l’eau jaillissante. Aurait-on eu connaissance d’un secret touchant Arles-sur-Tech ?

Retour en arrière :
Que savons-nous de cet homme et de sa servante Marie Denarnaud à ce moment précis de l’histoire, au beau milieu de cette année 1898 du pontificat de Léon XIII ? Rien, car personne à cette époque n’a encore écrit sur le sujet ni même porté son attention sur la question qui nous occupe. Bien malin d’ailleurs celui qui aurait pu présager de ce que Saunière, post mortem, deviendrait l’objet de tant de vénérations et de touchantes controverses ! En cette fin de siècle, il n’y aurait guère eu qu’une affaire de miracle, ou les facultés visionnaires d’un quelconque illuminé pour attirer l’attention des journaux ou créer un début de polémique. Or un ecclésiastique d’un rang si peu élevé, et qui au demeurant ne se faisait ni le messager des puissances célestes, ni le prophète de quelque cataclysme imminent, ne pouvait en soi acquérir une telle notoriété. L’abbé n’est donc à cet instant qu’un prêtre de petite envergure, certes intelligent et familier de cette ambiance cathare qui caractérise si bien le sud de la France, mais terré dans une bourgade obscure du Razès. Aucune raison ne se présente donc pour que l’on tente d’extraire Saunière de son contexte, ou qu’on lui prête des relations « parisiennes », voire plus équivoques encore… La seule base que nous possédons, en cette année 1898, et qui touche au « mystère », se résume à ce qu’on peut lire dans les carnets de comptabilité de ce curé de campagne, de ce simple serviteur de Dieu : l’abbé reçoit alors des dons fort conséquents de plusieurs dizaines de paroissiens que rien ne semble distinguer des autres, de certains couvents, notamment celui de C., et de Castelnaudary ainsi que de prêtres des cantons avoisinants. Quelques noms reviennent cependant à intervalles réguliers, dont Guillaume et Barthélemy Denarnaud. Il fallait que Béranger Saunière apprécie grandement sa servante Marie, et qu’elle le lui rende bien, pour que ses proches s’empressent ainsi d’ouvrir leur bourse afin de soutenir financièrement le curé ! Car les sommes qu’on verse à ce dernier sont loin d’être minimes : il s’agit en général de 50 ou 60 francs-or, ce qui représente à l’époque des sommes considérables. Néanmoins, le plus mystérieux pourvoyeur de fonds reste indubitablement l’aumônier de Rennes-les-Bains, le sieur Justin Sarda. Non content de verser des sommes qu’il ne possède sans doute pas lui-même, et qui le mettent presque au premier rang des donateurs, ce singulier personnage semble associé dans les carnets de comptabilité à d’autres patronymes, comme si ce dernier récoltait le montant financier que d’aucuns avaient mis sciemment à disposition… Sarda Cuxac, Sarda Pons, Sarda Raynaud, Sarda Maupome, Sarda Cazaux, ce sont là quelques-unes des associations de noms que l’on peut observer dans la retranscription des carnets de Saunière (réalisée par Laurent Buchholzer, dit
Octonovo, que nous remercions du reste de son labeur). Etranges rapprochements qui ne se rencontrent pas pour les autres donateurs, ou si peu… Mais que sait-on de l’aumônier de Rennes-les-Bains ? Presque rien, sinon que celui-ci avait des relations confraternelles et même amicales avec l’abbé, et qu’il officiait à l’établissement thermal de la commune. Et c’est ici justement que commence le mystère : de façon furtive, presque anodine, notre attention se trouve attirée par la fonction qu’occupe Sarda : « aumônier des établissement de thermes de Rennes-les-Bains ». « Les thermes, les eaux guérisseuses », voilà le mot qui manquait et que depuis longtemps l’on voulait jeter sur la place publique, voilà le lieu interdit, le fleuron de cette histoire… Mais avant de naviguer dans ces eaux qui sentent le soufre, il convient de feuilleter encore un instant ces fameux carnets de comptabilité : En 1899 commence pour Saunière une nouvelle année financière : celui-ci revoit ses ambitions à la hausse, car les flux d’argent qui lui parviennent deviennent considérables, et empruntent un réseau qui est devenu, entre-temps, national. Les dons ne proviennent plus seulement des environs, ou du département des Pyrénées-Orientales, mais sont expédiés de toute la France, particulièrement des hôpitaux de Soissons et de Caen (Bon Sauveur). A bien des égards, 1899 paraît donc être une année charnière, et signe un tournant décisif dans la carrière de l’abbé. Celui-ci perçoit de l’argent en grosses quantités venu de Normandie et du Pas-de-Calais, dans des proportions excluant toute accusation de simonie. Des personnes qu’il n’a jamais vues, qui lui sont étrangères, et dont il est même sensé ne point connaître l’existence, se « sacrifient » financièrement et puisent dans les caisses de leurs couvents ou de leurs hôpitaux pour fournir une manne sonnante et trébuchante à cet obscur curé de campagne. Or l’année suivante, en 1900, le montant des dons s’amplifie une nouvelle fois, et s’élargit encore à Chartres, Lourdes, La Rochelle, Calais et Valence, outre les villes déjà citées. A partir de cette date, lors des premières années du vingtième siècle, le réseau des localités extérieures à l’Aude et aux Pyrénées-Orientales d’où l’abbé tire ses principaux revenus peut ainsi se répartir en deux groupes distincts : d’un côté le pôle Normandie et périphérie, avec Caen (Bon Sauveur), Rouen (les Soeurs de Ste Thérèse), Chartres (environ 10% des dons), et de l’autre le pôle Nord/Pas-de-Calais/Champagne, avec notamment Lille, Soissons (au moins 30% du financement de l’abbé), Troyes, Tourcoing, Douai, Calais, Amiens et même Bruxelles (ce qui est moins surprenant quand on sait que Léon XIII y fut nonce apostolique). A première vue, le plus insolite reste qu’un abbé perdu au fond d’un village ruiné reçoive, tel un saint méritant ou un illustre ermite, des offrandes monétaires non seulement de sa région, mais aussi de provinces fort éloignées de la sienne. Rien n’obligeait ces institutions religieuses à se montrer aussi libérales, en arrosant de leurs largesses un curé qui ne représentait en théorie que peu de choses… En aucune façon des intentions de messes n’auraient suffi à justifier pareil trafic, aussi régulièrement, et dans des proportions aussi considérables ; c’est d’autant plus vrai dans le cas présent, car qui demanderait à un curé dont il ne peut connaître la renommée, ni l’éloquence, ni l’intensité de la foi, de célébrer des offices en son nom – et ce à des centaines de kilomètres de distance ? Il ne s’agissait donc pas d’un trafic de messes, comme le souligne le procès que le Vatican intenta à Saunière en qualifiant ces agissements de détournement de fonds et d’entreprise collective… Mais déjà, et indépendamment des explications qui viendront ensuite étayer ce raisonnement, il est nécessaire de souligner un point d’importance : les localités du nord de la France dont Bérenger Saunière tire l’essentiel de ses revenus sont des zones de forte implantation manichéenne. Amiens tout d’abord, avec son labyrinthe qui prend tout le milieu de la nef (symbole, qui, comme nous allons le constater, est exécuté par des architectes de renom), et Soissons, dont les sectes de Cathares et de Manichéens sont identifiées dès le Moyen-Age, puis décrites dans Guibert de Nogent (De Vita Sua, Livre III, chap. XVII). De même, les agglomérations que mentionne Evervin, prévôt de Steinfeld, dans une lettre adressée à Bernard de Clairvaux, Tourcoing, Bruxelles, Lille, Douai, Calais, Troyes (ainsi que l’ensemble de la Champagne), sont critiquées comme étant des centres où sévissent une multitude de Manichéens (Continuat. Proesmonstrat., loc. cit. ep. Traject. Eccles. Ad Trid. Episcopus, et surtout Ep. Eccles. Leodiens. Ad Lucium Papa, Sur ceux de Cologne, Evervini. Patrologie latine de J.P.Migne, T. CLXXXII pp. 676-680).

Précisions historiques et théologiques sur l'idéologie de Manès et la filiation Chaldéenne des Templiers. Un complément indispensable pour comprendre l'historique et le pourquoi du financement en provenance du Nord de l'abbé Saunière http://www.france-secret.com/cathares_art.htm

Si rien n’est encore prouvé à ce stade, une seule constatation s’impose : une suspicion générale plane sur le financement de l’abbé Saunière, et un sentiment étrange s’en dégage, celui qui laisse voir un parallélisme anormal entre les localités donatrices, et les places Manichéennes du moyen âge… Au demeurant, cette impression s’amplifie lorsque l’on sait que le sud de la France, peuplé anciennement de Cathares (là justement où habitait Saunière), c'est-à-dire de ceux en qui les ecclésiastiques voyaient les descendants des Manichéens, n’était nullement la région première de cette vieille hérésie : Bossuet s’est d’ailleurs beaucoup interrogé au sujet des Cathares, et ce dernier rattache très justement l’hérésie Albigeoise ou Cathariote au Manichéisme dont elle garde les traits profonds, et la fait naître en Orient, d’où elle serait passé de la Bulgarie et l’Italie jusqu’au Languedoc. Rien n’est moins sûr en ce qui concerne la marche de progression de la secte. Il faut d’ailleurs reconnaître que le Manichéisme, s’il est passé par l’Italie, et plus précisément la Lombardie, s’est d’abord propagé, via les voies commerciales, dans le nord de la France. Le processus de dispersion des idées, est donc opposé à celui qu’indique Bossuet. « C’est au nord de la France, écrit M. Pfister [Pfister, « Etudes sur le règne de Robert le Pieux », Paris, Wieweg, 1885, p. 326], que l’hérésie se propage d’abord ; c’est là que des documents nous la font découvrir en premier lieu ; du nord, elle a gagné le midi de notre pays, […] enfin seulement, à une époque postérieure, on la trouve en Dalmatie. » Saint Bernard s’il n’ignorait point les agitations que les Manichéens suscitaient dans le midi de la France, s’adresse d’ailleurs plus particulièrement dans sa réfutation de l’hérésie à ceux du nord et de la région Champagne. Il convient aussi de noter que l’essentiel des informations dont il dispose ne vient pas du Languedoc, mais bien de la Flandre, des bords du Rhin, et des enquêtes réalisées à Cologne.
Le financement de l’abbé Saunière correspond donc en tous points aux zones de répartitions des Manichéens, qu’ils soient du Sud, ou du Nord de la France !
Mais ce qu’il importe de retenir en priorité, et qui trouve une singulière résonance dans cette histoire, se rapporte à la nature des membres des confréries de Manichéens : Aussi bien dans la chronique de St André Cameracens (III, ap.Mon.Germ.VII,540), que dans les lettres du prévôt de Steinfeld adressées à St Bernard, que dans tous les dictionnaires de Théologie, les Manichéens sont décrits comme tisserands, et descendants de tisserands. Ceci dans de telles proportions, que les ecclésiastiques désignaient les Manichéens par le seul nom de Texores, c’est à dire tisserands…

Or Saunière avait des rapports de confiance, et pourrait-on dire de fraternité avec l’abbé Sarda de Rennes les Bains (M. Octonovo le dit lui-même). Celui-ci lui donnait généreusement de l’argent, et récoltait semble-t-il des fonds supplémentaires pour l’abbé. Or Sarda était l’aumônier des thermes de Rennes-les-Bains, une ancienne commune de Manichéens. Ceci est attesté par un ouvrage : « Origine du nom « Verzeille » « D’après les recherches de S. Raynaud ».
Verzeille étant une petite commune située à moins de 12 stades de Rennes les Bains, il était aisé d’exécuter un rapprochement. Ainsi, outre le fait que la Mairie de ce village publie les résultats de ces recherches sur Internet ; grâce à ce matériel indispensable, nous savons que la zone comprise entre cette commune et Rennes était peuplée de Tisserands, que cela soit au Moyen-Âge, ou au XIX siècle. Ceux-ci sont des Texores, et dépendaient de la grande confrérie de Tisserands des Pyrénées Orientales, c'est-à-dire de « La Sanch » de Perpignan, et d’Arles sur Tech. Sarda en faisait-il partie ? Sans aucun doute, car cette même confrérie de Tisserands Gnostiques était gardienne des eaux thermales, eu égard son culte pour St Raphaël (Archange, et médecin par les eaux soufrées). Notons à ce propos que Sarda n’était pas un simple abbé, mais était attaché aux thermes de Rennes. Ce qui exclut une absence de rapport entre lui et la confrérie de Manichéens. A ce propos, il convient de même de souligner un autre point : Sonia Moreu, une ancienne libraire de Rennes-le-Château, interviewée par J. P. Pourtal (sur son site Internet), et qui a connu deux personnes de l’affaire, Madame Olive, qui avait rencontré l’abbé Boudet, et Abdon, le fils d’une sœur de lait de Marie Dénarnaud, déclarait ainsi que Saunière avait éduqué ce dernier. Abdon était donc un enfant proche de Marie Denarnaud, proche de cette famille qui participe tant, comme nous l’avons vu, au financement de l’abbé, et qui était en lien direct avec lui. Or cet enfant, selon de Sède, et d’après Sonia Moreu portait ce nom étrange en reconnaissance d’une guérison miraculeuse opérée grâce au tombeau d’Arles-sur-Tech (tombeau des Saints Abdon et Sennen). C'est-à-dire le même tombeau qui appartient à la Confrérie Manichéenne de La Sanch, d’Arles sur Tech, et de Perpignan. Il fallait ainsi que Marie Denarnaud, ou sa sœur de lait, ou sa famille ait une dévotion particulière et très viscérale pour ce tombeau, et pour la confrérie qui le garde, pour que l’enfant ait été confié un jour aux bons soins des officiants du culte d’Arles sur Tech ! C’est qu’Arles n’est pas si près que cela de Rennes le Château, surtout en ce XIX ème siècle où les voitures se faisaient rares !

Les saints persans Abdon et Sennen. Statues sises dans l’abbaye St Marie d’Arles-sur-Tech….

Mais qu’en est-il de Saunière, et de ses liens directs avec Arles-sur-Tech, et l’Archiconfrérie de La Sanch (hormis l’abbé Sarda, et son village de Tisserands)? C’est en 1886 que Saunière offre justement un calice de vermeil à l’abbé Grassaud d’Amélie les Bains. Ce geste n’a jamais été expliqué, mais il est par contre attesté, car le calice, lui, reste de cette époque et date du XIX siècle. Grassaud fut professeur au Lycée Saint Louis de Gonzague de Perpignan. (Or Perpignan est le siège de La Sanch !). Il devint ensuite prêtre d’Amélie-les-Bains, c'est-à-dire d’une commune thermale. (Encore !) [Sources : site Octonovo]. Mais Amélie n’est pas le véritable nom de cette commune qui se nommait anciennement Arles-les-Bains. Il faut dire que cette petite ville est l’ancien siège de l’abbaye bénédictine transférée à Arles sur Tech, et jadis fondée par le moine Castellan, originaire d’Espagne. Vers 778 ce moine avait édifié une celle près des sources d’eaux chaudes et en 881 [Mission 1881] celle-ci avait en effet été déplacée par Sunifred pour l’établir à Arles, où ce dernier avait aussi placé le célèbre tombeau de marbre blanc, et qui avait bien plus tard guéri par son eau miraculeuse le petit Abdon. Comme l’abbaye d’Arles-sur-Tech se trouvait primitivement à Amélie-Les-Bains, et que les deux communes ne sont éloignées que de trois kilomètres, il est évident que l’abbé Grassaud devait être officiant aux cérémonies de la confrérie Manichéenne de La Sanch. Cette Archiconfrérie régente en effet le culte des Saints Abdon et Sennen, organise toutes les cérémonies relatives aux Saints, aux fêtes du village, et à celles d’Amélie-les-Bains, de Perpignan, et des autres stations thermales… En tant qu’ancien siège de l’abbaye d’Arles, Amélie a d’ailleurs toujours gardé des liens avec Arles-sur-Tech, sa proche voisine, et bon nombre de malades en soins aux thermes demandent à l’aumônier, ou à l’abbé d’Amélie de les conduire au tombeau et aux manifestations de La Sanch…

Or donc le postulat de base est le suivant : Saunière connaissait Grassaud d’Amélie (qui devait faire partie de La Sanch), et semblait lui devoir quelque chose (Offrande du Calice), il s’est aussi occupé du petit Abdon, lui-même soigné à Arles par la confrérie de La Sanch, et enfin, habitait Rennes-le-Château et fraternisait avec l’abbé Sarda des Thermes, alors que la commune où ces deux personnages résidaient était de notoriété peuplée anciennement et actuellement de Manichéens Tisserands. La probabilité pour que Saunière soit lui-même Manichéen est donc très forte. Mais un point va emporter notre conviction définitive par rapport aux liens Saunière / La Sanch : C’est ainsi que nous devons souligner l’existence d’une étrange affaire, celle du monastère de Prouilhe. Tout commence avec la fondation de l’Archiconfrérie de La Sanch :
Saint Vincent Ferrier, infatigable prosélyte et dont l’éloquence, aussi enflammée que l’enfer, marqua beaucoup les esprits, vint par deux fois à Perpignan, en 1408, d’abord, puis en 1415, convié par le roi d’Espagne, Ferdinand d’Aragon, en son palais de Majorque.
C’est à cette période, qu’il fonda la Confrérie du Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ (La Sanch sous son autre nom) le 11 octobre 1416 en l’église Saint-Jacques. A cet effet il réunit les deux plus grandes confréries de la région, et les intégra à la nouvelle institution : celle des tisserands, très influente, et celle des jardiniers. Saint Vincent, quant à lui, avait parfaitement conscience d’incorporer des Manichéens Tisserands à sa confrérie, puisque son apostolat, rapporté, il va de soi, par les historiens, consistait à convertir justement les Sarrasins, les Manichéens, et les Cathares… Il prêchait d’ailleurs comme eux la fin du monde, les calamités des derniers temps, etc. A un tel point d’ailleurs qu’il est resté dans « l’imagination populaire » et selon le site web de « La Sanch » : "le prédicateur de la fin du monde". Or St Vincent était Dominicain, et fils spirituel de St Dominique. Sa famille religieuse avait ainsi une grande importance dans son esprit, et il faut bien remarquer que tous les Dominicains de ce temps avaient pour vocation de « convertir » les Manichéens Cathares, qu’ils soient d’Espagne, ou du Languedoc ! St Vincent, il va de soi, avait donc une grande importance au sein de cet ordre, car il avait réussi à incorporer aux institutions religieuses, et par le truchement des confréries, un grand nombre de tisserands dans l’Eglise.

Outre donc St Vincent, les Dominicains, c'est-à-dire l’ordre des Prêcheurs, supervisait cette noble institution qu’est La Sanch. Et, avant que cette dernière soit fondée, St Dominique, le patron de l’Ordre avait déjà été le promoteur d’un autre projet, celui du monastère de Prouilhe… Dominique était né à Caleruega, en Castille, et avait deux frères, dont l’un avait pour nom Manès, selon ce qu’accordent les historiens. En 1215, il arrive au sud de Toulouse, et fonde une celle à Prouilhe. C’est aussi l’occasion pour le prêcheur d’y réunir tous les Cathares de la région et de « tenter » de les convertir. En fait Prouilhe deviendra un centre important de réinsertion pour Manichéens et autres Gnostiques. Il existe donc une filiation non cachée entre Le monastère de Prouilhe, et La Sanch de Perpignan. Non seulement les deux institutions sont formées de Texores (nous avons vu ce que cela représentait), mais deux personnages de l’ordre des Dominicains en sont les promoteurs ! Or et c’est ici que nous obtenons la confirmation de l’appartenance de Saunière à La Sanch, et aux Manichéens, car Mgr Billard ami et évêque de l’abbé, en 1883 décide d’inaugurer à Prouilhe un pèlerinage chaque premier dimanche d’octobre. Ceci en mémoire du fait que Marie soit apparue à St Dominique en ce lieu et en commémoration des « premiers Cathares convertis ». En 1885, Mgr Billard tente de recueillir les fonds nécessaires pour ériger une église sur la crypte de St Dominique, et ce toujours à Prouilhe. Les Dominicains de Toulouse attribuent ensuite à M. Charles Saint Père et son fils, architectes, les travaux. Le plan : s’inspirer du Sacré-Cœur de Montmartre.

« Le 22 juillet 1886, la première pierre est posée et bénie par Mgr. Billard en présence de 3000 personnes au moins ». Mais les travaux doivent être interrompus à cause de malfaçons… C’est ainsi qu’en 1887, le Maître de l’Ordre des Prêcheurs, demande solennellement à tous les frères d’aider par leurs généreux dons « cette entreprise chère à la famille dominicaine ». Le pape Léon XIII se met de la partie, et pour montrer le bon exemple adresse une lettre à Mgr Billard le 29 janvier 1889 en lui demandant d’accélérer les travaux, et de prendre grand soin de Prouilhe. Le Pape, qui nous le rappelons possède ses armoiries sur l’église de Rennes (!), en profite pour léguer à Billard une somme astronomique pour l’époque : un don PERSONNEL de 10000 Francs-Or !
Il faut dire que Prouilhe est le berceau de l’ordre des Dominicains, et que St Dominique promoteur indirect de l’Archiconfrérie de La Sanch méritait bien cela. Remarquons toutefois l’apparition de Léon XIII, le don personnel fait à Billard, semblable à ceux des carnets de comptabilité de Saunière, et le lien direct entre Billard, Saunière, les Dominicains, La Sanch, et la commémoration à Prouilhe de la « conversion faite par l’Ordre des Prêcheurs des anciens Cathares ! » Tout est dit.

Le symbole de la confrérie des Tisserands de Prats- de-Mollo. Les Tisserands qu’on nommait autrefois Texores, c'est-à-dire Manichéens….

Béranger Saunière ne pouvait, comme nous l’avons vu, ignorer l’existence de l’archiconfrérie de La Sanch, et semblait à bien des égards lui devoir quelque chose (il offrira un calice à l’abbé Grassaud d’Arles les Bains), ou même en faire partie. Mais plus encore l’appartenance Manichéenne de cette communauté devait lui être présente à l’esprit, et s’il adhérait à celle-ci, cela ne pouvait se faire qu’en étant partie prenante de cette idéologie. Or non seulement l’archiconfrérie de La Sanch est formée à l’origine de tisserands, c'est-à-dire de ceux que les théologiens du Moyen-Âge nomment Texores, c'est-à-dire Manichéens, mais elle honore par l’intermédiaire du tombeau d’Arles-sur-Tech, des Saints eux aussi Manichéens… Abdon et Sennen. Pour nous en faire les témoins, il convient de retenir qu’en l’an 300 avant Jésus-Christ, la Voie Domitia était déjà la principale route reliant l’Espagne à Rome, et passait par Arles-sur-Tech. (Ville sise non loin de la frontière espagnole). Or précisément, on sait que les premiers Manichéens se sont répartis depuis Babylone jusqu’en Gaule, et jusqu’en Espagne par les grandes voies commerciales de l’Empire Romain, et après que celui-ci se soit incliné devant Shapor, roi des Perses. (Mort de Gordien III, et défaite contre les Perses de 260 ap. J.C). On peut ainsi dire que si Hannibal, en route vers l’Italie emprunta la voie Domitia, il en fut à l’identique pour les Manichéens venus de Perse. C’est ainsi qu’un moine nommé Castellan, émigra vers l’an 778 des terres d’Espagne pour venir fonder une celle à Arles-les-Bains. [Cette dernière cité deviendra bien plus tard Amélie-les-Bains, paroisse de l’abbé Grassaud.] Une communauté se forma, et des bâtiments s’érigèrent bientôt sur les ruines d’une villa Romaine. A ce qu’on en dit, la celle était déjà située sur ou à côté des sources d’eaux sulfurées, et contenait un tombeau vide, celui qu’on retrouvera quelques années plus tard à Arles. Mais en 881, (1881 mission) les moines décident de transférer la communauté à environ trois kilomètres de cette localité, et pose la première pierre de l’église abbatiale d’Arles-sur-Tech.

Selon les archives de l’abbaye, les moines emportèrent alors un sarcophage de marbre blanc, et le déposèrent devant la porte principale de l’édifice. L’abbatiale fut bientôt consacrée (1046), et même doublement puisqu’une deuxième consécration intervint en 1157. Or, entre-temps, Arnulf était devenu abbé (en 957) d’Arles sur Tech, et soucieux de la renommée de son abbaye, alla à Rome supplier le Pape de lui accorder d’importantes reliques. C’est au cours du Carême de l’année 960, et toujours à Rome, qu’Arnulf eut un songe. Il s’entretint avec le Pape, et celui-ci lui répondit que les visions qu’il avait eues pendant la nuit réclamaient par allégorie la présence des Saints Abdon et Sennen à Arles. Le pontife ordonna séance tenante que les précieuses reliques fussent apportées en procession. On alla donc les chercher dans les catacombes pontiennes, car elles dormaient en ces lieux depuis fort longtemps (bien qu’une partie des reliques soient déjà dans certaines églises). Arnulf s’en retourna prestement à Arles-sur-Tech, chargé de sa merveilleuse marchandise. Mais la chose étant d’un grand prix aux yeux de certains ecclésiastiques Romains et de quelques Manichéens du nord de la France, il ne prit possession que de la moitié des reliques, et fut contraint de donner l’autre à l’abbaye de Saint-Médard de Soissons (d’où le fait que le vénérable Saunière entretenait des relations plus que cordiales avec les divers groupes religieux de Soissons). Après un voyage « périlleux » et difficile, Arnulf parvint à Arles, le 24 octobre, jour de la fête de l’archange Raphaël, et c’est ce jour que l’abbé choisit pour jeter quelques os des Saints Abdon et Sennen dans le fameux tombeau, et que l’eau en jaillit miraculeusement. (24 OCT jour de l’archange Raphaël, c'est-à-dire celui qui agite les eaux guérisseuses, et qui bénit les eaux thermales). Or jusque là rien de bien curieux. Mais faut-il encore savoir qu’Abdon et Sennen sont deux Manichéens de naissance princière. Persans d’origine, et officiers de l’armée impériale de Shapor, ils ont participé à leur façon à la chute de l’empire Romain. C’est en effet que Shapor, roi des Perses, et désireux d’étendre son pouvoir sur Rome, fit un jour mouvement vers Antioche et la prit d’assaut. Gordien III (238/244) furieux, lança l’armée impériale romaine sur cet ennemi, et fit reculer les légions Perses. Enhardi de cette petite victoire, Gordien s’attaqua ensuite à Babylone, et captura les deux princes que nous connaissons : Abdon et Sennen. Or ces deux personnages étaient de grands amis de Shapor, et furent donc traités avec quelques égards. On leur permit même de se mouvoir librement, et de s’installer à Cordula en Perse. Mais bientôt on les accusa d’hérésie et on les soupçonna très vite de faire d’étranges rites sur les morts. Aussi furent-ils emmenés à Rome. Philippe l’Arabe étant parvenu à la magistrature suprême, et tout couvert de la pourpre impériale les fit relâcher quelques années suivant cet épisode. Son règne ne dura toutefois que peu de temps et Decius le remplaça bientôt. Ayant accédé au pouvoir, le nouvel empereur destitua le pape Fabian, qu’il trouvait quelque peu Manichéen, et lié avec trop d’amitié à Philippe l’Arabe (ou le Persan). Cet épisode passé, Decius s’intéressa de plus près à Abdon et Sennen qui se disaient chrétiens. Il les fit juger puis condamner par le Sénat, pour Manichéisme. C’était le 29 juillet 250, et les deux princes Perses furent menés au Colisée, et eurent la tête tranchée par les gladiateurs, avant d’être traînés autour de l’arène, et jetés au pied de la statue de Dieu. Pourquoi de telles accusations à l’encontre de ces « premiers chrétiens » ? L’explication est simple : Abdon et Sennen étaient des Princes Perses, amis intimes de Shapor, l’empereur de cette même contrée. Or Shapor, avait bénéficié en 242 d’une entrevue avec l’ineffable Manès, le maître incontesté de nos chers Manichéens. Shapor avait compris l’intérêt de cette religion, et savait que l’ancienne doctrine des Mages devait prendre de nouvelles formes et revêtir une apparence de Christianisme pour franchir les siècles, et enfin s’émanciper. Manès eut donc toutes les libéralités pour élargir sa communauté, sous l’égide de l’empereur (Shapor), et après quelques années de prêches, et d’apostolat, le Manichéisme devint la première religion de Perse. Ajoutons que Manès connaissait de longue date l’empereur, et les princes de Perse, car il s’était lié d’amitié avec ces nobles personnes lors de son premier prêche public, le 23 mars 240, au couronnement de Shapor. Il était donc exclu qu’Abdon et Sennen n’aient pas connu personnellement Manès, et ne soient de sa secte, d’autant qu’être « Chrétien à Babylone » en ce temps était impossible à moins de professer la foi Manichéenne… C’est ainsi que maintenant nous devons souligner le fait que l’abbé Saunière élevant et enseignant le petit Abdon, fils d’une sœur de lait de Marie Denarnaud, ne pouvait ignorer l’origine de ce nom étrange, et la petite histoire de ce Saint Manichéen. A moins d’être totalement incure, bien entendu ! Mais l’abbé aimait à parcourir l’histoire de son village et du Razès, et il serait fort dommage qu’il ait offert un calice de vermeil à l’abbé Grassaud d’Arles-les-Bains, l’ancien lieu du tombeau, sans savoir quelles raisons l’y poussaient !

Tombeau d’Arles-sur-Tech, des saints Abdon et Sennen

Mais si Abdon et Sennen étaient effectivement des Manichéens venus de Perse, et que leur culte est actuellement et depuis le XVème siècle perpétué par l’archiconfrérie de La Sanch, d’aucuns seraient tentés de souligner que la commémoration des ces reliques n’emporte point une survivance de l’idéologie de Manès. Or nous allons constater que les dépouilles d’Abdon et Sennen ne sont point parvenues seules à Arles-sur-Tech, et que certains symboles Manichéens, et Babyloniens sont eux aussi en grand honneur dans l’archiconfrérie de La Sanch. La symbolique et le culte Babylonien ne sont donc pas morts, et pourrions-nous dire, bénéficient même d’une vivacité peu commune en ces terres des Pyrénées-Orientales, et au sein de la communauté dont Saunière se sentait si proche.

Montrons-nous plus explicites, et portons donc notre regard sur le tombeau des Saints Abdon et Sennen. Ce sarcophage d’un volume de 330 décimètres cube, soit de près de 331 litres, reçoit sur son côté gravé, un emblème, qu’on suppose à tort être un khi (X) coupé d’un iota, nommé Rho (I). Les spécialistes concluent ainsi que le symbole confesse l’appartenance chrétienne du corps anciennement contenu dans le tombeau, et signifie « Christos » ou « Ichtus ». On date de même le sarcophage de l’an 260. Or nulle croix ne se voit sur le tombeau, et rien ne permet d’être autant catégorique sur l’appartenance chrétienne de l’insigne portée dessus… D’ailleurs il ne s’agit point d’un Khi et d’un Iota, mais d’une croix Ansée, autrement nommée Tau. Ajoutons que l’archiconfrérie de La Sanch connaît fort bien ce symbole, et atteste comme nous le verrons de sa signification et de son origine par l’usage qu’elle en fait. [Flash Back history] Il convient ainsi de jeter un œil attentif sur ce symbole et son origine, le Tau, pour constater ensuite qu’il est devenu l’un des emblèmes les plus significatifs de notre confrérie bien-aimée.
Le Tau ou Croix Ansée est selon l’opinion la plus commune, originaire d’Egypte. Or il s’agit bien là de l’opinion commune, et non de celle des experts qui ne se sont nullement trompés en lui attribuant plutôt Babylone comme patrie. Cette figure archaïque présente en effet un grand nombre de variantes, qui elles-mêmes ont évolué au travers du temps. C’est ainsi que l’impétrant novice, devant cette diversité inattendue, et les métamorphoses du symbole, ne peut ordinairement lui donner une origine déterminée, ne sachant exactement qu’elle fut la forme première de ce signe.
Il est d’ailleurs fort commun de confondre le Tau dans sa forme ancienne avec le monogramme du christ, IX, imbrication de deux lettres grecques. Mais, le Tau est en réalité une représentation graphique de la triade Persique, c'est-à-dire du Mihir, l’un des emblèmes les plus anciens au monde. Ce dernier représente une colombe blanche aux ailes déployées, superposée à une figure humaine centrale qui serait celle de Baal. Le tout adjoint dans sa partie centrale d’un cercle en forme de couronne.

MihirLe Mihir. Les deux appendices représentent les pattes de la colombe, et la couronne deviendra plus tard l’ovale du Tau.

Or, ce qu’il convient de savoir justement, c’est que le Mihir a fait l’objet au travers des siècles d’un traitement graphique particulier. Celui-ci a été réduit, simplifié, et enfin exprimé soit par l’écriture cunéiforme, soit par le signe que nous connaissons actuellement : le Tau.
M Félix Lajard se faisant l’écho de M Letronne, tous deux membres de l’Académie Royale des Inscriptions, déclarait d’ailleurs : « certains cylindres persans représentent la croix ansée, mais la croix ansée persane est de beaucoup plus ancienne et plus archaïque que celle égyptienne. » « Lorsque, sur les cylindres assyriens, nous voyons devant deux mages, une croix ansée, et dans la main de l’initié, du novice, le symbole intermédiaire entre cette dernière et le tétragramme cunéiforme, ne sommes-nous pas tentés de supposer que cette transformation entre le signe et l’emblème de la triade divine, était le sujet d’un enseignement que l’initié recevait des mages ? »

Transformations progressives du tétragramme cunéiforme en Tau babylonien.

Or ce tétragramme cunéiforme n’est autre que la représentation écrite de la triade divine personnifiée par le Mihir. Ce Mihir des anciens Perses aurait ainsi pris la forme d’un ensemble de 4 caractères cunéiformes Babyloniens, dont la particularité aurait été de s’être ensuite modifié en un Tau. Félix Lajard soulignait de même ce point en ajoutant que « Les diverses observations désignent l’Asie comme patrie de la croix ansée. Cette dernière nous reporte vers une contrée, celle des sanctuaires Chaldéens, à une époque très reculée. L’Egypte, dans la question de l’invention du Tau, peut-elle revendiquer la paternité du symbole ? Une longue étude des monuments d’Asie m’a conduit à découvrir entre ce même Tau, le tétragramme cunéiforme assyrien, et l’emblème de la triade persique, un rapport certain. » C’est ainsi qu’il faut conclure en la préexistence du Tau Perse sur celui plus récent Egyptien. Mais plus encore, nous devons insister sur le fait que le Tau est associé dès son origine (Babylone) à la Colombe, dont il se fait par ailleurs la représentation. (En tant qu’expression synthétique du Mihir.) Au demeurant il faut bien souligner l’appartenance de ce symbole aux rituels d’initiation Chaldéens. C'est-à-dire son lien évident avec la religion des mages Chaldéens, dont nous savons qu’ils furent les promoteurs du Manichéisme, et les maîtres de Manès. La religion des Mages s’étant revêtue des apparences du Christianisme (étude sur les Manichéens, Issac ben Jacob, sur France Secret), il était normal qu’elle n’abdiquât point ses symboles, que l’on va ainsi retrouver dans la Confrérie de La Sanch et sur le tombeau d’Arles-sur-Tech… [Sur l’origine Chaldéenne du Tau : Félix Lajard : « Ainsi, la croix ansée semble se rattacher à un système d’iconographie pratiqué chez les Chaldéens d’Assyrie. Cette croix se lie plus encore à un système d’écriture en usage chez les Assyriens et dont les Chaldéens furent les inventeurs. »]

Sur la question de la récupération et de l’usage par l’Archiconfrérie de La Sanch de ce symbole, (Le Tau) il faut tout d’abord approfondir un point : Dans les régions d’Egypte ancienne, le Tau se fait concept de purification lustrale, il en est l’esprit. En somme le Tau est l’allégorie d’une cérémonie baptismale, par ailleurs identifiable visuellement, car sur un nombre important de figurations égyptiennes, sont dépeints des vases d’où s’écoulent de l’eau, et un torrent de Tau. Or à Babylone, les Chaldéens recevaient de même un baptême lustral et de façon plus remarquable encore, les représentations que nous en avons, sont assorties de vases d’où jaillit de l’eau, et des Tau cunéiformes. Ajoutons à cela que la colombe, type primaire du Mihir, et de la triade Persique (qui donnera plus tard le Tau) est aussi utilisée dans les figurations sur fresques, ou cylindres pour les cérémonies d’initiations lustrales, et baptismales. Il est ainsi permis de dire en suivant M Félix Lajard :

 

A gauche, Tau apposé sur le tombeau d’Arles-sur-Tech. A droite, Tau perse primitif retrouvé sur une médaille de l’époque de Cyrus. A noter que la sorte de couronne entourant le Tau du tombeau est identique à celle que l’on rencontre sur les représentations du Mihir…

« Par là nous acquérons la preuve que chez les Chaldéens, les Assyriens, et les Perses, l’acte du baptême emportait avec lui l’idée d’une purification rendue efficace par l’intervention d’une triade persique et du Tau. »
L’idée principale que l’on doit ici retenir, peut ainsi se résumer à faire une analogie radicale entre le Tau, la Colombe, et l’eau, particulièrement celle qui soigne, ou la thermale. Or justement le tombeau des Saints Abdon et Sennen porte ce signe, ce Tau primitif, et est réputé guérir de certaines maladies par l’opération de son eau miraculeuse. Une bénédiction de l’archange Raphaël venue de Perse et des Maîtres Chaldéens… Mais allons plus loin encore dans l’analyse que nous faisons de la fréquence avec laquelle l’Archiconfrérie de La Sanch utilise ce symbole Babylonien :

A l’époque de la procession organisée par la Confrérie de La Sanch en commémoration des Saints Abdon et Sennen, les participants brandissent une croix en forme de Tau et la promènent par toute la ville d’Arles-sur-Tech. Nous voyons ici une photographie de ce Tau, où l’on peut observer l’étrange cercle dans lequel anciennement on enroulait de la cire en spirale. (Symbole de labyrinthe.) Une seconde photographie montre une autre croix Ansée, avec toujours le même cercle au-dessus du trait central de la croix, mais avec la stupéfiante particularité de posséder une petite patte latérale caractéristique d’un Tau primitif et Babylonien. Les dates sont celles de la fondation de l’Archiconfrérie de La Sanch… et le labyrinthe en spirale est toujours présent dans le cercle.

A gauche, Tau de cérémonie situé dans l’abbaye d’Arles-sur-Tech. A droite (2ème figure), Tau primitif babylonien situé dans une rue d’Arles, à côté d’une statue. Remarquez la patte étrange au pied de la croix. Elle est caractéristique de la troisième figure, qui elle, est un Tau retrouvé sur un manuscrit gnostique en Egypte ! Enfin, petite statue dans une autre rue d’Arles, et portant toujours le même Tau, et muni d’une même patte au pied du trait principal de la croix.

Maintenant il est enfin permis de révéler ceci : Arles-sur-Tech peut être traduit par Arles Sur Tau. Car son symbole étant le Tau baptismal, celui d’où coulent les eaux guérisseuses, il était aisé d’appliquer ce symbole au parcours qu’emprunte le Tech, ce torrent (Les eaux tueuses comme le nomme Boudet dans son « Du nom De Narbonne » !) qui passe à Arles et Amélie-les-Bains. Il faut noter qu’au point de vue hydrographique, les Pyrénées Orientales (Elles portent bien leur nom !) présentent des particularités intéressantes. Parmi lesquelles trois grandes rivières, l’Agly, la Têt, et le Tech, qui se jettent dans la méditerranée après un trajet quelque peu chaotique. Or le Tech (Le Tau) traverse la contrée appelée le Vallespir, la vallée sauvage, qui a des allures de jardin d’Eden (Avec le Serpent). Il prend sa source par plusieurs petits rameaux au pied de la Eoque-Colomb (symbole du tau !) et presque à la limite de l’Espagne. Eoque-Colomb, voilà ce qui fait du Tech, la rivière sacrée. Car n’oublions pas que le prototype primitif du Tau, le Mihir, est une représentation de la Colombe !

 

Quatrième jour: Et l’ange du Seigneur vint devant nous et déclara : « Sonnez de la trompette autour de Rennes, parce que le jour du Seigneur est proche. Les chemins tortueux seront redressés et les raboteux seront aplanis. »

Quittons cette merveilleuse ville qu’est Arles sur Tech, et penchons-nous un instant sur les écrits du Sieur Boudet. Celui-ci nous parlera lui-même de ce que nous cherchons depuis si longtemps, et d’un symbole qui lui aussi est originaire de Perse et des Chaldéens, avant que de devenir l’attribut des Manichéens : le Labyrinthe.
Extrait de « La Vraie Langue Celtique », de Henri Boudet, relatif aux labyrinthes (pp. 83-84-85) [extrait décodé]

« Quoiqu'il paraisse indispensable, en parlant de l'Afrique,
de s'occuper des Egyptiens, cependant nous laisserons de
côté et leurs monuments et la longue liste de leurs rois. Le
Labyrinthe égyptien et Mesraï m, premier [1]roi du pays, nous
arrêteront à peine un instant. Mesraï m, second [
Ra(ï) m Sec] = [RaMSes, dont le tombeau est découvert en 1881] fils de
Cham ( !), nous offre une preuve de la sûreté et de la véracité
des affirmations de Moï se dans (sedan ? [se dans]) le dénombrement des chefs
de peuple issus des trois fils de Noé et dans les établissements
qu’il leur attribue, affirmations qui sont une base
scientifique inébranlable. Mesraï m est célèbre comme premier
roi d'Egypte : il mérite néanmoins d'être autrement signalé
à cause d'une fantaisie architecturale léguée par lui aux
siècles
– 84 –
futurs et dont ceux-ci, dans leur ingratitude, ont oublié l'auteur.
Les anciens avaient bâti en différentes contrées certains
monuments appelés labyrinthes, et les plus renommés
étaient celui de Crète attribué à Dédale, et celui d'Egypte,
dont le savant architecte était demeuré inconnu. Hérodote
fait du labyrinthe égyptien l'oeuvre de douze rois, tandis que
Pline pense que Tithoès seul doit en revendiquer la gloire.
D'après la description faite par Hérodote de cet édifice,
douze palais étaient enfermés dans une seule enceinte.
Quinze cents appartements, mêlés de terrasses, étaient disposés
autour de douze salles principales, et les communications
étaient ménagées de telle sorte, que ceux qui s'engageaient
dans le palais étaient impuissants à en retrouver la
sortie. Il y avait encore quinze cents (1500) appartements souterrains.
Cette construction était-elle un monument consacré au
soleil, comme Pline semble le croire, ou bien était-elle destinée
à la sépulture des rois ? N'était-ce pas plutôt un caprice,
une fantaisie d'un architecte habile (
architecte de renom) dont les hommes
avaient perdu le souvenir ? Mesraï m seul peut nous mettre
sur la voie et nous montrer l'issue de ce labyrinthe d'hypothèses,
en avouant qu'il est bien l'auteur de cet édifice
étrange, formé de longues rangées d'appartements, et dû à
une fan-taisie,[
Thésée]
– 85 –
taisie à un caprice de son esprit – maze (méze) labyrinthe,
ou bien encore to maze(mazdéen ?) (méze) égarer, embarrasser, [
emb-Arras-ser]– row
(rô) rangée file, – whim (houim), caprice, fantaisie.”


Il va sans dire que ce texte est fort mal écrit, et que les défauts de syntaxe et d’orthographe ont été longuement médités. Mais la question qui nous occupe actuellement peut se résumer à ceci : pourquoi Boudet parle-t-il du Labyrinthe et de son origine dans un ouvrage qui a priori ne concerne que la langue celtique, et la région de Rennes-les-Bains ? Il n’y avait aucune utilité à cela, d’autant que détailler l’origine de cet étrange symbole obligeait l’abbé à des détours par l’Egypte, et à soulever certains aspects historiques plutôt dérangeants. Il est d’ailleurs curieux de constater la stupéfiante ressemblance de notre enquête, et des propos tenus par Boudet. Il nous a en effet été donné de parcourir en peu de lignes la question épineuse de l’origine du Tau. Ceci dans un cheminement intellectuel qui nous a fait passer des Manichéens de La Sanch, à Arles-sur-Tech, puis enfin par l’Egypte, et Babylone. Or l’abbé choisit une tâche difficile, celle de ne point choisir le dédale de Thésée pour son exposé sur le Labyrinthe, mais de regarder vers l’Egypte, patrie de transition du Tau, et de ce symbole. L’abbé connaissait-il la véritable origine de ce signe ? Certainement, d’autant que sur l’une des photographies d’Arles-sur-Tech que nous présentons au sujet du Tau, il est clairement visible que la partie supérieure du symbole reçoit une sorte de Labyrinthe spiriforme. Le même que l’on retrouve en Egypte sur certains bas-reliefs, et surtout en Perse, dans sa forme de spirale. Mais y a-t-il un fondement au texte de l’abbé Boudet ? C'est-à-dire, y a-t-il une base historique à cette affirmation que le Labyrinthe soit né ou ait transité dans des temps anciens par l’Egypte ? Nous pouvons affirmer que oui… L’une des plus anciennes descriptions de Labyrinthe est celle due au géographe Strabon qui, semble-t-il, visita cet édifice long de 300 pas et large de 240. La construction s’élevait jadis sur les bords du lac de Moeris, non loin de la pyramide de Hawara construite par Amenemhat III. Or le texte de Boudet est une adaptation de celui de Strabon : « J’ai regardé le lac Moeris, j’ai vu dis-je ce labyrinthe qui ne cède en rien aux pyramides. Il est construit comme un palais de douze parties ; chacune d’elles comprend un nombre égal de pièces, maintenues par de lourdes colonnes. On ne peut compter les allées couvertes, car elles s’emmêlent devant leurs façades, et des couloirs sinueux s’entrecroisent à l’infini. Aucun étranger n’y peut trouver son chemin, ou en sortir s’il n’a reçu le chemin d’un guide. Le plafond de chaque pièce est fait d’une seule pierre, et les galeries sont couvertes par des blocs énormes. » Diodore de Sicile assure quant à lui que le labyrinthe Crétois n’était qu’une copie de celui d’Egypte. « Dédale avait imité l’enchevêtrement du Labyrinthe d’Egypte, construit par le dieu Mendès, ou selon d’autres par le roi Marro. » Boudet n’était donc pas un ignorant car on serait tenté de dire que pour la rédaction de son ouvrage sur la vraie langue celtique, il eût été infiniment plus aisé de s’attacher au Labyrinthe Crétois qu’à celui d’Egypte. Il fallait donc une intention bien particulière et une volonté pleine d’intelligence de la part de l’abbé pour utiliser dans son livre ce Labyrinthe, et pour souligner quelque chose de précis. Or c’est en Egypte que les Antiquaires en curiosités archéologiques ont pour la première fois décrit le Tau, et se sont aperçus que celui-ci gardait dans sa forme quelque chose d’Asiatique et pour tout dire de Persan. En serait-il de même pour le Labyrinthe ? Cela semble vraisemblable, d’autant que ce monument d’Egypte décrit par Strabon est plus récent que le plus vieux Tau enregistré dans cette même contrée. Si le Tau, symbole Chaldéen est parvenu en Egypte, alors que son origine était en Perse, à Babylone, la logique voudrait que le Labyrinthe puisse de même être apparu sur la terre des pharaons par l’opération d’une immigration de Persans venus de Babylone, ou d’Assour. Posons donc cette question : Le Labyrinthe serait-il à l’image du Tau, issu de la noble religion des Chaldéens, et en ce cas pourrait-il appartenir aux Manichéens leurs successeurs? Dans un premier temps, il faut rappeler les écrits de François Colonna. Celui-ci, dans son ouvrage imprimé à Venise en l’année 1499, raconte l’histoire étrange de Poliphile, qui dans un songe s’émerveille de contempler un labyrinthe dont le porche supporte ces quelques lettres : Thespion. Il faut ici entendre par ce mot, la destinée. Or ce labyrinthe possédait une unique voie, un seul chemin pour le parcourir. Pour parvenir au centre il fallait en outre passer 7 tours, et 7 rivières enroulées toutes ensembles. C’est ainsi que le jésuite Tiraboschi, s’interrogeant au sujet de ce songe, en tira cette conclusion surprenante : « Heureux celui qui parvient seulement à savoir dans quelle langue est écrit ce labyrinthe. On y voit un confus mélange d’histoire, d’antiquités, avec le plus curieux entassement de mots, d’idées arabes, chaldéennes, lombardes ! ». Tiraboschi n’avait-il pas en tête la possible origine Chaldéenne du labyrinthe ? A la vue de ce songe, ne lui était-il pas revenu à l’esprit que ce symbole pouvait être attaché aux lombards, c'est-à-dire à ceux parmi lesquels un grand nombre de Manichéens séjournaient ? Mais il n’était pas sans ignorer que St Hyppolite dans sa « Réfutation de Toutes les Hérésies » avait recueilli un psaume gnostique Naassénien, qui décrivait le parcours d’un labyrinthe mystique. Il n’est donc pas question ici de discuter de l’origine de ce signe. Mais bien plutôt d’essayer de comprendre en quoi l’utilisation de ce symbole par Boudet est révélatrice des aspirations secrètes de Saunière, et de ses liens avec un certain milieu… Tout d’abord, et à la façon d’une introduction, il convient de se rappeler que la tombe de Blanchefort portait une araignée gravée dessus. Or Fulcanelli dans son « Mystère des Cathédrales » écrivait ceci : « Ariane est une forme d’airagne (araignée), par métathèse de l’i. En espagnol, Ñ se prononce GN ; (araignée, airagne) peut donc se lire arahné, arahni, arahgne. » D’où l’auteur en concluait que l’araignée pouvait symboliser en terre Hispanique le fil d’Ariane, et par delà, le Labyrinthe. A noter que le « terribilis est locus iste » n’est autre, pour Paul de Saint-Hilaire, que l’antienne de la dédicace gnostique du labyrinthe…

Portrait de l’abbaye d’Arles-sur-Tech. Il s’agit d’une représentation de la résurrection du Christ. Remarquez l’analogie d’idées entre le tombeau des saints Abdon et Sennen, et celui du Christ. L’eau qui sourd du tombeau d’Arles serait une allégorie du Tau, mais aussi de la résurrection. Or le Tau dans l’Egypte ancienne signifiait « nouvelle vie ». De même, il est ici curieux de voir à côté du sarcophage du Christ, deux autres tombeaux, l’un à gauche, sous le soldat, et l’autre à droite, et de même… Y aurait-il un rapport avec la maquette de Saunière, ou la maquette serait-elle un montage postérieur, et informatif, en relation avec quelque chose qui existait vraiment ? En tout, il y aurait donc trois tombeaux….

Le symbole est donc présent, tout au moins par allégorie. Mais commençons sur le chemin des choses sérieuses : Non seulement on trouve le Labyrinthe apposé sur le Tau d’Arles-sur-Tech, mais on le voit aussi sur le pavement de certaines églises françaises. Or elles sont peu nombreuses ces églises, à porter ce signe antique ! En effet il n’y aurait guère que les cathédrales d’Amiens, d’Arras, d’Auxerre, de Bayeux, de Caen, et de Chartres, Guingamp, Orléans, Poitiers, Reims, St Omer, et Sens pour posséder un labyrinthe soit dans le pavement, soit dans une pièce fermée au public… Pour la France entière, on peut dire que le signe n’est pas courant, et qu’il est révélateur pour la localité qui le contient, d’un passé plutôt mouvementé. Notons d’ailleurs les localités : Guingamp, lieu de passage et d’implantation de « La Sanch » et de St Vincent Ferrier, Caen, idem, Bayeux, idem, Chartres dont nous savons grâce aux carnets de comptabilité que Saunière recevait de l’argent, Orléans, décrit comme centre d’hérésie Manichéenne dès le XI ème siècle, Amiens, Arras, St Omer, Chartres, Auxerre, idem ! L’affaire n’était pas très compliquée à comprendre, il fallait simplement s’interroger sur la cause, et les points communs reliant les organismes et localités dont l’abbé percevait des fonds… Mais reste deux points à éclaircir : L’un a rapport avec le premier évêque de Saunière, l’autre avec les Templiers.

1/ Monseigneur Leullieux, dont les armoiries sont inscrites sur l’église de Rennes-le-Château, est né à St Omer, c'est-à-dire qu’il baignait depuis son enfance dans cette ambiance de Labyrinthe. (Pour ceux qui peuvent comprendre, car St Omer possède un Labyrinthe). La possibilité d’une initiation n’est donc pas à exclure, surtout si l’on prend en compte l’hypothèse où ceux qui ont construit le Labyrinthe de St Omer, peuvent fort bien avoir des successeurs toujours en place en ce XIX ème siècle… C’est ensuite qu’il devint vicaire général du diocèse d’Arras. Une étrange coïncidence, car Arras possède aussi son Labyrinthe, et fut de même le siège d’une communauté d’hérétiques du Moyen-Âge… Enfin l’évêque fut nommé à Carcassonne par décret du 16 décembre 1872. C’est en ce temps qu’il rencontre Saunière, et qu’il veille sur l’église du curieux abbé. Mais une chose reste encore à préciser : Leullieux fut à cette époque chanoine d’honneur de Perpignan, et il lui était impossible de ne point connaître l’Archiconfrérie de « La Sanch », car cette dernière règne en maître sur l’Eglise St Jacques, et étant chanoine d’honneur de cette église, la plus importante de Perpignan… (Vapereau, dictionnaire des contemporains, 1893).

2/ Second point, les Templiers de St Omer, de Troyes, et du Nord…
Quel personnage a construit le Labyrinthe de St Omer ? Celui qu’a sans doute contemplé Leullieux pendant son enfance, ou lors des cours de catéchisme auxquels il assistait ? Nous citerons à nouveau le très vénérable Paul de Saint-Hilaire, dans son ouvrage « L’univers secret du Labyrinthe », aux éditions Laffont. Cet extrait suffira, sans plus de commentaire, à faire la lumière et sur Gisors, et sur le lien unissant les Templiers, les Manichéens à Leullieux : « Ainsi, à cinq lieues de Saint-Omer et de son Labyrinthe sous le tapis, Arnold de Gand, comte de Guînes, avait fait construire pour son manoir d’Ardres un de ces jeux étranges, dont le chroniqueur Lambert nous a laissé la description. L’inextricable enchevêtrement de ses parois et couloirs était l’œuvre d’un maître charpentier flamand prénommé Louis et originaire de Bourbourg, au service, à ce que l’on sait, de ces mêmes chanoines de Saint-Omer qui avaient pris tant de part à la création de l’ordre du temple, comme à celle du Labyrinthe de l’abbatiale Saint Bertin, prototype de celui de la cathédrale. L’un de ces St Omer, Hoston, beau-frère du comte de Guînes et templier lui-même, ayant trahi Louis VII à Gisors, avait gagné provisoirement l’Angleterre où il avait été élevé à la dignité de maître de son ordre pour ce territoire en même temps que conseiller privé du roi Henry II Plantagenêt. C’est pour le compte de ce souverain qu’il aurait fait édifier devant le donjon de Woodstock une maison dédalus, un Labyrinthe. » Nous venons de faire une danse des grues s’il est permis de s’exprimer ainsi, car d’un même coup, Gisors, Leullieux, et le Labyrinthe viennent de trouver leur explication, le tout téléguidé à distance par « La Sanch de Perpignan », ou plutôt l’inverse… Or il nous a été donné de constater que les Labyrinthes étaient édifiés soit par des gnostiques, soit par des Manichéens, soit par les Templiers.
Donc qu’en est-il de l’origine des Templiers, et de leur implantation en Champagne, et particulièrement à Troyes, où Bérenger trouvait aussi dans cette ville (selon les carnets) de généreux donateurs ?

A gauche un symbole retrouvé à Prats-de-Mollo, prés d’Arles-sur-Tech. A droite, un symbole de type Tau Gnostique retrouvé en Egypte. Remarquez la similitude exacte entre le « A » et les deux traits l’entourant dans la figure de gauche, et le « A » et les deux traits l’entourant de même dans la partie basse de la figure de droite…

C’est en 1239 que des flammes s’échappent tragiquement de la colline envoûtée du Mont-Aimé, au cœur de la plaine Champenoise, et non loin de Vertus. Juché dessus, et entouré d’arbres de haute taille, un château brûle et regarde la plaine où les évêques assemblés se rient de lui. La mère de Thibaud IV, comte de Champagne l’avait fait construire, l’année même où on décidait d’édifier la cathédrale de Reims, et son Labyrinthe.
Mais en cette année 1239, ce sont les Manichéens qui l’habitent, et qui sont l’objet des flammes. Aubri de Trois-Fontaines, moine cistercien et rédacteur de la chronique universelle nous a laissé le récit de ce crime atroce:
« la semaine qui précédait la Pentecôte, le vendredi eut lieu un très grand holocauste. Pour apaiser le Seigneur, on brûla des « Bulgares », des Manichéens. » « Quant à ce que croient et affirment ces hérétiques qui tirent leur origine de Manès, quant aux pratiques auxquelles ils se livrent en secret, il n'est pas nécessaire de le publier au grand jour tant elles sont nauséabondes et horribles, et au milieu des autres elles ont une telle mauvaise odeur que les gens sages les découvrent même à leur puanteur. » « Ils sont tous assemblés pour les condamner, le roi de Navarre, les barons de Champagne, et 16 évêques, ceux de Reims, Soissons, Tournai, Cambrai, Arras, Saint-Omer, Orléans, Troyes, Langres. » « Tous n'assistèrent pas au supplice. Mais au cours de la semaine, alors que se poursuivaient les interrogatoires, les uns arrivaient, les autres repartaient ». « On pense désormais que ces hérétiques sont d’une secte du IV ème siècle, et que Fortunat, prêcheur Manichéen chassé d’Afrique en 391, était jadis leur chef. »

« Fortunat a jadis rencontré Widomar, un chef de troupe, et est venu occuper la place de Mont Aimé avec lui. » Ajoutons à ce témoignage d’époque, ceci, dont le contenu est encore plus troublant : (Lettre de l’évêque de Liège au Pape – 1144) « Ils ont été arrêtés, découverts, et ont avoué. Selon les renseignements recueillis près de ceux que nous avons, toutes les cités du royaume de Gaule et du Nord sont en grande partie contaminées par le poison de cette erreur. Ils viennent tous depuis Mont-Guimar, Mont Aimé, qui est le nom d'un certain village de France, il est bien connu que de là, une hérésie a déferlé à travers les différentes parties des nations ». Notons une fois de plus l’absolu parallélisme entre les évêques présents au supplice de Mont Aimé, et les localités qui donnaient généreusement de l’argent à l’abbé Saunière. Pourquoi avoir invité ces évêques aux interrogatoires des Manichéens, s’ils n’étaient concernés de près par l’hérésie, et que leur diocèse était sous l’emprise de quelques groupes occultes ? Rappelons-nous de ces noms, sur la foi des écrits de Aubri des Trois Fontaines : « 16 évêques, ceux de Reims, Soissons, Tournai, Cambrai, Arras, Saint-Omer, Orléans, Troyes, Langres »
Mais comme il nous a été donné de le souligner jadis, les Templiers ne sont-ils pas originaires de Champagne ?
A tous, paix, et fraternité ! Car le Manichéisme est une religion de tolérance, et d’une particulière finesse. Beaucoup de choses que nous admirons leur sont dues, et par ces édifices majestueux, les Cathédrales, la Musique, la Peinture, tout l’univers rend hommage à ces grands constructeurs !

Précision sur la Champagne et les Templiers : http://www.club.fft.fr/esbt/MontA.htm


A gauche, l’une des représentations du Tau les plus anciennes de toute l’Egypte. On voit clairement que le Tau égyptien garde le caractère cunéiforme du tétragramme babylonien, et du signe symbolisant le Mihir de la triade divine des Perses et des Chaldéens…

La figure « 1 » représente le schéma du jardin du cloître de l’abbaye St Marie d’Arles-sur-Tech. Le dessin est celui du Tau, avec cette particularité que les deux pattes de la colombe du Mihir (origine du Tau) sont désignées par les deux traits bleus de la figure ici présente. Un ruisseau coule en effet à cet endroit, et longe les deux traits désignés par la couleur bleue sur le graphique… Le dessin numéro « 2 » est celui du jardin d’un cloître dit « normal ». Les figures « 3 » et « 4 » représentent quant à elles l’emblème de la ville d’Arles-sur-Tech. On voit très nettement un « S » superposé à une croix Ansée, dite Tau, et qui garde curieusement sa patte horizontale typique de ce qu’on observe sur certains manuscrits gnostiques d’Egypte. Il est de même observable que la « croix » reçoit deux appendices de couleur noire, et qui anciennement se faisaient la figure à Babylone, tant dans l’écriture cunéiforme, que dans le symbole du Mihir, des pattes de la colombe !

A vous de deviner en quoi ce symbole est lié aux eaux baptismales et au Tau. Une astuce : le groupe secret qui utilise cette figure pratique la décapitation rituelle….

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Lire une étude complémentaire "Pax à Prats-de-Mollo" !

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