Jean-Luc Robin est décédé ce mercredi 12 mars 2008 vers 4 heures du matin dans sa propriété proche de Rennes-le-Château ! Jean-Luc Robin dans l'émission "Plus près des Etoiles" le 8 juillet 2005 Né en 1949, Jean-Luc Robin a découvert Rennes-le-Château entre sept et douze ans et en est tombé amoureux ! Habitant à Carcassonne, il y montait le dimanche en famille et ne manquait de sacrifier à la tradition en grattant la terre près de la tour Magdala. Il qualifie cette période de "la partie la plus heureuse de mon enfance" avec de multiples souvenirs comme l'école Saint-Stanislas, l'écrasante chaleur des Corbières, "les châteaux vertigineux que personne n'avait encore songé à qualifier de "cathares", et la fabuleuse histoire du curé aux milliards." Globe-trotteur érudit et polyglotte, Jean-Luc Robin vécut au Brésil, en Bolivie, au Portugal et dans l'île de Jersey. Etudiant en lettres et en droit, antiquaire en Auvergne ou étoilé dans le Périgord, les pas de ce touche-à-tout de génie devaient le ramener à ses premières amours... Ce fut chose faite un peu par hasard en 1995. Restaurateur de profession, il se réinstalla dans le département de l'Aude à Carcassonne. Le restaurant convoité ne se libérant qu'en septembre, il répondit à une annonce : "Rennes-le-Château recherche cuisinier pour la saison." A cette époque, le domaine de l'abbé venait de changer de propriétaire. Henri Buthion l'avait vendu à un homme d'affaires américain et à un journaliste hollandais. Le jour même, le coeur empli de souvernirs de jeunesse, il entrait pour la première fois dans la villa Béthanie ! Après un épisode rocambolesque avec les premiers employés qui développaient un projet d'exploitation touristique, il fit la rencontre de Bob Kroon et Bert Gerards, les propriétaires, qui lui proposèrent rapidement de gérer le domaine. Il préféra le louer pour son propre compte ! Le maître du domaine
"Rennes-le-Château, le Secret de Saunière" (2005) - Cliquez sur le titre pour lire la présentation. Il habita la propriété et s'imprégna des lieux, essayant de se mettre à la place de l'abbé et de fonctionner intuitivement. Il était frappé par la foule bigarrée qu'il recevait, les théories plus ou moins alambiquées qu'on lui soumettait, le flot ininterrompu des questions posées. Tout cela l'a amené à "présenter une histoire qui, sans détruire le rêve, tient malgré tout debout. Pour cela, il fallait s'appuyer sur des éléments solides et vérifiables. [...] Je me rendis compte que la plupart des auteurs partaient d'une théorie préconçue et cherchaient désespérément des éléments permettant de la corroborer. [...] Et n'ayant ni théorie à révéler, ni message secret à faire passer, j'abordais l'affaire Saunière avec des yeux neufs." Jean-Luc Robin était certain que l'abbé cherchait à délivrer un message tant les signes sont nombreux dans le domaine et l'église. Il le constatait mais n'avait pas d'explication à apporter. Il répétait d'ailleurs qu'il n'était pas un historien. Il étayait sa démonstration avec la tour Magdala, pièce d'un vaste échiquier qui couvre tout le domaine, 22 marches menant à sa plate-forme; à l'opposé, l'orangerie est la tour de verre avec ses 22 marches conduisant au sous-sol.
"Rennes-le-Château mon village à l'heure du Da Vinci Code" (2006) - Cliquez sur le titre pour lire la présentation. Dès lors, chaque découverte le mène à une autre. Lorsqu'il découvre la oule sous la "Dalle des Chevaliers" dans son église, il pénètre dans le tombeau qui donnerait accès à la crypte.
Ce dimanche 9 mars 2008, il venait d'être élu conseiller municipal de Rennes-le-Château. Jean-Luc Robin anima "De Rennes-le-Château au Da Vinci Code" avec Thierry Emmanuel Garnier et Christian Doumergue le 25 août 2006 à"La Table de l'abbé" - © Johan Netchacovitch Henry et Jean-Luc Il nourrissait aussi une amitié complice avec Henry Lincoln, auteur de "L'Egnime sacrée" et du "Message" en collaboration avec Michael Baigent et Richard Leigh en 1983 et 1987 pour les versions françaises. Il préfaça son livre "Rennes-le-Château - Le secret de Saunière" : "Jean-Luc Robin a un énorme avantage sur la foule des écrivains qui se sont lancés à la poursuite du fantôme de Bérenger Saunière. Il a partagé l'espace vital de Bérenger. Il a habité sous le même toit. Il a eu en main ses objets personnels. Il a parcouru ses écrits et a pu percevoir jusqu'à l'influence des changements de saison, aussi bien que le prêtre a pu les vivre. Peu nombreux sont ceux qui peuvent prétendre avoir, comme lui, absorbé une telle vérité et une telle réalité de Rennes-le-Château." Laissons la conclusion à Jean-Luc Robin : "L'histoire de l'abbé Saunière est bel et bien une aventure merveilleuse qui mérite d'être débarrassée de ses connotations racoleuses pour apparaître dans sa relative simplicité comme une éternelle interrogation sur notre époque." Bien à toi, Jean-Luc, qui as l'éternité pour y répondre ! Une cérémonie d'hommage à la mémoire de Jean-Luc Robin sera organisée en l'église de Rennes-le-Château ce lundi 17 mars 2008 à 10h30. © Johan Netchacovitch, 12 mars 2008 |





Le domaine vendu à la commune, Jean-Luc Robin exerça encore son métier dans le jardin de l'abbé pendant la haute saison, agrémenta les soirées du vendredi de conférences qu'il animait de main de maître. Il écrivit aussi deux livres : "Rennes-le-Château, le Secret de Saunière" (2005) dont sont issues certaines citations de l'article et "Rennes-le-Château mon village à l'heure du Da Vinci Code" (2006). 
