Périllos
ruines, restauration et modernisme
Séjournant à Banyuls en juillet 2007, je ne pus résister au plaisir d'aller faire une petite promenade à Périllos. Comme le savent tous les curieux de la région, ce village abandonné est aujourd'hui à l'état de ruines (NDLR Lire et voir la présentation du village ruiné). Seule subsiste l'église, dont le portail d'un vert flambant neuf attire l'oil de loin. Du château, il reste peu de choses et il est relativement dangereux, vu son état, de trop s'en approcher. Un bâtiment sert de buvette, il parait qu'il est ouvert l'été. C'est sûrement une bonne idée vu la chaleur qui règne ici à cette saison. Quant à savoir si beaucoup de touristes viennent en ce lieu, c'est une autre question.
En regardant en direction du parking, mon attention fut attirée par une construction « flambant neuve » et qui détonait au milieu de ces ruines.
En m'approchant, je pus constater qu'une association d'Opoul-Périllos nommée « Terre de pierres » entreprenait une restauration du village de Périllos.
Je n'entrerai pas ici dans un débat à propos de la qualité de la restauration qui pourrait être effectuée. Un autre site en a déjà débattu dans ses colonnes en se demandant comment on pouvait restaurer « à l'identique » des bâtiments dont on n'a pas les plans.
Pour les curieux, je mets ici une photo hélas de mauvaise qualité, du panneau mis par « Terre de pierres » à côté de la porte du bâtiment restauré.
Il est spécifié qu'il s'agit d'un chantier de bénévoles auquel tout un chacun peut participer.
Quelques installations provisoires sur le site permettent de voir les difficiles conditions de travail que peuvent avoir ces courageux bénévoles.
Passant derrière la maison rénovée, j'eus la surprise de découvrir un véritable chemin tracé par (pour ?) je ne sais quel véhicule.
En le suivant j'aperçus bientôt, au point culminant du site, plus haut que le parking, une curieuse construction ultramoderne, entourée d'un grillage en interdisant l'accès.
Pour un béotien comme moi, il pouvait aussi bien s'agir d'un radar que d'un moyen de communiquer avec d'éventuels martiens.
Comme on peut le voir sur cette photo, il s'agit d'un socle en béton, surmonté d'un grillage qui en délimite le pourtour.
A l'intérieur, un objet rectangulaire jaune pâle du haut duquel s'échappe un tuyau relié à un cylindre vertical.
A côté, un mât deux fois et demi plus haut surmonté d'une plaque rectangulaire légèrement inclinée par rapport à la verticale et de quatre branches métalliques.
Mon incompréhension n'eut d'égale que mon étonnement devant cet objet aussi insolite que la restauration du village en ruines.
Après m'être en vain posé la question, je revins à Opoul pour me renseigner à la Mairie. Vu l'heure tardive, celle-ci était évidemment fermée.
Devant repartir le lendemain, je n'ai pas eu l'opportunité de revenir à la mairie d'Opoul-Périllos. C'est donc le 6 février 2008 que j'envoyais la lettre suivante au maire de la commune :
« Monsieur le Maire,
De passage dans votre belle région l'été dernier, je suis allé visiter la ville morte de Périllos où l'on effectue des travaux de restauration.
En me promenant aux alentours, j'ai découvert l'étrange construction dont je vous joins une photo.
Pourriez-vous me dire de quoi il s'agit ou bien à quel organisme je puis m'adresser pour le savoir ?
En vous remerciant d'avance, Monsieur le Maire, veuillez recevoir mes plus sincères salutations. »
Je reçus quelques jours plus tard cette réponse de Monsieur Freddy Deschaux-Beaume, Maire d'Opoul-Périllos, datée du 15 février 2008 :
« Monsieur,
Votre courrier du 6 février courant a retenu toute mon attention.
"L'étrange construction" qui vous a intrigué, au lieu-dit "Lou Coustalot" résulte d'une convention signée entre le commune et la Direction Départementale de l'Equipement de l'Aude (Service des Prévisions des crues Méditerranée Ouest et Hydrométrie).
L'appareillage érigé sur le site permet de mesurer la pluviométrie et le degré d'hydrométrie. Il constitue l'élément d'un réseau de prévision des crues.
En espérant vous avoir fourni les explications souhaitées, je vous prie de croire, Monsieur, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
Le Maire,
Freddy Deschaux-Beaume »
Comme quoi le village abandonné de Périllos est bien surveillé de ce point de vue : il y a déjà un radar météo juste à côté...
Les deux photos ci-dessous montrent deux autres vues de cet objet surprenant.
© Maurice Monnot (Texte et photos), 24 février 2008
Annexes :
- Pour l'association « Terre de pierres » et la restauration du village de Périllos http://www.societe-perillos.com/journal03.html
- Pour la « Convention de remise d'ouvrages Stations d'hydrométrie du département des Pyrénées Orientales »
http://www.cg66.fr/institution/session/2007/session_071210/deliberation/annexe_dlb84.pdf
- Pour le radar météo http://www.societe-perillos.com/radar_meteo1.html