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La Gazette de Rennes-le-Château ©

 

 

 

Gérard de Sède

© Arnaud de Sède de Liéoux

 

Gérard de Sède, le créateur de la légende

La rédaction apprend la disparition de l'écrivain Gérard de Sède qui est décédé ce samedi 29 mai.

De nombreux lecteurs ont découvert l'affaire de Rennes-le-Château grâce à son livre "Le Trésor maudit de Rennes-le-Château", paru dans la collection de poche "J'ai lu" en 1968.  Il avait été précédé , en 1967, de l'édition originelle "L'Or de Rennes ou la vie insolite de Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château", en collaboration avec Sophie de Sède, aux Editions Julliard.

D'origine gasconne, Géraud Marie de Sède de Liéoux, dit "Gérard", est né le 5 juin 1921 à 11 heures du soir au 10, rue d'Armaillé à Paris dans le 17ème arrondissement.  Merci à son fils, Arnaud, pour ces précisions!  Licencié es-lettres et de philosophie, il exerce différents métiers.  Il se distingue pendant la deuxième guerre mondiale dans la résistance.  A la libération, il devient journaliste.  

 

Son fils, Arnaud, a rédigé le début de la biographie de son père.  Elle nous éclaire sur le futur écrivain.  La rédaction a choisi de vous la livrer telle quelle, ne s'arrogeant point le droit de résumer l'hommage d'un fils à son père!

 

1921-1946

De son vrai nom Géraud Marie de Sède de Liéoux, Gérard de Sède  naît le cinq juin 1921 à Paris XVII°. Le cercle familial est d’emblée restreint d’une part parce que sa mère Aimée Marie Antoinette a épousé son cousin germain Marcel dont elle portait déjà le nom, ensuite parce qu’il restera fils unique. Mis à part un grand père paternel, Paul Gustave,  surdoué mais excentrique, cette famille de Sède est plutôt terne, catholique, monarchiste ou bonapartiste, pour les plus avancés. D’origine commingeoise, plus lointainement gersoise, c’est à dire gasconne dans les deux cas, elle est restée attachée à sa province où, par le jeu des alliances et de diverses manœuvres que l’on dirait aujourd’hui politique, elle acquiert un certain renom et surtout une certaine fortune dès la fin du XVI° siècle. La Révolution ne lui fait subir que des pertes matérielles mais entraine de déchirantes divisions lorsque certains de ses membres, officiers des armées royales, décident de faire campagne pour la Convention et plus tard pour Bonaparte avant de subir les conséquence de leur choix sous la Restauration… Très largement ruinés par ces déboires, de nombreux membres de cette famille vont chercher fortune ailleurs, notamment en Corse et en Flandres en prenant toutefois soin de garder le vieux château de Liéoux comme relique et souvenir d’une splendeur passée…

 

Occitaniste et méridional dans l’âme, Gérard de Sède, s’il ne cachait pas les ascendances corses de sa grand-mère maternelle qu’il adorait, a en revanche toujours renié ses origines flamandes, prétendant que sa grand-mère paternelle avait beaucoup de sang…espagnol. On le verra souvent chez lui, le cœur l’a souvent emporté sur la raison et parfois même sur la réalité. C’est là sans dout qu’il faut voir l’origine de toutes ses qualités et de tous ses défauts…

 

Aux lendemains de la Grande Guerre, ses parents, tous deux monarchistes convaincus, militent activement pour l’Action Française où ils se lient d’amitié avec quelques personnalités remarquables de l’époque, Georges Bernanos en particulier, avec qui Marcel passera quelques jours en prison pour des raisons qui ne sont pas encore très bien élucidées.

Elève studieux et doué, Géraud de Sède suit l’enseignement d’une préceptrice jusqu’à son entrée au lycée à  l’âge de dix ans. Il passe toutes ses vacances à Liéoux où, péférant les champs et les fermes au salon de la maison familiale, il s’impregne de la culture occitane qui jouera un si grand rôle dans sa vie. D’emblée, n’ayant aucun talent pour les disciplines scientifiques, il se révèle excellent latiniste et très doué pour l’écriture. Malgré les conseils de sa mère qui lui prédit qu’un engagement trop prématuré est propre à lui faire prendre à terme le parti opposé, il prend part à son tour aux activités de l’Action Française. Les amitiés qu’il noue au lycée vont effectivement changer le cours des choses… Il prend rapidement en horreur l’idéologie familiale et en 1936-37 – il n’a que quinze ans – prend parti pour le Front Populaire et envisage sérieusement de s’engager pour la République espagnole. Il est bien entendu sèchement renvoyé à ses foyers par un certain Jozip Broz, chargé du recrutement des brigadistes à Paris et qui se fera plus tard connaître sous le nom de Tito…

Une fois bachelier, il entreprend conjointement des études de droit et de littérature et fait à la Sorbonne connaissance de Marie-Andrée. C’est à cette époque qu’il noue des contacts étroits avec le mouvement surréaliste et qu’il produit ses premières œuvres.

 

Il est en vacances dans le sud-ouest lorsque la guerre éclate en septembre 1939. Il s’inscrit alors à la Faculté de Toulouse et poursuit ses études. Ses engagements lui valent quelques déboires que les relations familiales parviennent à minimiser sans pour autant éviter une courte incarcération à la prison Saint Michel de Toulouse pour menées politiques illégales. En mai 1940, son oncle Charles, officier d’artillerie, est tué sur le front près de Charleville après avoir envoyé une dernière lettre à sa famille où il disait « Je crois que nous faisons un bon travail… ». Charles, le plus jeune fils de sa grand-mère, était pour lui le frère qu’il n’avait jamais eu et sa perte fut une terrible expérience. La France est occupée mais il entrevoit très vite que la défaite de l’Allemagne est inéluctable. Le Maréchal Pétain, devenu l’idole de sa famille, incarne tout ce qu’il ne supporte pas : la rupture est consommée. Il s’engage sans attendre dans ce qui deviendra la Résistance, d’abord dans le Comminges et à Toulouse puis successivement dans le Bourbonnais, le Beauvaisis et Paris. Il est arrêté par les Allemands pour franchissement illégal de la ligne de démarcation et incarcéré à Bourges après avoir fait disparaître les documents qu’il transportait. Toujours en contact avec les surréalistes, c’est avec certains d’entre eux qu’il mènera la lutte pendant l’occupation en continuant à livrer des écrits tant littéraires que politiques. Révolutionnaire convaincu, il pense que la résistance armée doit accoucher d’un autre monde. Violemment opposé au stalinisme, il milite, quand les opportunités le permettent, au sein d’un noyau d’intellectuels trotskystes qui, seul à l’époque, lui permet d’envisager l’édification d’un monde nouveau sans l’ombre sinistre de la tyrannie sanguinaire du satrape caucasien. Après avoir été décoré pour fait de résistance, il rejoint très brièvement l’armée régulière à la libération avec le grade de lieutenant. Ses engagements lui dictent cependant d’autres voies. Il étudie la philosophie et devient l’élève de Gaston Bachelard sous la direction duquel il produira un mémoire sur Jean-Jacques Rousseau, récemment republié en partie. En 1946 il épouse Marie Andrée, sa compagne de résistance, mieux connue de ses amis sous le nom de « Sophie ». Haïssant le prénom de Géraud, qui était celui de son grand-père maternel, chef d’entreprise et briseur de grèves qu’il surnommait « le mitrailleur », il se fera quant à lui appeler « Gérard »…

© Arnaud de Sède de Liéoux

Suite de la biographie 1946 - 2004

 

Octobre 2003

© Arnaud de Sède de Liéoux

 

La rédaction remercie Arnaud de Sède de Liéoux qui, malgré son deuil récent, a pris la plume pour faire connaître son père aux internautes et passionnés de l'affaire de Rennes-le-Château!

Un internaute vient d'ouvrir un forum sur cet auteur!

 

Mise à jour 01/03/17