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L'actualité de Rennes-le-Château dévoilée |
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Reportages
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La Gazette de Rennes-le-Château ©
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Gazette de Rennes-le-Château
: Quelles
furent vos premières impressions en arrivant à Rennes-le-Château? Jean-Luc
Chaumeil : Le voyage dura toute la
nuit, le train arriva à Carcassonne et la Micheline nous amena à Couiza. Pas de
taxi, aucune voiture et le stop ne marchait pas… Nous partîmes à pied avec un
regard fixé vers le ciel : Rennes-le-Château, c'était là-haut dans la brume du
petit matin et je serrai très fort mon magnétophone, un vieux Remco à bande en
l'essuyant de temps à temps car la rosée s'éternisait sur le cuir. Après
une escalade enivrante, le photographe mitrailla le plateau et je fus
photographié devant le panneau : " Fouilles interdites ". En passant devant le château de Monsieur
Fatin, je pensai aux cartes de Marius, le père, qui s'était adonné à la
"hiéroglyphie" des toponymes, souvenir de Piri Reiss et d'Opicinus
de Canistris ! Notre
regard fut attiré par une D.S criblée de balles au milieu du terre-plein; le
fils nous apprit plus tard qu'il avait fait un carton !... La tour me déçut et
Bernard dut la prendre au zoom pour qu'elle prenne de l'ampleur !
Gazette : L’ancien propriétaire du domaine de l’abbé, monsieur Henri Buthion, est souvent décrit comme une personne énigmatique aimant à se nimber dans un halo de mystère. Comment vous est-il apparu ? J-L
Chaumeil : Monsieur Buthion nous toisait
avec son regard bon enfant; il ressemblait à de Funès, l'air en coin, en
joignant les mains sans arrêt. Il nous logea dans la villa Béthania au dernier
étage et nous offrit un café. En allant
chercher du sucre à la cuisine, je vis un trou de plusieurs mètres devant une
table comme j'avais, déjà au préalable, remarqué une entaille très importante
sous la tour ! Je demandai à faire
des photos dans l'église; il refusa parce qu'il fallait l'autorisation de
l'évêché ! Notre hôte était méfiant
et pensif. Nous en avons profité
pour nous réfugier dans notre chambre en laissant un message sur le magnéto qui
relatait ces deux incidents en sachant très bien qu'il viendrait pour les
écouter. Avant de partir pour
Rennes-les-Bains, j'ouvris une lucarne pour gratter une tuile en me rappelant
un texte du marquis Philippe de Cherisey, un ami du marquis de B... , du
dentiste Rouelle et de monsieur Nauvalerts, trois princes Rose+croix de la
bonne ville de Liège… Deuxième déception, la tuile était bien de la carrière
voisine et personne ne l'avait peinte pour en cacher son reflet doré… En descendant vers
Rennes-les-Bains par le chemin des écoliers, un fou rire nous prit en pensant
au divin marquis… On le savait coriace,
têtu, presque tendre et capable de nous envoyer sur des pistes au bout
desquelles il avait lui-même trouvé porte close. Nous étions prévenus et, puisque c'était le sens de la queste, il
fallait continuer… A Rennes-les-bains,
le « Christ au lièvre » du bon docteur nous laissa pantois et un
tantinet moqueurs… Toujours à pied,
pour la seconde fois, nous reprenions le chemin du Golgotha avec cette
sensation d'être ailleurs, dans un autre lieu, la fatigue aidant en cette fin
de journée harassante sur le plan physique. La surprise nous
attendait là-haut : monsieur Henri Buthion avait organisé un festin et nous
confiait les clefs de l'église pour faire nos photos, en nous suivant, bien
sûr, sous prétexte de faire la prière du soir…
Sous les flashes multiples, il ouvrait de temps en temps les mains pour
comprendre le sens de notre stratégie photographique. Troisième déception, la description des photographies ne collait
pas avec celle de Gérard de Sède...! A
table, on nous prit pour des émissaires du Prieuré de Sion et nous fîmes
connaissance avec toute la famille, très accueillante de surcroît, et d'un ami,
chercheur éprouvé depuis quelques lustres... Le lendemain, notre hôte nous accompagna au Bézu pour voir les arêtes wisigothiques, au menhir des trois trésors, au tombeau d'Arques, avec sa voiture, commentant sans relâche les divers endroits parcourus…
Pierre Plantard
Gazette : Vous avez suivi ensuite les traces des inventeurs de l’histoire. Comment les avez-vous appréhendés? J-L Chaumeil : Seuls, nous avons visité les grottes de jais, là où Plantard et de Cherisey avaient cherché. La révélation fut à la "Pierre du Dé" : quelque chose de fondamental nous donnait l'impression une nouvelle fois que les choses se passaient ailleurs, dans un autre décor. En matière symbolique, le dé est le symbole des sept portes comme des quatre ordres mineurs et des trois ordres majeurs. Ce n'était plus une déception mais l'étrange certitude qui me rappelait l'avertissement de Gérard de Sède : "Toute ressemblance entre les faits rapportés dans ce livre et une construction imaginaire est le fruit du pur hasard". Ce n'est pas le moins étrange, car la ressemblance est frappante. Premières conclusions sur la première page et intime conviction que Plantard, de Cherisey, comme Gérard de Sède, étaient des chercheurs peu ordinaires mais bien réels. Dans un sens certain, ils voulaient faire croire qu'ils connaissaient la réponse pour attirer à eux des informations bien réelles… Chacun selon son genre pour être le seigneur du lieu, mais ils avaient fouillé comme à Gisors un peu partout avant de publier… Comme moi, j'avais gratté la tuile de la villa Béthania… Voilà la première erreur qui peut en entraîner bien d'autres ! Autrement dit, dans une construction imaginaire, il faut faire un distinguo entre le mythe, le symbole et la réalité, c'est–à-dire l'histoire… Il faut donc choisir après avoir épluché les trois numéros de ce dé conceptuel. Cela a été notre démarche qui s'est affinée par la suite…
Gazette
: Dans
votre livre, vous évoquez plusieurs trios.
Pourriez-vous les préciser ? J-L Chaumeil : Effectivement, le premier est composé de l'abbé Saunière, Marie Denarnaud et Noël Corbu ; le second, de Plantard, de Cherisey et de Sède !
Pierre Plantard
Gazette : Vous présentez le deuxième trio sous l’appellation des "trois mousquetaires". Parlez-nous de Pierre Plantard de Saint-Clair ! J-C
Chaumeil : Après plusieurs conversations
téléphoniques, je rencontrai Athos à savoir Pierre Plantard. Des questions, il y en avait mille;
quant aux réponses, elles étaient allusives, irritantes à plus d'un titre,
souvent contradictoires, parfois naïvement déconcertantes, toujours réglées
avec soin, trop de soin peut-être… Le
personnage était rieur cependant, plein d'humour, un tantinet illuminé. On aurait dit Jeanne d'Arc en costume 1930,
un Matrix "Man in Black" sorti des temps présents avec des
documents plein les poches, comme prêts à l'avance… Mais je savais qu'il avait été sacristain et voyant quand
il officiait à Aulnay, sous le nom de "Chyren". Non seulement, il croyait en ses
ordonnances mais il prophétisait à tour de bras. J'écoutai et je notai sachant parfois ce qui était vrai comme ce
qui était faux. Je le fis pendant douze
ans, amusé mais pas dupe. Plantard
avait l'imagination qui manquait à Gérard de Sède et de Cherisey possédait
quatorze quartiers de noblesse qui faisaient défaut à Plantard. Vous connaissez la suite : il est devenu le
"roi perdu". Le premier entretien est paru dans le numéro 18 du
"Charivari", repris dans "Le Triangle d'or", confirmé
dans "Le Trésor des Templiers". Un jour, il m'offrit une
corbeille de pain avec un clin d’œil; elle venait de la boulangerie qu'il
venait d'acheter à Colombes. En me
donnant l'objet, il ajouta sans rire : "Un jour, vous serez Premier
Ministre !". Voilà le genre
de réflexion déconcertante à plus d'un titre ! Je n'osai, ce jour-là, lui demander s'il s'agissait "du
culte", car je savais, pour avoir été dans l'église Saint-Sulpice avec
lui, que ses regrets d'ancien sacristain confinaient à l'exaspération. C'est le secret de Plantard et le seul... Il était devenu athée et il le
regrettait. A saint- Sulpice par
exemple, il parlait haut et fort quand il voyait un prêtre, ce qui provoquait
un incident… Il ajoutait sans
rire : "A chaque fois, c'est la même chose…". Il transformait ainsi la chapelle des Anges
en carte au trésor et Saint Pierre, avec ses deux clefs, en un messager
indiquant la crypte de Notre-Dame-sous-Terre avec un temple d'Artémis païen de
surcroît. Il pratiquait ce qu'on
appelle aujourd'hui le révisionnisme historique, axé sur la légitimité
mérovingienne… Gazette
: Jean-Luc
Chaumeil, vous êtes journaliste !
Vous avez notamment écrit des articles dans la revue "Charivari"
sur les "Archives du Prieuré de Sion" dès 1973 ! Vous avez rédigé plusieurs livres en rapport
avec l’énigme : "Le Trésor du Triangle d’Or", "Le
Trésor des Templiers", "L’Alphabet Solaire" en collaboration
avec Jacques Rivière. Comment réagissez-vous
aux attaques et sous-entendus dont vous avez été l’objet suite à vos
publications? J-C
Chaumeil : En 1983, j'allai à
Rennes-le château pour la troisième fois et je rencontrai l'un des créateurs
des dossiers de l'histoire; je m'aperçus alors que les fameuses généalogies,
copiées avec les mêmes coquilles, étaient celles de Lobineau et de Blancassal,
évoquées dans "La Table d'Isis".
J'envoyai mes observations sur plusieurs cartes postales. On me répondit par des tracts anonymes,
rédigés à Saint-Malo, là où habitait un certain Louis Vazart ! L'affaire tourna en rond malgré deux
plaintes successives : celle faite par mes soins et celle de Plantard. En fait, en guise de réponse, Plantard
produisit une copie d'un chèque de sa première femme, Anne-Léa Hisler, pour ses
soi-disant travaux dans la revue !
Erreur fatale ! Sur le
chèque, il y avait un code d'ordinateur qui n'existait pas en 1960 !… Je ne fus guère étonné; les Anglais étaient
au courant par Jania Mac Galivrey et ils en avaient profité pour allonger la sauce… Mais ils avaient été prévenus avant la
parution du best-seller… Depuis, je
subis régulièrement des attaques infondées, ceci expliquant cela… Gazette : Revenons aux compagnons de route de Pierre Plantard et, notamment, à Gérard de Sède et à sa réception des fameux parchemins ! J-C
Chaumeil : Gérard de Sède, de son
vrai nom Gérard de Liéoux selon Robert Charroux, de son vrai nom Robert
Grugeau, fut le premier compagnon de Pierre Plantard et de Philippe de Cherisey
dans l'affaire de Gisors… J'allai le voir pour cerner davantage Plantard
(Interview du Charivari n°18) et pour lui montrer un certain nombre de
photographies de bijoux wisigothiques dont nous reparlerons dans le cadre de
l'affaire Mathieu Paoli et Doru Todericiou. Sa femme l'appelait
"Nounours" et, malgré son air bougon et sa logique imperturbable,
il était comme un grand enfant aimant les histoires et les contes de fée. Je lui demandai en premier lieu quand il
avait pris connaissance des parchemins.
Il me répondit qu'il les avait reçus par la poste ! Je n'insistai pas
mais je vis, à son oeil légèrement oblique, que la question l'embarrassait
! Par la poste ou dans un pilier, après
tout, pourquoi pas? Pendant un certain
temps, nous échangeâmes un certain nombre d'informations, puis il voulut faire
un livre avec moi.
Gazette : De votre côté, vous investiguiez également. J-L
Chaumeil : En effet ! Entre-temps, j'avais découvert deux choses :
la chapelle Sainte Catherine de Gisors avait été construite en 1522 par les
seigneurs de Flavacourt et elle se trouvait à côté de l'église Saint-Gervais de
Gisors; d'autre part, dans un vieux
livre de la fin du dix-neuvième siècle, toute une histoire légendaire
concernant François II, fils de Catherine de Médicis, emprisonné à Gisors, un
roi perdu en somme… Gérard de Sède ne
se démonta pas pour autant et, malgré les témoignages de Dufour, Delie et bien
d'autres, il vient soigneusement de rééditer dans "Trésor Mag" en
omettant de parler de la notice de Claude-Rouit Berger ! Il était évident, dès lors, que nous ne
pouvions nous entendre !
Philippe de Cherisey à la sortie de la mine de jais du Serbaïrou
Gazette
: C’est à cette
époque qu’apparut un personnage dont le rôle est encore aujourd’hui assez
obscur ! J-L
Chaumeil : Vous faites allusion à Mathieu Paoli qui me déroba un certain
nombre de dossiers sur Madeleine Blancassal, Henri Lobineau et Serge Roux pour
les publier dans son livre qui devait être édité chez Belfond pour aboutir
finalement en Suisse. De son vrai nom, Ludwig
Scheswig, Mathieu était un personnage curieux utilisant les uns et les autres
pour arriver à d'autres fins, cachées celles-là… Ami de Pierre Carnac, de son vrai nom Doru Todericiou, il
cherchait à identifier un grand plat percé, d'origine wisigothique, vu chez un
archéologue américain du nom de Paterson, grand ami de la comtesse de Goguë, en
relation avec la comtesse de Pierrefeu, spécialiste des Cathares. Après avoir interviewé le
professeur Niel, rencontré Déodat Roché qui parlait des anges d'une façon
extraordinaire, je partis à Genève voir la comtesse et le professeur Paterson,
puis je visitai une crypte magnifique…
De retour à Paris, je trouvai sous la porte des photos en négatif que je
fis analyser au musée de Saint-Germain-en-Laye ! A part le plat percé, les photos glissées par Paoli étaient des
répliques du trésor de Pétroassa selon le conservateur M. Duval. Nous avons appris plus tard grâce à Doru que
Mathieu Paoli avait voulu jouer les agents secrets en Israël en pratiquant le
double jeu avec les Egyptiens. Il
serait mort fusillé ! Toujours est-il qu'il restera toujours l'énigme du
"plat percé" comme des répliques! Johan©, 10 janvier 2004 Un forum traite du Prieuré de Sion! Début (sa jeunesse, sa découverte de l'affaire) - Fin (Philippe de Cherisey, Gino Sandri, André Douzet)
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