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La Gazette de Rennes-le-Château ©

 

 

 

 

Jean-Luc Chaumeil

Chaumeil versus Plantard

2 et 3 décembre 2003

Jean-Luc Chaumeil, auteur prolixe sur le mystère de Rennes-le-Château, a rédigé 5 numéros spéciaux dans la revue "Charivari", des livres :  "Le Triangle d'Or", "Le Trésor des Templiers", etc.

 

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Deuxième partie de l'interview de Jean-Luc Chaumeil dans laquelle il évoque sa découverte de la colline envoûtée et du propriétaire du domaine de l'abbé, Henri Buthion, ainsi que ses relations tumultueuses avec Pierre Plantard, Gérard de Sède et Mathieu Paoli !

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 Gazette de Rennes-le-Château :  Quelles furent vos premières impressions en arrivant à Rennes-le-Château?

 Jean-Luc Chaumeil :  Le voyage dura toute la nuit, le train arriva à Carcassonne et la Micheline nous amena à Couiza. Pas de taxi, aucune voiture et le stop ne marchait pas… Nous partîmes à pied avec un regard fixé vers le ciel : Rennes-le-Château, c'était là-haut dans la brume du petit matin et je serrai très fort mon magnétophone, un vieux Remco à bande en l'essuyant de temps à temps car la rosée s'éternisait sur le cuir.

  Après une escalade enivrante, le photographe mitrailla le plateau et je fus photographié devant le panneau : " Fouilles interdites ".  En passant devant le château de Monsieur Fatin, je pensai aux cartes de Marius, le père, qui s'était adonné à la "hiéroglyphie" des toponymes, souvenir de Piri Reiss et d'Opicinus de Canistris !

  Notre regard fut attiré par une D.S criblée de balles au milieu du terre-plein; le fils nous apprit plus tard qu'il avait fait un carton !... La tour me déçut et Bernard dut la prendre au zoom pour qu'elle prenne de l'ampleur ! 

 

 Gazette :  L’ancien propriétaire du domaine de l’abbé, monsieur Henri Buthion, est souvent décrit comme une personne énigmatique aimant à se nimber dans un halo de mystère.  Comment vous est-il apparu ?

 J-L Chaumeil :  Monsieur Buthion nous toisait avec son regard bon enfant; il ressemblait à de Funès, l'air en coin, en joignant les mains sans arrêt. Il nous logea dans la villa Béthania au dernier étage et nous offrit un café.  En allant chercher du sucre à la cuisine, je vis un trou de plusieurs mètres devant une table comme j'avais, déjà au préalable, remarqué une entaille très importante sous la tour !  Je demandai à faire des photos dans l'église; il refusa parce qu'il fallait l'autorisation de l'évêché !  Notre hôte était méfiant et pensif.

 Nous en avons profité pour nous réfugier dans notre chambre en laissant un message sur le magnéto qui relatait ces deux incidents en sachant très bien qu'il viendrait pour les écouter.

Avant de partir pour Rennes-les-Bains, j'ouvris une lucarne pour gratter une tuile en me rappelant un texte du marquis Philippe de Cherisey, un ami du marquis de B... , du dentiste Rouelle et de monsieur Nauvalerts, trois princes Rose+croix de la bonne ville de Liège… Deuxième déception, la tuile était bien de la carrière voisine et personne ne l'avait peinte pour en cacher son reflet doré…

 En descendant vers Rennes-les-Bains par le chemin des écoliers, un fou rire nous prit en pensant au divin marquis…  On le savait coriace, têtu, presque tendre et capable de nous envoyer sur des pistes au bout desquelles il avait lui-même trouvé porte close.  Nous étions prévenus et, puisque c'était le sens de la queste, il fallait continuer…  A Rennes-les-bains, le « Christ au lièvre » du bon docteur nous laissa pantois et un tantinet moqueurs…  Toujours à pied, pour la seconde fois, nous reprenions le chemin du Golgotha avec cette sensation d'être ailleurs, dans un autre lieu, la fatigue aidant en cette fin de journée harassante sur le plan physique.

 La surprise nous attendait là-haut : monsieur Henri Buthion avait organisé un festin et nous confiait les clefs de l'église pour faire nos photos, en nous suivant, bien sûr, sous prétexte de faire la prière du soir…  Sous les flashes multiples, il ouvrait de temps en temps les mains pour comprendre le sens de notre stratégie photographique.  Troisième déception, la description des photographies ne collait pas avec celle de Gérard de Sède...!  A table, on nous prit pour des émissaires du Prieuré de Sion et nous fîmes connaissance avec toute la famille, très accueillante de surcroît, et d'un ami, chercheur éprouvé depuis quelques lustres...

 Le lendemain, notre hôte nous accompagna au Bézu pour voir les arêtes wisigothiques, au menhir des trois trésors, au tombeau d'Arques, avec sa voiture, commentant sans relâche les divers endroits parcourus… 

Pierre Plantard de Saint Clair

Pierre Plantard

 

 Gazette :  Vous avez suivi ensuite les traces des inventeurs de l’histoire.  Comment les avez-vous appréhendés?

 J-L Chaumeil :   Seuls, nous avons visité les grottes de jais, là où Plantard et de Cherisey avaient cherché.  La révélation fut à la "Pierre du Dé" : quelque chose de fondamental nous donnait l'impression une nouvelle fois que les choses se passaient ailleurs, dans un autre décor. En matière symbolique, le dé est le symbole des sept portes comme des quatre ordres mineurs et des trois ordres majeurs.  Ce n'était plus une déception mais l'étrange certitude qui me rappelait l'avertissement de Gérard de Sède : "Toute ressemblance entre les faits rapportés dans ce livre et une construction imaginaire est le fruit du pur hasard".  Ce n'est pas le moins étrange, car la ressemblance est frappante.  Premières conclusions sur la première page et intime conviction que Plantard, de Cherisey, comme Gérard de Sède, étaient des chercheurs peu ordinaires mais bien réels. Dans un sens certain, ils voulaient faire croire qu'ils connaissaient la réponse pour attirer à eux des informations bien réelles…   Chacun selon son genre pour être le seigneur du lieu, mais ils avaient fouillé comme à Gisors un peu partout avant de publier…  Comme moi, j'avais gratté la tuile de la villa Béthania…  Voilà la première erreur qui peut en entraîner bien d'autres !  Autrement dit, dans une construction imaginaire, il faut faire un distinguo entre le mythe, le symbole et la réalité, c'est–à-dire l'histoire…  Il faut donc choisir après avoir épluché les trois numéros de ce dé conceptuel. Cela a été notre démarche qui s'est affinée par la suite…  

 

 Gazette :  Dans votre livre, vous évoquez plusieurs trios.  Pourriez-vous les préciser ?

 J-L Chaumeil : Effectivement, le premier est composé de l'abbé Saunière, Marie Denarnaud et Noël Corbu ; le second, de Plantard, de Cherisey et de Sède ! 

 

Pierre Plantard de Saint Clair

Pierre Plantard

 

 Gazette :  Vous présentez le deuxième trio sous l’appellation des "trois mousquetaires".  Parlez-nous de Pierre Plantard de Saint-Clair !

 J-C Chaumeil : Après plusieurs conversations téléphoniques, je rencontrai Athos à savoir Pierre Plantard.  Des questions, il y en avait mille; quant aux réponses, elles étaient allusives, irritantes à plus d'un titre, souvent contradictoires, parfois naïvement déconcertantes, toujours réglées avec soin, trop de soin peut-être…  Le personnage était rieur cependant, plein d'humour, un tantinet illuminé.  On aurait dit Jeanne d'Arc en costume 1930, un Matrix "Man in Black" sorti des temps présents avec des documents plein les poches, comme prêts à l'avance…  Mais je savais qu'il avait été sacristain et voyant quand il officiait à Aulnay, sous le nom de "Chyren".   Non seulement, il croyait en ses ordonnances mais il prophétisait à tour de bras.  J'écoutai et je notai sachant parfois ce qui était vrai comme ce qui était faux.  Je le fis pendant douze ans, amusé mais pas dupe.  Plantard avait l'imagination qui manquait à Gérard de Sède et de Cherisey possédait quatorze quartiers de noblesse qui faisaient défaut à Plantard.  Vous connaissez la suite : il est devenu le "roi perdu".  Le premier entretien est paru dans le numéro 18 du "Charivari", repris dans "Le Triangle d'or", confirmé dans "Le Trésor des Templiers".

 Un jour, il m'offrit une corbeille de pain avec un clin d’œil; elle venait de la boulangerie qu'il venait d'acheter à Colombes.  En me donnant l'objet, il ajouta sans rire : "Un jour, vous serez Premier Ministre !".  Voilà le genre de réflexion déconcertante à plus d'un titre !  Je n'osai, ce jour-là, lui demander s'il s'agissait "du culte", car je savais, pour avoir été dans l'église Saint-Sulpice avec lui, que ses regrets d'ancien sacristain confinaient à l'exaspération.  C'est le secret de Plantard et le seul...

 Il était devenu athée et il le regrettait.  A saint- Sulpice par exemple, il parlait haut et fort quand il voyait un prêtre, ce qui provoquait un incident…  Il ajoutait sans rire : "A chaque fois, c'est la même chose…".  Il transformait ainsi la chapelle des Anges en carte au trésor et Saint Pierre, avec ses deux clefs, en un messager indiquant la crypte de Notre-Dame-sous-Terre avec un temple d'Artémis païen de surcroît.  Il pratiquait ce qu'on appelle aujourd'hui le révisionnisme historique, axé sur la légitimité mérovingienne…

 

 Gazette :  Jean-Luc Chaumeil, vous êtes journaliste !  Vous avez notamment écrit des articles dans la revue "Charivari" sur les "Archives du Prieuré de Sion" dès 1973 !  Vous avez rédigé plusieurs livres en rapport avec l’énigme : "Le Trésor du Triangle d’Or", "Le Trésor des Templiers", "L’Alphabet Solaire" en collaboration avec Jacques Rivière.  Comment réagissez-vous aux attaques et sous-entendus dont vous avez été l’objet suite à vos publications?

 J-C Chaumeil :  En  1983, j'allai à Rennes-le château pour la troisième fois et je rencontrai l'un des créateurs des dossiers de l'histoire; je m'aperçus alors que les fameuses généalogies, copiées avec les mêmes coquilles, étaient celles de Lobineau et de Blancassal, évoquées dans "La Table d'Isis".  J'envoyai mes observations sur plusieurs cartes postales.  On me répondit par des tracts anonymes, rédigés à Saint-Malo, là où habitait un certain Louis Vazart !  L'affaire tourna en rond malgré deux plaintes successives : celle faite par mes soins et celle de Plantard.  En fait, en guise de réponse, Plantard produisit une copie d'un chèque de sa première femme, Anne-Léa Hisler, pour ses soi-disant travaux dans la revue !  Erreur fatale !  Sur le chèque, il y avait un code d'ordinateur qui n'existait pas en 1960 !…  Je ne fus guère étonné; les Anglais étaient au courant par Jania Mac Galivrey et ils en avaient profité pour allonger la sauce…  Mais ils avaient été prévenus avant la parution du best-seller…  Depuis, je subis régulièrement des attaques infondées, ceci expliquant cela… 

  

 Gazette :  Revenons aux compagnons de route de Pierre Plantard et, notamment, à Gérard de Sède et à sa réception des fameux parchemins !

 J-C Chaumeil :  Gérard de Sède, de son vrai nom Gérard de Liéoux selon Robert Charroux, de son vrai nom Robert Grugeau, fut le premier compagnon de Pierre Plantard et de Philippe de Cherisey dans l'affaire de Gisors… J'allai le voir pour cerner davantage Plantard (Interview du Charivari n°18) et pour lui montrer un certain nombre de photographies de bijoux wisigothiques dont nous reparlerons dans le cadre de l'affaire Mathieu Paoli et Doru Todericiou.

 Sa femme l'appelait "Nounours" et, malgré son air bougon et sa logique imperturbable, il était comme un grand enfant aimant les histoires et les contes de fée.  Je lui demandai en premier lieu quand il avait pris connaissance des parchemins.  Il me répondit qu'il les avait reçus par la poste ! Je n'insistai pas mais je vis, à son oeil légèrement oblique, que la question l'embarrassait !  Par la poste ou dans un pilier, après tout, pourquoi pas?  Pendant un certain temps, nous échangeâmes un certain nombre d'informations, puis il voulut faire un livre avec moi.

 

 Gazette :  De votre côté, vous investiguiez également. 

 J-L Chaumeil :  En effet !  Entre-temps, j'avais découvert deux choses : la chapelle Sainte Catherine de Gisors avait été construite en 1522 par les seigneurs de Flavacourt et elle se trouvait à côté de l'église Saint-Gervais de Gisors; d'autre part, dans un vieux livre de la fin du dix-neuvième siècle, toute une histoire légendaire concernant François II, fils de Catherine de Médicis, emprisonné à Gisors, un roi perdu en somme…  Gérard de Sède ne se démonta pas pour autant et, malgré les témoignages de Dufour, Delie et bien d'autres, il vient soigneusement de rééditer dans "Trésor Mag" en omettant de parler de la notice de Claude-Rouit Berger !  Il était évident, dès lors, que nous ne pouvions nous entendre !

 

Philippe de Cherisey

 Philippe de Cherisey à la sortie de la mine de jais du Serbaïrou

 

 Gazette :  C’est à cette époque qu’apparut un personnage dont le rôle est encore aujourd’hui assez obscur !

 J-L Chaumeil :  Vous faites allusion à Mathieu Paoli qui me déroba un certain nombre de dossiers sur Madeleine Blancassal, Henri Lobineau et Serge Roux pour les publier dans son livre qui devait être édité chez Belfond pour aboutir finalement en Suisse.

 De son vrai nom, Ludwig Scheswig, Mathieu était un personnage curieux utilisant les uns et les autres pour arriver à d'autres fins, cachées celles-là…  Ami de Pierre Carnac, de son vrai nom Doru Todericiou, il cherchait à identifier un grand plat percé, d'origine wisigothique, vu chez un archéologue américain du nom de Paterson, grand ami de la comtesse de Goguë, en relation avec la comtesse de Pierrefeu, spécialiste des Cathares.

 Après avoir interviewé le professeur Niel, rencontré Déodat Roché qui parlait des anges d'une façon extraordinaire, je partis à Genève voir la comtesse et le professeur Paterson, puis je visitai une crypte magnifique…  De retour à Paris, je trouvai sous la porte des photos en négatif que je fis analyser au musée de Saint-Germain-en-Laye !  A part le plat percé, les photos glissées par Paoli étaient des répliques du trésor de Pétroassa selon le conservateur M. Duval.  Nous avons appris plus tard grâce à Doru que Mathieu Paoli avait voulu jouer les agents secrets en Israël en pratiquant le double jeu avec les Egyptiens.  Il serait mort fusillé ! Toujours est-il qu'il restera toujours l'énigme du "plat percé" comme des répliques!

Johan©, 10 janvier 2004

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Début (sa jeunesse, sa découverte de l'affaire) - Fin (Philippe de Cherisey, Gino Sandri, André Douzet)

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