Jean-Luc
Chaumeil, auteur prolixe sur le mystère de Rennes-le-Château,
a rédigé 5 numéros spéciaux dans la revue "Charivari",
des livres : "Le Triangle d'Or", "Le
Trésor des Templiers", etc.
Suite
à la disparition de Pierre Plantard en février 2000
et à l'interview de Gino Sandri, Jean-Luc Chaumeil a
tenu à donner son point de vue sur le Prieuré de Sion
et ses relations tumultueuses avec ces 2 protagonistes!
Les réponses de Jean-Luc Chaumeil ont dépassé
le cadre premier de l'interview puisqu'il nous parle
de son enfance et de la genèse de l'affaire de RLC.
Elles permettront aux lecteurs de mieux cerner
sa personnalité. Vu l'abondance du sujet, l'interview sera
publiée en trois numéros!
Gazette
de Rennes-le-Château : Jean-Luc
Chaumeil, présentez-vous aux lecteurs de la Gazette.
Jean-Luc
Chaumeil : Je suis né le vingt octobre 1944 à Lille, non loin de
Dunkerque, en cette fin guerre qui ne finissait pas, au milieu des bombes
anglaises qui arrosaient la gare et qui faisaient peur à ma mère.
Quatre-vingt-dix ans au préalable, le poète français, Arthur Rimbaud, le dieu
de mon enfance, se préparait à exercer un nouveau style; plus tard, il écrira
sur les murs de Charleville : "Merdre à Dieu"; pour, à la fin de sa
vie, après avoir découvert la reine d'Ethiopie, revenir vers l'éclair généreux
de l'éternité. Il avait trouvé le sens et les partitions de l'opéra
fabuleux qu'il déroula à profusion lors de ses randonnées célèbres.
Le philosophe Nietzsche, bien
mal compris, ajoutera aux prophéties rimbaldiennes la notion de "la
mort de Dieu". Le vingtième siècle devait confirmer ces deux prophéties
par une troisième : "L'homme mort" des environs de
Rennes-le-château. Nous étions, en moins d'un siècle, devenus tous orphelins,
véritables enfants de la veuve ou de la reine du Midi. Et il était proposé aux
survivants comme aux nouveaux arrivants de tenir expressément compte de ces
trois notions.
C'est, dans ce cadre, nouveau delta d'une "Terra
incognita", que plusieurs nouvelles religions s'implantèrent dont
la "Mythologie de Rennes-le-château".
Premier
livre de Jean-Luc Chaumeil consacré à l'affaire
de Rennes-le-Château, édité chez Alain Lefeuvre
en 1979
Gazette
: Que
retenez-vous de votre enfance et de votre adolescence
à Taillefer?
Jean-Luc
Chaumeil : J'avais à peine cinq ans
lorsque je subis ma première initiation avec les élémentaires : un après-midi
très orageux commença à me faire transpirer et grelotter tour à tour; je me
réfugiai sous un arbre. Ma mère, au deuxième étage, surveillait mes allées et
venues, regardant le ciel. Un éclair, d'une lumière aveuglante, ouvrit les
portes des nuées et je reçus la foudre comme un cadeau venu des cieux ! Déjà on
voulait m'assassiner ! Terrorisé par l'incident, je me réfugiai sous le toit
d'un hangar comme hébété. Ma mère a mis trois secondes pour dévaler les deux
étages et elle s'est précipitée pour me prendre dans ses bras et vérifier que
je n'étais pas un tas de cendres! Dès lors, je regardais l'univers sous un
autre angle : il fallait faire vite car le fil était ténu, fragile,
incertain...
Je commençai à lire tous les livres interdits de la bibliothèque de mon père où
je fus initié à la guerre sous-marine entre autres en vingt-quatre volumes...
Puis vint
l'adolescence avec un dialogue extraordinaire avec l'invisible au
Château de Taillefer et dans le village de mes origines : Carennac. Un vieux
sorcier, instituteur de son état, ayant vécu en Afrique, pratiquait l'art de la
magie avec les abeilles. Vénérable Grand Maître d'une obédience, il
m'entretint de cette relation subtile entre les différents mondes par
l'enseignement secret des méthodes analogiques. Dès lors j'avais, pour chaque
situation ou tel événement, une approche multiple, parfois contradictoire mais
toujours enrichissante.
Journaliste à dix-huit ans, j'ai travaillé dans plusieurs revues, quotidiens et
hebdomadaires. Ma première pièce de théâtre, « Béryl ou la
Transparence » ne fut jamais jouée, sauf dans la vie puisque ma deuxième
fille porte ce nom. Quelques poèmes de cette époque furent publiés dans le
livre « Apocalypse », en 1981, où j'ai prévu, entre autres, l'attentat
du 11 septembre. Evidemment, personne ne l'avait remarqué avant...
Un village parmi d'autres...
Gazette
: Quand
et comment avez-vous découvert l'énigme de RLC, comme
un "reporter de l'insivible"?
Jean-Luc
Chaumeil : Peintre
à mes heures, poète à d'autres, journaliste pour gagner ma vie, je fis très tôt
la connaissance de Daniel Réju qui me demanda des articles pour la revue :
"L'ère d'Aquarius". Je travaillai aussi pour "Europe
journal", premier hebdomadaire européen et je faisais une revue de presse
pour les cadres d'une société autoroutière. Peu avant mon divorce car marié
trop jeune, un jeune écrivain, Claude Pimont, auteur de "Dieu n'existe
pas, je l'ai rencontré", en compagnie d'un ami de Réju, Monsieur Renard,
m'entretint de l'histoire d'un curé qui, soi-disant, avait découvert "des
milliards", dans le sud de la France ! Le livre était de Gérard de Sède,
auteur d'un livre que j'avais épluché, "Les templiers sont parmi
nous" qu'un inspecteur de police avait prêté à mon père...
Connaissant l'histoire de Gisors pour l'avoir déjà approchée, je me méfiai de
« L'or de Rennes » et j'avoue que j'avais raison à priori…Donc je préférai Arsène Lupin et l'histoire
d'Etretat, surtout après avoir lu Valère Catogan et admiré le tableau de Claude
Monet, "L’aiguille Creuse".
N'oublions pas que j'avais fait des fouilles à Taillefer après la lecture de
"Les Templiers sont parmi nous". En fait de trésor, j'avais découvert un nid de vipères
bien réel et plus clairement un monde où l'univers était plus intéressant mais
à découvrir... J'ai compris très tôt
que l'histoire était toujours la même et que la solution n'était pas de
découvrir tel ou tel trésor mais de voir l'homme et l'invisible, l'autre de
Rimbaud ou le surhomme de Nietzsche, ou l'entité cachée derrière qui se joue de
nous-même mais qui agit avec conscience pour nous faire comprendre qu'à travers
le jeu de la découverte, il existe une autre réalité bien tangible qui nous
concerne personnellement et, parfois l'histoire, ce qui est à proprement parler
merveilleux ... Voilà donc ma
définition du reporter de l'invisible et le processus d'une initiation
collective, à condition que la cristallisation sur l'or soit, au premier chef,
dissipée ...
En 1971,
je lus le livre "L'or maudit" et mon rédacteur en chef, Claude
Jacquemart, me confia la rédaction d'un numéro spécial : le numéro 18 concernant
"Les archives du Prieuré de Sion". Daniel Réju me donna les coordonnées
téléphoniques de Plantard et, parallèlement, je rencontrai Gérard de Sède, rue
Danrémont.
A la même époque, Mathieu Paoli, un ami de l'écrivain roumain Doru Theodoriciu,
commençait un film pour la T.S.R sur Arginyet Rennes-le-Château.
Au
tout début de l'année 1972, je partais en mission à Rennes avec mon photographe
Bernard Roy.
Avertissement
de la rédaction : les propos de Jean-Luc Chaumeil
ont été reproduits tels quels à sa demande! La
rédaction de la Gazette accordera un droit de réponse
aux personnes citées ou à leur famille si elles en font
la demande!
Les
questions et commentaires sont de la rédaction.
Remerciements
: la rédaction remercie Jean-Luc Chaumeil pour l'autorisation
de publier les photos. Elle remercie également
les webmasters qui lui ont envoyé les illustrations
des trois numéros de l'article!