Thierry Garnier
La rédaction de la Gazette de Rennes-le-Château a rencontré Thierry Garnier sur le lieu de ses recherches au château de Gaillon. Il nous a emmenée ensuite dans la région à la découverte de lieux interpellants !
Auteur d'un livre sur sa ville "Mémoire en Images, Gaillon", il s'est attelé à compléter le livre de Patrick Ferté et à étudier les nombreux liens entre les régions de Rouen et de Carcassonne à travers les 2 tomes de ses "Mémoires des deux cités", "Gaillon historique" et "Gaillon mystique
ou le fabuleux carnet de voyage hermétique d'Arsène Lupin, de Gaillon à Rennes-le-Château..."
Thierry Garnier devant l'entrée du château de Gaillon -
© Johan
La Gazette de RLC : Thierry Garnier, présentez-vous aux internautes.
Thierry Garnier : Je suis né le 22 janvier 1967 à Vernon (27). Autodidacte, je me passionne très tôt pour le régionalisme, l'histoire, l'archéologie, l'ésotérisme et l'ufologie. Au milieu des année 80, je compte suivre une filière "histoire" afin de me diriger vers des études d'archéologie. Cependant j'intègre un autre corps de métier axé sur l'hôtellerie que j'abandonne en 1988 pour poursuivre une carrière professionnelle dans l'audiovisuel. En 1995, avec le développement des nouveaux moyens de communication tel qu'Internet, j'édite le premier site ufologique francophone (France OVNI) et, en 2001, je remets au goût du jour sur la Toile l'ancienne publication des archevêques de Rouen, le "Mercure de Gaillon".
La Gazette de RLC : Vous avez débuté vos recherches par l'ufologie.
Vue latérale du château de Gaillon - © Johan
Thierry Garnier : Effectivement ! Je me suis intéressé à la vague d'ovnis sur la France du 5 novembre 1990. J'ai lu beaucoup et, surtout, j'ai enquêté sur le terrain, rencontrant les témoins de ces phénomènes et constituant des dossiers dès 1993. J'ai eu la chance également de rencontrer Jimmy Guieu et, en 1996, j'ai fondé le "Cercle Ufologique de Haute-Normandie", antenne régionale du "Cercle d'Etude OVNI France". C'est grâce à Jimmy Guieu que j'ai voulu approfondir mes connaissances sur Rennes-le-Château.
Entrée du château de Gaillon - © Johan
La Gazette de RLC : Quand visitez-vous RLC et quelles furent vos impressions?
Thierry Garnier : Mon premier voyage date de juin 1999. Depuis le temps que j'entendais parler "du trésor de Bérenger Saunière", il fallait que je me rende compte par moi-même. En arrivant sur place, je fus comme tout le monde saisi par la beauté du site. J'avais laissé au placard les attributs classiques du chercheur basique : la pelle et la pioche, voire la dynamite. J'avais choisi une méthode moins prosaïque en voulant comprendre cette région avant de me lancer dans l'aventure inimaginable telle que je la connais aujourd'hui. A RLC, j'ai donc acheté quelques ouvrages traitant du sujet pour compléter mes connaissances, dont le livre de Patrick Ferté, "Arsène Lupin Supérieur Inconnu - La clé de l'oeuvre codée de Maurice Leblanc". Ce qui m'intrigua de suite, c'est la présence de Gaillon dans la table des matières. C'est de là que tout est parti pour mon enquête gaillonnaise.
Dès mon retour, je me documente sur Gaillon, visite le château, compulse la publication d'Achille Deville "Compte de dépenses pour la construction du château de Gaillon", 1850. Mais un fabuleux concours de circonstances allait m'indiquer la voie à suivre. En 1999, le château était encore ouvert au public. Au premier étage, des plans et des gravures d'époque, dessinés par l'architecte Androuet du Cerceau, tapissaient les murailles de pierre. J'y ai remarqué une gravure représentant un parc, un pavillon et des pièces d'eau bâties en 1503 par les architectes de Georges d'Amboise, archevêque de Rouen et ex-archevêque de Narbonne. Le parc s'appelait le Lydieu. Sa forme générale représente une clé... avec sa serrure formée par un bassin d'agrément ! Il y avait bien là des signes de piste. J'ai fouillé les archives locales, interrogé les érudits locaux, les amateurs de vieilles légendes et déniché le livre d'A. Deville.

Parc du Lydieu à Gaillon - Clé et serrure !
Gazette de RLC : Et vous revenez à RLC ?
Thierry Garnier : Oui, depuis 1999, plusieurs fois par an ! Je me suis efforcé de comprendre le phénomène d'attraction du lieu.
Quand je parcours ce Haut Razès, je me fais souvent la réflexion que c'est un site fantastique pour camoufler un secret !
Gazette de RLC : Quels sont les liens remarquables entre Gaillon et Rennes-le-Château ?
Thierry Garnier : Je citerai comme points forts les multiples changements d'évêchés ou d'archevêchés entre les régions de Rouen et de Carcassonne, voire de Narbonne.
J'en reproduis un tableau dans mon tome II.
Plusieurs personnages marquent de leur empreinte ces deux lieux.
- Alexandre Lenoir, grâce auquel le château de Gaillon échappa au démantelement,
fut un franc-maçon notoire qui fit partie du cercle néo-templier de Fabré Palaprat. Sa soeur, Angélique, a épousé un Hautpoul-Félines...
Vue de la cour intérieure avec la restauration partielle de la "Galerie des Cerfs" - © Johan
- Nicolas Poussin tient une place importante dans l'affaire. Il ne faut pas oublier que c'était un enfant du pays. Il est né aux Andelys à 10 km de Gaillon. Il était contemporain de Vincent de Paul, trésorier de la collégiale d'Ecouis à 5 km des Andelys, et de François de Joyeuse, archevêque, dont la famille était fieffée dans la région d'arques et possédait un moulin aux Pontils. Quand N. Poussin fait ses études à Rouen chez Noël Jouvenet, François de Joyeuse est déjà sur le siège archiépiscopal rouennais.
Ayant passé les 20 premières années de sa vie en Normandie, Poussin ne pouvait pas ne pas connaître le château de Gaillon et son parc arcadien en forme de clef. Je m'avance peut-être un peu en disant que Poussin s'est inspiré (pour le thème et non le paysage) de Filleul et du Lydieu en réalisant ses deux versions des "Bergers d'Arcadie", mais c'est une certitude à 99%.
- On trouve dans l'église d'Arques, voisine de RLC, le blason de Dominique de La Rochefoucauld, dernier archevêque de Rouen à avoir habité Gaillon.
- Nicolas Filleul est un personnage qui n'a pas de lien direct avec RLC mais, par son oeuvre "Les Théâtres de Gaillon à la Reine", il entre avec la CLE du Lydieu dans
l'affaire. Le thème de ces églogues est l'Arcadie et ses bergers. Il est naturellement lié à Nicolas Poussin comme je l'explique dans le dernier volet du Codex Bezae que
vous avez mis en ligne. Il y a aussi une mention spéciale dans "L'Aiguille creuse": n'est-il pas un certain M. Filleul, juge d'instruction qui est, "un Juge de l'école ironiste
[...]. C'était aussi un juge qui ne détestait point la galerie ni l'occasion de montrer au public son savoir-faire" et "ce fut un coup de théâtre, Isidore Beautrelet parut
interloqué". Voilà bien des petites phrases qui en disent long sur notre Filleul de Gaillon.
Gazette de RLC : Comment expliquez-vous tous ses liens ?
Arrière du Château - © Johan
Thierry Garnier : Les archevêques connaissaient quelque chose de caché dans le Languedoc (un tombeau, quelque chose de précieux, ...). Ils gardaient les lieux ! Curieusement, l'acquisition du château de Gaillon par l'archevêché de Rouen intervient juste à la fin de la croisade contre les Albigeois. Au cours de mon enquête, j'ai acquis la conviction que les archevêques, ayant fait des allers et retours entre Normandie et Languedoc-Roussillon, étaient des "Initiés" appartenant à une société secrète tandis que d'autres se sont acharnés à enterrer un savoir. Bérenger Saunière, le protégé de Msg Billard lui-même, "adoubé" par Msg de Bonnechose archevêque de Rouen sur le siège carcassonnais, et Henri Boudet étaient les envoyés du dernier archevêque de Rouen Initié. Ils étaient les gardiens du Seuil et payés pour cela.
Gazette de RLC : Vous avez travaillé six ans pour rédiger les 2 tomes. Quelle sera la suite de vos recherches ?
La plus ancienne maison de Gaillon -
© Johan
Thierry Garnier : En relatant mes pérégrinations normando-languedociennes dans les deux premiers volumes de "Mémoires des deux cités" et en les publiant à compte d'auteur, mon but n'était pas de "vendre" une énième théorie sur le "trésor de l'Abbé Saunière". J'avais envie de partager cette aventure hors du commun et je l'ai fait. Ces formidables évènements ne sont plus à ranger sur les étagères du hasard. Il y a beaucoup trop d'indices d'une extrême précision : la Clé, la médaille, le blason de Sixte V, Lastours, etc.
Pour la suite, j'en suis arrivé à un point qu'il est difficile d'aborder ici. Il s'agit bien entendu du site final et vous comprendrez aisément pourquoi je ne peux m'étendre plus. J'ai encore de nombreuses pistes à explorer mais la "Voie Sacrée" se présente sous les meilleurs auspices. Enfin, soyez assuré que tout sera révélé le "moment venu" et présenté dans un troisième tome, mais pas dans les prochains mois. Quelqu'un a dit un jour : "Il faut laisser le temps au temps"...
La rédaction remercie Thierry Garnier et vous recommande les deux tomes des "Mémoires des deux cités".
© Johan, 22 novembre 2005
Lire la présentation du tome 1.
Poser vos questions à l'auteur sur son forum.
Lire les 27 premières pages du tome 2 et commander les livres !

En marge de notre rencontre avec Thierry Garnier, nous avons eu le plaisir d'apprécier la cuisine de "L'auberge du Gourmet Normand", proche de Gaillon, route nationale 15, 27400 Vironvay -
0232507588. Nous conseillons ce haut lieu gastronomique aux Normands et aux touristes.