Etretat
Une curieuse coïncidence !
Marc Lebeau est un intervenant des forums. Passionné par la Normandie, Crozant, Etretat, il rend compte de ses recherches récentes à Etretat! La rédaction de la Gazette de RLC a déjà mis en ligne son article sur Crozant.
(La rédaction de la Gazette de RLC)
Dans son roman « L'Aiguille creuse », Maurice LEBLANC écrit (chapitre IX « Sésame, ouvre-toi ! ») (les passages en gras sont souligné par moi) :
« La forme de ce rectangle intriguait Isidore. Y aurait-il autour de lui, sur les murs, ou tout au moins à portée du regard, une inscription, une chose quelconque affectant une forme rectangulaire ?
Il chercha longtemps, et il était sur le point d'abandonner cette piste, quand ses yeux rencontrèrent la petite ouverture percée dans le roc et qui était comme la fenêtre de la chambre. Or les bords de cette ouverture dessinaient précisément un rectangle rugueux, inégal, grossier, mais tout de même un rectangle, et aussitôt Beautrelet constata qu'en posant les deux pieds sur le D et l'F gravés dans le sol - et ainsi s'expliquait la barre qui surmontait les deux lettres du document - on se trouvait exactement à la hauteur de la fenêtre !
Il prit position à cet endroit et regarda. La fenêtre étant dirigée, nous l'avons dit, vers la terre ferme, on voyait d'abord le sentier qui reliait la grotte à la terre, sentier suspendu entre deux abîmes, puis on apercevait la base même du monticule qui portait le fort. Pour essayer de voir le fort, Beautrelet se pencha vers la gauche, et c'est alors qu'il comprit la signification du trait arrondi, de la virgule qui marquait le document en bas, à gauche : en bas, à gauche de la fenêtre, un morceau de silex formait saillie, et l'extrémité de ce morceau se recourbait comme une griffe. On eût dit comme un véritable point de mire . Et si l'on appliquait l'oil à ce point de mire, le regard découpait, sur la pente du monticule opposé, une superficie de terrain assez restreinte et presque entièrement occupée par un vieux mur de brique, vestige de l'ancien fort de Fréfossé ou de l'ancien oppidum romain construit à cet endroit.
Beautrelet courut vers ce pan de mur, long peut-être de dix mètres et dont la surface était tapissée d'herbes et de plantes . Il ne releva aucun indice.
Et cependant, ce chiffre 19 ?
Il revint à la grotte, sortit de sa poche un peloton de ficelle et un mètre en étoffe dont il s'était muni, noua la ficelle à l'angle de silex, attacha un caillou au dix-neuvième mètre et le lança du côté de la terre. Le caillou atteignit à peine l'extrémité du sentier.
« Triple idiot, pensa Beautrelet. Est-ce que l'on comptait par mètres à cette époque ? 19 signifie 19 toises ou ne signifie rien. »
Le calcul effectué, il compta trente-sept mètres sur la ficelle, fit un noud, et, à tâtons, chercha sur le pan de mur le point exact et forcément unique où le noud formé à trente-sept mètres de la fenêtre des Demoiselles, toucherait le mur de Fréfossé. Après quelques instants le point de contact s'établit. De sa main restée libre, il écarta les feuilles de molène poussées entre les interstices.
Un cri lui échappa. Le noud, qu'il tenait appliqué du bout de son index, était posé sur le centre d'une petite croix sculptée en relief sur une brique.
Or, le signe qui suivait le chiffre 19 sur le document était une croix !
Il lui fallut toute sa volonté pour dominer l'émotion qui l'envahit. Hâtivement, de ses doigts crispés, il saisit la croix et, tout en appuyant, la tourna comme il eût tourné les rayons d'une roue. La brique oscilla. Il redoubla son effort : elle ne bougea plus. Alors, sans tourner, il appuya davantage. Il la sentit aussitôt qui cédait. Et tout à coup, il y eut comme un déclenchement, un bruit de serrure qui s'ouvre ; et, à droite de la brique, sur une largeur d'un mètre, le pan de mur pivota et découvrit l'orifice d'un souterrain. »
En août 2004, en vacances à Etretat, je visitais, bien sûr, le sommet de la Porte d'Aval et la Chambre des Demoiselles. Je pris des photos, scrutais le rectangle délimité par la fenêtre sans rien remarquer de particulier.
De retour, en septembre, en examinant les photos développées, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une petite croix verte à l'endroit indiqué par le texte ! Quel ne fut pas aussi mon dépit pour n'avoir rien vu sur place et n'avoir pas fouiné sur ce talus !
Ci-dessous la photo témoin et l'agrandissement montrant la croix :

Ceci dit, conservons notre sang-froid ! La croix est verte, du même vert que les plantes alentour (des molènes ? cf. infos et photos sur le site http://isaisons.free.fr/verbascum%20pulverulentum.htm). Il se peut donc que cette croix ne soit qu'un « artéfact » mis en forme par le vent déplaçant (à dessein ? !) les herbes pour « sculpter » cette croix sur la plante verte située dessous ?
Par acquis de conscience, j'ai fait examiner cette photo par mon père, radiesthésiste émérite qui en de maintes occasions a su montrer sa perspicacité (pour ne pas dire sa voyance) et découvrir le bizarre derrière l'anodin. Je dois préciser, qu'à ma connaissance, il n'a jamais lu « l'Aiguille creuse », ou alors il y a bien longtemps.
Je livre ci-dessous, sans autres commentaires, son analyse :
« Je crois qu'une galerie part de ce point (la croix) puis, par un coude très brusque remonte. Jusqu'où ? »
Marc Lebeau intervient dans le forum consacré à la piste normande et aux liens entre Rouen et Carcassonne ! Lire le forum !
D'autres romans de Maurice Leblanc sont analysés :
- "L'île aux trente cercueils" : étude sur la localisation de l'île de Sarek
- "L'Aiguille creuse" : la date du 6 juin
- Géographie sacrée chez Leblanc
- Maurice Leblanc et la franc-maçonnerie
- Gaillon, clé secrète de l'histoire de France ?
13 octobre 2005, Marc LEBEAU©