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La rédaction de la Gazette de RLC remercie Patricia Briel, journaliste au journal suisse "Le Temps", pour l'autorisation de reproduction des articles parus le lundi 15 mars 2004 et traitant du roman "Da Vinci Code" d'Alan Brown, du Prieuré de Sion et de Pierre Plantard de Saint Clair.

Le roman "Da Vinci Code" est présenté et critiqué sur cette page!

D'autres liens ont été trouvés entre Bérenger Saunière et la Compagnie de la Sanch
Une autre société "discrète" agit dans l'ombre, la confrérie de la Sanch, moins connue, mais plus efficace!
Nous avons pu établir des liens avec la fameuse " Compagnie du Saint-Sacrement ".

 

Visualiser les articles originaux : (cliquer sur les images)

 

         

 

Merci à Alain Brethereau pour les coupures de presse!

 

"Da Vinci Code", best-seller basé sur une imposture

Le polar ésotérique de Dan Brown, qui paraît en français après s'être vendu à 6 millions d'exemplaires, est une fiction qui ne revendique que deux faits avérés: l'existence de l'Opus Dei et du
Prieuré de Sion.
Problème: cette dernière organisation a été inventée il y a cinquante ans par un illuminé antisémite en France voisine...

Luc Debraine
Lundi 15 mars 2004

Le conservateur en chef du Louvre, Jacques Saunière, est retrouvé assassiné dans la grande galerie du musée. Il est nu. Son corps est inscrit dans un cercle à la manière du fameux dessin de Léonard de Vinci, l'Homme de Vitruve. Une anagramme ainsi qu'une suite mystérieuse de chiffres sont tracées à même le parquet marqueté. Prévenu du meurtre alors qu'il séjourne à Paris, un ami américain du conservateur, Robert Langdon, accourt sur les lieux du crime. Mal en prend à ce professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Harvard: il se transforme aussitôt en suspect N°1.  Il est contraint à prendre la fuite.

Robert Langdon, qui ressemble à s'y méprendre à l'acteur Harrison Ford, emmène dans sa cavale une jeune et belle cryptographe de la police française, Sophie Neveu, elle aussi accusée d'être mêlée à la mort violente de Jacques Saunière. Poursuivi par un étrange commissaire et par un moine albinos de l'Opus Dei, le couple est contraint à résoudre une à une les énigmes laissées, juste avant son trépas, par le conservateur, dans le but de faire éclater la vérité. Car la vérité est que Jacques Saunière est le dirigeant du Prieuré de Sion, une société secrète qui, depuis des siècles, garde jalousement par-devers elle la localisation et surtout la nature réelle de la relique des reliques: le Graal.

Telle est, grossièrement tissée, la trame de 'Da Vinci Code', le quatrième roman de Dan Brown. Ancien professeur d'anglais, cet auteur américain était méconnu jusqu'au printemps dernier. Or, depuis sa parution aux Etats-Unis en mars 2003, son polar ésotérique n'a pas
quitté la tête des meilleures ventes, au point d'en devenir un phénomène d'édition qui transcende son genre: six millions d'exemplaires, des traductions en une quarantaine de langues (la version française vient de paraître), sans oublier l'adaptation cinématographique en cours par le réalisateur Ron Howard.

Comme Mel Gibson, qui engrange des dizaines, et bientôt des centaines de millions de dollars grâce au succès insolent de la 'Passion du Christ', le succès de 'Da Vinci Code' rapporte des fortunes à Dan Brown. Et aussi des controverses à n'en plus finir, le roman s'appuyant, comme le film de Gibson, sur des textes bibliques apocryphes, minant de l'intérieur l'orthodoxie catholique. Aux Etats-Unis, l'Eglise s'est inquiétée de l'influence du best-seller sur des lecteurs qui oublieraient qu'il s'agit là d'une simple fiction, certes invraisemblable, mais bien rythmée, et loin d'être stupide (expérience faite, le polar se lit d'une traite). Le cardinal de Chicago, Francis George, a accusé Dan Brown d'exploiter "sous le couvert de l'érudition" le goût du grand public pour les "théories du complot". Des théologiens et historiens d'art ont critiqué l'auteur pour s'être inspiré de sources religieuses douteuses, et pour suggérer que Léonard de Vinci parsemait ses œuvres de codes secrets ésotériques.

Il s'avère que Dan Brown revendique seulement comme faits avérés, l'existence réelle de l'Opus Dei et du Prieuré de Sion. Pas de problème pour l'"Oeuvre de Dieu", même si sa description dans le roman comme une entité meurtrière, prompte à la mortification scarificatrice, a provoqué une vive réaction de l'organisation, qui a exigé – sans succès – auprès de l'éditeur de Dan Brown que l'Opus Dei soit retirée du prologue factuel du polar.

L'autre "fait" est plus problématique. L'auteur américain établit comme véridique l'existence du Prieuré de Sion, qui aurait été fondée en 1099, dont des documents seraient conservés à la Bibliothèque nationale à Paris, et dont les membres les plus éminents auraient eu pour nom Newton, Botticelli, Hugo, de Vinci ou encore Cocteau. Or un simple tour sur Internet, la lecture du livre achevée, nous a dirigés sur une autre piste, celle de l'imposture mi-religieuse, mi-royaliste. Tromperie créée dans les années 50 par un illuminé antisémite, le Prieuré de Sion n'a jamais existé autre part que dans l'imagination d'un petit groupe d'amateurs d'ésotérisme de pacotille. Une mystification d'ailleurs forgée du côté d'Annemasse, et dont les méandres fantasmatiques passent par le centre de Genève. Aujourd'hui censé donner du crédit à un best-seller planétaire, le Prieuré de Sion n'a jamais gardé d'autre secret que sa vraie identité: un gros mensonge.

"DA VINCI CODE", Dan Brown, Ed. JC Lattès.


Pierre Plantard, fondateur du Prieuré de Sion, un illuminé en quête d'une ascendance royale

L'affabulateur français a forgé son propre mythe à partir d'une mystérieuse légende sur un trésor caché dans les environs de
Rennes-le-Château.

Patricia Briel

"Une recherche impeccable", un livre "érudit", une "leçon d'histoire": la grande presse américaine n'a pas tari d'éloges sur 'Da Vinci Code', le best-seller de Dan Brown publié il y a un an aux Etats-Unis. Mais lorsque l'on se penche attentivement sur les références historiques de l'auteur, ancien professeur d'anglais et historien d'art, on se prend à douter du bien-fondé de ces dithyrambes. Brown fait en effet passer pour véridique une histoire inventée de toutes pièces par un affabulateur français antisémite décédé en février 2000, nommé
Pierre Plantard. Une histoire qui a commencé dans les années 50 en Haute-Savoie, à Saint-Julien-en-Genevois, et où se croisent le trésor de Rennes-le-Château, l'abbé Saunière, la généalogie secrète des Mérovingiens, de mystérieux parchemins codés, etc.

"Dossiers secrets"

Dan Brown l'affirme en préambule: "La société secrète du
Prieuré de Sion a été fondée en 1099, après la première croisade. On a découvert en 1975, à la Bibliothèque nationale [de Paris, ndlr], des parchemins connus sous le nom de 'Dossiers secrets', où figurent les noms de certains membres du Prieuré, parmi lesquels on trouve sir Isaac Newton, Botticelli, Victor Hugo et Leonardo Da Vinci." Ces faits présentés comme avérés par Dan Brown sont tout simplement faux. Le Prieuré de Sion a été fondé en juin 1956 par Pierre Plantard, alors dessinateur aux établissements Chanovin à Annemasse. Quant aux 'Dossiers secrets', ils
ont été fabriqués et déposés à la Bibliothèque nationale de Paris par Pierre Plantard dans les années 60. Le journaliste français Jean-Luc Chaumeil a démasqué l'imposture de Plantard dans les années 80 et publié plusieurs livres à ce sujet. Il a également collaboré avec la BBC2 dans le cadre d'une émission télévisée diffusée en 1996, fournissant des preuves qui démontaient toute l'affaire. A l'évidence, Dan Brown n'en a pas tenu compte. Le romancier n'hésite d'ailleurs pas à faire de son héroïne Sophie Neveu la descendante des familles Plantard et Saint-Clair (un nom que Pierre Plantard a accolé au sien dès 1975), elles-mêmes
issues des Mérovingiens, présentés dans le roman comme les ancêtres issus du mariage de Jésus-Christ et Marie Madeleine...

Aucune influence politique

Né en 1920 à Paris, Pierre Plantard a créé dès 1937 plusieurs mouvements fictifs à caractère antisémite et antimaçonnique, dont le but était de "purifier et renouveler" la France. Décrit comme un illuminé par deux rapports des services secrets français, il n'avait cependant aucune influence politique. "Plantard était un sacristain qui avait perdu la foi, confie
Jean-Luc Chaumeil au 'Temps'. Fils de valet de chambre, il rêvait d'une ascendance royale, et vivait comme un ermite. Il agissait seul et n'avait pas de connexions avec des antisémites extrémistes." Ses esbroufes lui valent cependant la prison à deux reprises. Il est condamné une première fois à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour avoir tenté de créer des associations sans autorisation. Et en 1953, le Tribunal de Saint-Julien-en-Genevois le condamne à 6 mois de prison pour abus de confiance.

En juin 1956, Pierre Plantard fonde avec quelques amis le Prieuré de Sion, une association dont les statuts sont déposés à la sous-préfecture de St-Julien-en-Genevois et dont le siège se trouve à Annemasse. Il n'existe pas de mention historique d'un quelconque Prieuré de Sion avant cette date. Dans l'esprit des fondateurs, Sion ne se réfère d'ailleurs pas à Jérusalem, mais au Mont-Sion situé tout près de Genève. Le Prieuré se propose de défendre les droits et la liberté des foyers HLM, et il n'y a pas trace de mystères dans cette association, qui prend fin en 1957.

Au milieu des années 50, Pierre Plantard fait la connaissance de Noël Corbu, héritier de l'abbé Béranger Saunière de Rennes-le-Château. Une rencontre qui va enflammer son imagination. Noël Corbu lui raconte l'étrange histoire de l'
abbé Saunière, qui a officié dans la petite commune à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. La paroisse était pauvre, mais un mystérieux afflux d'argent avait permis à l'abbé de faire rénover l'église, et de construire une villa ainsi qu'une tour.
  Cet argent provenait d'un trésor que l'abbé avait découvert dans la région sur la base d'indications contenues dans des parchemins trouvés à l'intérieur d'un des piliers de l'église à l'occasion de travaux de rénovation. Cependant, l'histoire du trésor n'était qu'une rumeur inventée par Noël Corbu pour attirer des clients dans le restaurant qu'il avait ouvert dans la villa. La réalité est plus simple: l'argent de l'abbé Saunière provenait d'un trafic de messes qui lui avait valu une suspension de ses fonctions par les autorités ecclésiastiques.

Peu après cette rencontre, Pierre Plantard commence à forger son propre mythe. Au milieu des années 60, plusieurs documents mystérieux sont déposés à la Bibliothèque nationale de Paris et réunis sous le nom de 'Dossiers secrets' d'Henri Lobineau, un pseudonyme. Y figurent notamment des généalogies des descendants des rois mérovingiens, copiées des parchemins de l'abbé Saunière et suggérant une parenté entre le roi Dagobert II et Pierre Plantard; des documents relatifs à la fondation du Prieuré de Sion en 1099 par Godefroy de Bouillon; une liste des Grands Maîtres du Prieuré remontant jusqu'au XIIe siècle, parmi lesquels Léonard de Vinci, Isaac Newton, Victor Hugo, Claude Debussy, Jean Cocteau. Tous ces documents indiquent que le Prieuré de Sion détient la clé du trésor de l'abbé Saunière, et que Pierre Plantard est le descendant direct de Dagobert II, assassiné en 679. Plusieurs de ces textes lancent de fausses pistes en Suisse et à Genève, impliquant des maisons d'édition fictives et des bulletins catholiques inexistants.
  Jean-Luc Chaumeil prouvera par la suite que les 'Dossiers secrets' sont des faux, confectionnés par Pierre Plantard et son complice Philippe  de Chérisey.

Messages cryptés

Séduit par le contenu des 'Dossiers', l'écrivain Gérard de Sède les utilise pour écrire un livre avec l'aide de Plantard. 'L'Or de Rennes', qui révèle au public français les connexions entre le Prieuré de Sion et l'abbé Saunière, est publié en 1967. L'ouvrage reproduit les parchemins
prétendument découverts par l'abbé, ceux-là même qui l'auraient conduit au trésor. Contenant des messages cryptés, ils évoquent Dagobert II et un tableau de
Poussin, Les bergers d'Arcadie, qui serait la clé de l'emplacement du trésor.

En 1971, à la suite d'un conflit avec Gérard de Sède concernant les royalties de son livre, Philippe de Chérisey avoue publiquement que les parchemins sont des faux fabriqués par ses soins. Une information que Pierre Plantard confirmera à Jean-Luc Chaumeil, tout en prétendant plus tard que ces faux sont des copies de parchemins originaux. L'intérêt pour l'affaire connaît un creux à partir de 1975, mais il est relancé en 1982, avec la parution en anglais de 'Holy Blood, Holy Grail', un
livre-enquête réalisé par trois journalistes britanniques, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh. Cet ouvrage, devenu un best-seller dans le monde anglo-saxon, reprend le mythe du Prieuré et émet une hypothèse abracadabrante: Jésus, marié à Marie Madeleine, aurait eu un descendant né après sa crucifixion. Selon les auteurs, cet enfant ne serait autre que le premier des Mérovingiens, et Pierre Plantard son lointain descendant direct. La tromperie est trop grosse : prudent, Pierre Plantard n'admettra jamais cette filiation divine, préférant rester dans le voisinage de Dagobert II. Jean-Luc Chaumeil a déploré la parution de 'Holy Blood, Holy Grail': "J'avais expliqué à Henry Lincoln que toute cette affaire était une imposture", dit-il.

Dans les années 83-84, Jean-Luc Chaumeil révèle le passé trouble de Plantard, qui démissionne du Prieuré de Sion le 10 juillet 1984.
  Discrédité, l'homme réapparaît pourtant en 1989 avec une nouvelle mythologie sur le Prieuré, fondé selon lui à Rennes-le-Château en 1681 et non à Jérusalem en 1099. Il établit une nouvelle liste de Grands Maîtres du Prieuré qui va le perdre. Il y inclut en effet le nom de Roger-Patrice Pelat, un ancien ami de François Mitterrand, décédé dans le cadre d'un scandale financier. Enquêtant sur cette mort, le juge
d'instruction Thierry Jean-Pierre, aujourd'hui député au Parlement européen, perquisitionne l'appartement de Pierre Plantard en 1993 et y découvre des documents certifiant que ce dernier est le vrai roi de France. Après un interrogatoire serré, Plantard admet son imposture, et s'en tire avec un avertissement sévère. Il ne tentera plus de réactiver le mythe du Prieuré. D'autres l'ont fait pour lui. Aujourd'hui, il existe environ 12 Prieurés, selon Jean-Luc Chaumeil.

© Le Temps, 2004. Droits de reproduction et de diffusion réservés.
http://www.letemps.ch/  

 

Lire la critique du livre et les liens avec l'affaire de l'abbé Saunière de Rennes-le-Château!

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