La mise à jour du 8 avril 2007 est en orange ! Je voudrais ici m'attarder sur un document ancien du célèbre marquis de Cherisey que j'ai revu récemment sur le site de Pierre Sylvain. Je veux parler du « tapuscrit » - comme l'appelle joliment P. Sylvain - du Marquis intitulé CIRCUIT, et tout spécialement de la page de couverture qui présente une carte de France traversée par une épée de style mérovingien et chargée d'un sceau de Salomon. Dessin de couverture de CIRCUIT, annotée octobre 1971 et déposé en 1967 à la Bibliothèque de Versailles par Philippe de Cherisey décédé en 1985, ainsi que le précise P. Sylvain. Cliquez ici pour voir la comparaison !
Notre beau pays présente une particularité curieuse que je voudrais ici souligner :
Cliquez sur la photo pour l'agrandir. J'ai déjà montré (cf. Forum Rouen/Carcassonne et l'article Géographie sacrée) qu'en ce qui concerne la portion Nord, du Cap Gris-Nez à Fort Mahon, le méridien le plus approprié était celui qui passe à Crozant, Boulogne, Foucarmont et Rocamadour. Par symétrie avec la dénomination du premier méridien (Méridien de Crozant qui fait référence au roman de « L'aiguille creuse »), je nommerais, si vous le voulez bien, ce deuxième méridien, le « Méridien de Bassicourt ». Les différents lieux traversés par ce nouveau méridien sont, rapidement, les suivants, du Sud au Nord : Argelès, Saint Cyprien, Canet-Plage, Leucate, Nasbinals, passe à proximité de Séverac-le-Château (je n'ai pas vérifié s'il passe sur le château d'Emma Calvé, mais on ne doit pas en être loin !), Royat, Volvic, Bourbon-l'Archambault, le centre du triangle Gisors/Stenay/RLC, Saint Fargeau, Courtenay, Douai et Lille.
En jaune les méridiens de Crozant et de Bassicourt, en rouge, le méridien de Paris. (© Marc Lebeau) Méridien de Crozant : 1° 37' 12'' (au Rocher des fileuses qui m'a servi à définir le méridien - en fait c’est celui qui traverse l’ensemble castral de Crozant, sensé être le château de l’Aiguille, dans la Creuse) Je rappelle que cette particularité m’est apparue APRES avoir défini les deux méridiens de Crozant et de Bassicourt et les valeurs données plus haut n’ont pas fait l’objet d’un ajustement pour tomber « pile ». La position de ces méridiens a été définie avec les mêmes cartes que celui de Paris. C'est bien cette particularité remarquable que le Marquis avait relevée ! La carte du document de Philippe de Cherisey montre sans ambiguïté que les deux côtés, les fils de l'épée, reprennent les méridiens de Crozant et de Bassicourt, le centre de l'épée étant lié au méridien de Paris. Pourquoi l'épée ? La réponse la plus simple fait référence à la légende de Saint Martin qui, à Amiens, ville sur le méridien de Paris, coupa en deux son manteau avec son épée. Or la symbolique du manteau a évolué depuis l'insigne de la royauté - le roi est l'intermédiaire entre Dieu et les hommes, pour faire court - vers le pouvoir - le Roi « couvre » ses sujets de son autorité - parallèlement avec une symbolique plus cosmique (de nombreux manteaux, depuis l'Egypte antique en passant par les rois de France et leurs manteaux « cosmiques », représentent en effet le ciel. Un exemplaire peut encore être admiré à Bamberg où est conservé le Sternen Mantel - manteau d'étoiles - de Henri II le Saint ou le Boiteux, empereur du Saint Empire Romain Germanique); selon l'adage de ce qui est en haut est en bas - et vice versa - le manteau recouvre également une symbolique liée au territoire confié au Roi. (cf. notamment « Les origines symboliques du blason » par Robert Viel, février 1982).
Manifestement, cette carte qui est sensée reproduire la couverture de CIRCUIT, trahit la pensée du Marquis ! Les fils de l'épée s'écartent en effet notablement du dessin des côtes au Nord et au Sud. Carte figurant à la dernière page du livre de Michael Baigent - Richard Leigh - Henri Lincoln : « L'énigme sacrée », datant de 1982 et intitulée « Dessin de couverture de Circuit ». Deux hypothèses :
Strasbourg, le 20 mars 2006, Al Sufi © Posez vos questions à Al Sufi sur son forum "Rouen-Carcassonne" ! |




Une autre curiosité : la carte reproduite dans le livre de Baigent, Leigh et Lincoln :

