Pierre Guelff Croisés et bouillon d'onze heures Légendes et faits historiques avérés se croisent et se recroisent en terre bouillonnaise et nous plongent dans l'épopée de la première croisade (1096-1099).
Soudain, alors que la mère et l'enfant se promènent dans la région verdoyante de Bouillon, un buisson s'ouvre et laisse apparaître une bergère qui lui adresse la parole : A cette question, la bergère étend la main vers le buisson dont elle vient de sortir et, alors, apparaît une splendide statue de la Vierge en ivoire. Aussitôt, Ide d'Ardenne tombe à genoux et prononce avec ferveur une prière à l'adresse de la mère de Jésus : Quelques instants plus tard, Godefroy resplendit de vitalité ! Il grandit en force et en beauté, commence le dur apprentissage du maniement des armes, est très intelligent, parle plusieurs langues, se taille une solide réputation et il finit même par accomplir le vou de sa mère à la tête de la première croisade après avoir répondu à l'appel lancé par Pierre l'Ermite, son ami et professeur, dit-on. Certains évoquent même cet "illuminé" en tant que précepteur du jeune homme. Statue de Godefroy de Bouillon place Royale à Bruxelles - © Pierre Guelff A ce propos, en se promenant sur la rive droite de la Semois qui traverse Bouillon, on distingue au lieu dit « Rivajou », non loin de la Roche aux Fées, une sorte de grotte où le moine prodiguait son enseignement au jeune Godefroy, raconte-t-on encore. Le 15 août 1096, Godefroy prend le chemin de la Palestine à la tête d'une formidable armée. La Croisade des Barons déferle vers la Terre Sainte. Ce n'est pas moins de 600.000 hommes qui composent ces troupes et qui vont mettre trois ans pour réaliser leur but : la prise de Jérusalem. Les sultans n'acceptent pas leur défaite et assaillent à nouveau les chrétiens. Et, c'est à l'issue d'une expédition lancée en 1100 contre le sultan de Damas que Godefroy perd la vie.
Entrée du "fauteuil de Godefroy de Bouillon" - © Pierre Guelff Le bouillon fatal Malheureusement pour lui, le chef de la première croisade devenu « Avoué du Saint-Sépulcre » après sa victoire à Jérusalem, n'allait plus jamais se laisser choir dans son fauteuil ardennais car il avait bu le bouillon d'onze heures et mourait, empoisonné, à l'âge de 39 ans. Il s'agirait, peut-être, de fruits empoisonnés..., selon d'autres sources. « Ici repose Godefroy Voici, donc, énumérée une version quelque peu teintée de légende, comme on a pu le constater. Un peu comme celle qui prétend, aussi, qu'un certain Colas Chacha, pâtre d'Auby, était considéré comme le roi des sorciers et qu'il organisait des sabbats. Arrêté, il aurait été brûlé vif sur un bûcher d'épines noires au milieu du pont de Bouillon qui surplombe la Semois, cette « rivière de rêves et de légendes ».
Enfin, concernant le célèbre « bouillon d'onze heures », ici, aussi, les versions varient abondamment. Ainsi, lors d'un procès de cour d'assises, j'ai entendu un avocat évoquer un potage empoisonné régulièrement donné, à 11 heures, à la future victime par son épouse, alors que sur un site d'Internet, fr.answers.yahoo.com pour le citer, j'ai lu le « conseil » d'une personne qui voulait aider une autre à se débarrasser de sa belle-mère : « Tu lui concoctes un bon bouillon d'11 heures, recette disponible chez toutes les sorcières moyennant quelques euros. » Il reste, pour terminer, la définition du professeur Louis Monnier de Montpellier au sujet de ce bouillon d'onze heures : « Il s'agit d'un pic glycémique élevé. » Château fort de Bouillon - © Pierre Guelff Terre d'écrivains et de poètes Bouillon, perle de la Semois, c'est un fascinant voyage dans le temps, explique-t-on également sur place. Outre la visite du château fort dont les premières fortifications remontent au VIIIe siècle, le spectacle audiovisuel "Sur les pas des Croisés", la fête médiévale, la foire artisanale, la visite du musée ducal, le vol libre de rapaces « à vous couper le souffle » dans un cadre moyenâgeux..., il faut savoir que, dès le XVIIIe siècle, Bouillon devint un centre ouvert aux idées de liberté et d'égalité, et participa à l'impression d'ouvres d'écrivains et poètes "aux esprits remuants", tels Mirabeau, Voltaire, La Fontaine, alors en froid avec les autorités du Royaume de France. 2ème partie Brûly-de-Pesche (Nostradamus-Hitler) - 3ème partie Orval (Nostradamus) © Pierre Guelff, 9 mars 2008 |

Le journaliste et écrivain,
Pierre Guelff, a publié la
Le buisson miraculeux
Mais, avant d'évoquer cette mort, revenons à Bouillon, et, en montant au château fort, le plus ancien vestige de la féodalité en Belgique, vous trouverez un autre - rare - témoignage particulier de ce passé médiéval. En effet, au bas du site appelé aujourd'hui « Tour d'Autriche », point culminant du château, un passage taillé dans la pierre vous mène également vers un lieu étrange.
Légendes. Concernant les Croisades, certains historiens avancent que deux « premières » croisades sont parties séparément : la « Croisade populaire » de Pierre l'Ermite et du chevalier Gautier, qui fut un échec retentissant, car elle avait été mal préparée et manquait de discipline, et celle dite des « Chevaliers » ou des « Barons » de Godefroy de Bouillon, composée d'hommes équipés et rompus aux batailles. 
